Publié le samedi 22 janvier 2011 à 12H00 - Vu 200 fois
Coralie Évrard : « Lorsque je mets ma médaille prud'homale, je quitte ma casquette syndicale. »
ELLE a été élue jeudi 13 janvier, obtenant vingt votes sur trente-sept parmi les conseillers de salariés. Coralie Évrard, la nouvelle présidente du Conseil de prud'hommes de Laon, n'en tire pourtant aucune gloire. « On ne fait pas ça pour la notabilité ». Un engagement et des convictions donc. « Pour réparer les injustices du côté de l'employé comme du chef d'entreprise », explique-t-elle. Avant d'ajouter « Lorsque je mets ma médaille prud'homale, je quitte ma casquette syndicale. »
Une battante, comme sa mère
La jeune femme est encartée CFDT* depuis l'âge de 19 ans. Pas qu'elle soit bien vieille. Elle n'a que 24 ans et poursuit des études juridiques dans le but d'entrer à l'École nationale des greffes. Coralie Évrard est même la plus jeune présidente de Conseil de prud'hommes de France. « Il n'y a pas d'âge pour s'engager et j'ai le caractère d'une battante », se contente-t-elle d'expliquer. Certainement un trait hérité de sa mère, elle aussi syndiquée depuis des années. Mais Coralie ne lui doit pas son entrée au Conseil de prud'homme. « J'ignorais son existence jusqu'à ce qu'un conseiller prud'homal fasse une intervention lors d'une formation donnée au sein du syndicat. J'aime le droit. À cette époque, je découvrais le marché du travail. J'étais déléguée du personnel et membre du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHS-CT) dans l'entreprise où j'étais et je voulais me battre pour défendre le droit des salariés. Je me suis donc présentée. » Elle n'est que troisième sur la liste des candidats. Mais comme les deux premiers se désistent, la brunette aux yeux clairs est élue conseillère en section commerce, le 13 décembre 2008 pour un mandat de cinq ans (NDLR : repoussé aujourd'hui à sept en raison de la tenue des élections présidentielles en 2012 et d'échéances syndicales l'année suivante)
Des juges de terrain
Quant aux fonctions qu'elle exerce ? « Les conseillers sont convoqués deux à trois matinées par mois, en moyenne. Nous essayons toujours de trouver un accord entre salarié et patronat en bureau de conciliation. Mais si cela échoue, nous sommes amenés à rendre une délibération au bureau de jugement, après que les deux parties se soient exprimées. »
Ses missions lui plaisent, tout comme la façon dont fonctionne cette juridiction. « Nous avons la chance d'avoir un système paritaire patronat/salariés et des magistrats de terrain. Qui d'autre de mieux placé que les salariés et patrons, eux-mêmes, pour juger leurs propres désaccords. »
Tant et si bien que la jeune femme s'est même présentée à la présidence du Conseil de prud'hommes cette année. « Cela s'est fait sur un coup de tête. » Certes mais elle a, dorénavant, bel et bien la charge du bon fonctionnement de la juridiction. Téméraire Coralie Évrard ? Pas vraiment. Résolue plutôt. « À me battre pour plus de justice. »
Lélia BALAIRE
*Confédération française démocratique du travail
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