Publié le samedi 27 novembre 2010 à 12H00 - Vu 399 fois
Henri David se déplace aujourd'hui en Segway, « abîmé » par les traitements. Aujourd'hui, il n'y a plus d'effets secondaires, il a arrêté quasiment tous ses traitements. Il réclame que les choses changent et veut saisir la justice.
DANS notre édition du 17 novembre dernier, nous relations une audience correctionnelle durant laquelle un homme d'une soixantaine d'années, malade de Parkinson, avait été condamné pour agression sexuelle. Il a été reconnu coupable d'avoir tenu des propos offensants et embrassé un jeune garçon de force.
L'avocat de la défense avait bien tenté, à travers sa plaidoirie, de jouer sur la maladie de son client. Mais le tribunal le condamnera tout de même. Cette histoire a fait réagir de nombreuses personnes malades qui nous ont toutes relaté la même chose.
Hyperactivité sexuelle incontrôlable
Pour ces personnes, ce sont les traitements de la maladie « qui créent une hyperactivité sexuelle incontrôlable ». Dans la foulée, plusieurs lettres ont été envoyées au procureur de la République de Reims. Notamment par Henri David, un homme atteint de ce mal depuis 28 ans. « J'ai pris tout ce que me prescrivaient les médecins. Les molécules ont eu un effet désastreux. J'ai fait une dépression, je me suis habillé en femme, j'ai eu des relations sexuelles avec des hommes alors que j'étais hétérosexuel. J'ai échangé avec d'autres malades, eux aussi ont constaté l'apparition de paraphyllies, c'est-à-dire un groupe de syndrome psychiatrique caractérisé par des pulsions sexuelles intenses et récurrentes. Il n'y a pas de doutes possibles pour nous, ce sont bien les traitements qui s'avèrent dangereux pour les malades et pour la société. Sans parler de l'entourage familial et professionnel qui est contraint de subir ces comportements déviants incontrôlables. » Il ne fait aucun doute que, si ce gardien de nuit rémois, un homme frêle, a agressé un jeune homme, sa « compulsion » est directement liée à « l'ingestion de certaines molécules entrant dans le traitement de la maladie ».
Tyrannie des labos
L'hypersexualité, fantasmes, comportement fétichiste, achats compulsifs, tous ses comportements, pour Henri David et pour certains spécialistes (lire page suivante) sont la conséquence du traitement (lire par ailleurs, un article américain publié par des neurologues). « Lévodopa, lisuride, entacapone (arrêté en 2006), plus l'on additionnait la prise de médicaments, plus les effets étaient importants sur le comportement des patients. Ce n'est pas plus la maladie qui nous rend la vie impossible mais bel et bien l'addition des traitements. Il y a encore quelques années, mon traitement coûtait 360 euros par mois. Aujourd'hui, il ne me coûte plus qu'une vingtaine d'euros mensuels. et surtout, je ne présente plus de comportements déviants. » Dans les semaines à venir, s'appuyant sur de très nombreux témoignages, Henri David devrait déposer un dossier auprès du parquet de Rennes, sa région d'adoption « pour faire la lumière sur la nocivité des traitements et pour enfin tenter de faire bouger les choses ». Mais aussi parce qu'il ne supporte plus « la tyrannie des laboratoires qui vendent des produits aussi dangereux. Autant de modifications de comportements ont brisé des vies, les médicaments m'ont rendu marteau. Je ne veux plus me taire après ce qui s'est passé devant le tribunal de Reims ». C'est un peu l'histoire du pot de terre contre le pot de fer. Mais la nouveauté, c'est qu'enfin certains malades, soutenus par ailleurs par des médecins neurologues et des psychiatres, ont décidé de mettre les pieds dans le plat.
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