Publié le mercredi 17 mars 2010 à 11H00 - Vu 61 fois
La semaine dernière, les blouses blanches défilaient. Aujourd'hui, elles veulent peser entre les deux tours des Régionales et mettent la pression sur les politiques.
La CGT du centre hospitalier met la pression sur les politiques en s'invitant entre les deux tours des Régionales. Un tract intitulé « Notre hôpital en danger » est actuellement distribué dans les quartiers et dans l'agglo.
«VOTRE santé n'est pas une marchandise ! Maintenant, vous êtes informés de nos difficultés. Vous avez le libre arbitre de mettre le bon bulletin dans l'urne. » Une conclusion qui a le mérite d'être claire à l'entre deux tours des Régionales. Depuis lundi, les imprimantes de la CGT-Santé tournent à bloc, les militants se suivent dans les locaux syndicaux afin de récupérer les tracts à ventiler dans les quartiers de Châlons et dans l'agglomération, tracts sous forme d'avis à la population donc… aux usagers du centre hospitalier.
Soignants mal soignés
Le torchon brûle effectivement à l'hosto depuis le début de l'année, et surtout depuis le 27 janvier, date à laquelle la renégociation du protocole local des 35 heures a été entamée.
« Depuis 2002, nous travaillions 7 h 40 par jour avec 20 RTT ; aujourd'hui, un rythme de 7 h 20 et 10 RTT est d'actualité, ce qui entraînerait une réorganisation des services, des répercussions sur les conditions de travail », estime Sandrine Paget, secrétaire générale du syndicat, remontée, comme toutes ses collègues en blouses blanches, par le fait que dix postes doivent être « économisés » dans le cadre de cette nouvelle donne, soit 350.000 euros sur le million d'euros de déficit actuel.
Outre ces dix suppressions, dix autres postes doivent être réinjectés dans divers services, grosse révolution.
Après une grève mardi dernier, une participation au comité technique d'établissement et un prochain CHSCT (Comité d'hygiène de sécurité et des conditions de travail) qui promet d'être rock and roll, la CGT ne veut parapher ni avenant, ni chèque en blanc, et s'inquiète quant à la prise en charge des patients, une prise en charge qui sera moins qualitative.
En dépit du bon sens
« Fini les petits plus que nous proposions : calmer les angoisses d'un patient lors de soins ou avant une intervention, tenir la main d'un malade en fin de vie afin de l'accompagner. Qui nous dit que les toilettes seront effectuées correctement chaque jour ? » Autant de constats et de questions pratiques et quotidiennes chez des soignants qui se sentent « mal soignés », et dont la tâche serait déshumanisée. D'où cette colère, d'où ces revendications, à la suite de la renégociation des 35 heures, d'où ce tract enfin « car il faut que les élus se bougent », insistent les Cégétistes irrités par la casse programmée, comme ils l'estiment, du service public hospitalier. La réorganisation qui doit avoir lieu donne la suée. Toujours selon Sandrine Paget : « Ce projet est travaillé à l'envers, il fallait connaître les vrais besoins des services, que toutes les équipes de soignants et d'administratifs se retrouvent autour d'une table. Là, on cherche du fric à tous les niveaux, au détriment des usagers ». Dans les couloirs, les pros se plaignent des heures d'attente dans certains services, d'aînés qui restent sur des brancards, de fréquents transferts sur d'autres hôpitaux, faute de lits à Châlons. Bref pour ces agents, l'hôpital va mal.
David ZANGA
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