Publié le lundi 30 avril 2012 à 11H00 - Vu 102 fois
Les syndicats appellent la population à se mobiliser
VITRY-LE-FRANCOIS (Marne) L'intersyndicale vitryate compte bien se faire entendre demain dans les rues de la cité rose à l'occasion du 1er mai. Pour donner un signal fort.
ILS seront plus que jamais mobilisés demain dans les rues de Vitry-le-François. Pour rappeler ce qu'est le 1er mai - « la Fête des travailleurs et non pas la Fête du travail » - mais aussi défendre les salariés, les ouvriers et les employés, leur pouvoir d'achat et leurs conditions de travail.
L'intersyndicale de Vitry-le-François veut aussi se faire entendre à la veille de ce second tour à l'élection présidentielle. Ceux qui la composent, Jean Jacques Poignant de la section CGT comme les autres, n'acceptent guère les affronts successifs menés par le président sortant à leur encontre. Ils veulent répondre aux provocations.
« Nous n'acceptons pas la bagarre qu'il nous a lancée concernant les corps intermédiaires. Il n'y a jamais eu de dialogue social avec lui. Le climat a été très lourd. Il faut en finir et le dénoncer. »
« Mardi nous allons tout d'abord affirmer que le 1er mai est notre fête, celle des syndicalistes et des travailleurs depuis 1886. » Jean-Jacques Poignant tient à ce que l'histoire de cette date soit rappelée sur la place d'Armes. « Pour nous, c'est celle des pendus de Chicago qui se sont battus pour obtenir des journées de travail de huit heures… »
Les CDI en baisse
Pour l'intersyndicale, se mobiliser reste d'autant plus essentiel que la situation sociale dans le Vitryat n'est pas reluisante.
« Beaucoup d'entreprises sont en situation économique difficile. Certaines tournent avec des jours de chômage comme à Lecico où l'entreprise donne deux jours de chômage par semaine sur toute l'année, sans perte de salaire. »
L'intersyndicale n'oublie pas non plus de citer la société Fantoni qui, en déménageant de Blacy à Vitry-le-François, a supprimé la moitié de ses emplois. « Et contrairement à ce que prétend monsieur Nicoletta c'est exactement ce qui s'est passé. »
Nobel Plastic traverse elle aussi une passe tumultueuse, précise Jean-Jacques Poignant au nom de l'intersyndicale.
Pouvoir d'achat plus bas qu'ailleurs
« Cependant certaines entreprises du Vitryat se portent bien mais elles ne sont pas la majorité et le domaine du bâtiment reste un secteur en difficulté. »
Pour les syndicats, chaque année, l'emploi précaire gagne du terrain à Vitry et les environs. « Tandis que l'intérim capte chaque mois des postes supplémentaires, les emplois stables en perdent. »
Le cas d'ArcelorMittal ne les rassure pas plus. « Même si, aujourd'hui, rien n'indique des tumultes au sein du site vitryat », précise l'intersyndicale.
Les syndicats comptent bien aussi se mobiliser demain pour défendre le pouvoir d'achat des Vitryats qui se trouve être inférieur de 20 % à la moyenne départementale et nationale.
« Les conditions de vie sont de plus en plus compliquées pour les travailleurs et les autres, poursuit Jean-Jacques Poignant. L'offre locative reste toujours chère. Le loyer représente 35 % des ressources. Et cette proportion ne cesse de monter du fait que les revenus diminuent avec la précarisation de l'emploi. Beaucoup ici se sont retrouvés sur le carreau et sont aujourd'hui intérimaires. »
Alors que les loyers augement, les aides au logement, elles, ne suivent pas.
« Et si on ne change pas les choses dimanche, cela ne peut pas s'améliorer. »
Demain, l'intersyndicale sera donc plus que jamais dans la rue pour dénoncer la situation vitryate et nationale.
Elle espère une mobilisation aussi forte qu'en 2002, 2009 et 2010. À voir.
A.-S.C.
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