Publié le samedi 09 janvier 2010 - Vu 54 fois
Fabrice Crépin (FO) et Karine Caron (CFTC) sont mobilisés pour défendre les personnes licenciées.
Philippe ROBIN
LA météo de ces jours derniers n'y est pour rien mais c'est une véritable douche froide qui s'est abattue, jeudi, sur le personnel de la société Cavatorta avec le licenciement express de neuf des cinquante-trois salariés.
Cette entreprise italienne spécialisée dans la fabrication de clôtures est implantée à Soissons, en zone industrielle des Étomelles, depuis 1983.
« Nous avons essayé de sauver deux ou trois postes, mais rien n'y a fait », soulignent d'une même voix Fabrice Crépin (FO) et Karine Caron (CFTC), qui ne peuvent aujourd'hui que constater que « l'entreprise ne versera que les indemnités minimales aux neuf personnes licenciées », toutes âgées de 30 à 45 ans, et pour certaines avec plusieurs enfants et un crédit immobilier à rembourser.
Lente décrue de l'effectif
Hier matin, les salariés concernés avaient tous reçu leur courrier de licenciement.
« En signe de solidarité et afin d'obtenir de la part de la direction des contreparties financières plus favorables », les deux organisations syndicales ont appelé à la grève pour le jeudi 14 janvier.
Ce qui inquiète aussi les syndicats, c'est la lente décrue de l'effectif. « Nous sommes montés jusqu'à quatre-vingt-dix salariés environ, mais, depuis quelques années, en raison de la dégradation des conditions de travail, il y a eu beaucoup de démissions », note Fabrice Crépin. « Dans le contexte actuel sur Soissons, cela va être très difficile pour les personnes licenciées de retrouver du travail », insiste Karine Caron.
Concurrence asiatique
Pour le directeur de l'usine soissonnaise, Bruno Lacroze, c'est sur le marché du grillage simple torsion que Cavatorta rencontre des problèmes. « Nous avons des coûts de revient beaucoup trop élevés par rapport à nos concurrents asiatiques. On ne peut pas se battre », indique le chef d'entreprise, en précisant que « la suppression de ces postes a été retardée au maximum, mais là, nous ne pouvions plus attendre, même si c'est désolant ».
Selon lui, « il n'y avait plus d'autre solution », sauf à « mettre en péril tous les emplois ». Bruno Lacroze précise, par ailleurs, que « le groupe Cavatorta possède sept usines. Toutes sont implantées en Europe. »
Ces neuf licenciements interviennent dans une période déjà très difficile, avec des clignotants au rouge dans plusieurs entreprises, de Sitindutrie à Saint-Gobain Emballage, en passant par Étirex ou Procomat.
Philippe ROBIN
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