Publié le mercredi 30 mai 2012 à 11H00 - Vu 80 fois
La plupart du temps, quand vous partez, tout se passe bien. Parfois, la machine se grippe, faute d'une vigilance accrue.
DANS les soirées diapos, le meilleur moyen de faire rire les amis, c'est de raconter la bonne turista de l'un des voyageurs du groupe. C'est effectivement drôle après coup, mais sur le moment, le pauvre malade a dû gérer son dérèglement intestinal comme il le pouvait. Pour certains, les voyages au long cours peuvent se transformer en cauchemar, non seulement pendant le séjour à l'étranger, mais parfois aussi plusieurs mois après le retour. D'où l'intérêt de prendre des précautions pour limiter les risques. Voici les principaux points sur lesquels votre attention doit se porter pour un voyage réussi.
Dossier réalisé par Jean-François SCHERPEREEL jfs@journal-lunion.fr
La nausée des transports
Depuis que la DS Citroën des années 50 à 70 a été retirée du marché, on n'évoque plus de mal de mer en voiture. Cependant, certains passagers sont sujets au mal des transports, quel qu'en soit le mode, mais surtout en auto et en bateau. Ce n'est pas grave, simplement pénible.
En auto, il vaut mieux se placer à droite du conducteur ; en avion, au centre de l'appareil, et en bateau, sur le pont ou le plus près possible du centre de gravité (où l'on bouge le moins).
Il est préférable de manger solide et d'éviter alcool et boissons gazeuses ; de regarder l'horizon. Et de prendre des antihistaminiques avant de partir.
Les petits bobos, c'est pas rigolo
Surveillez votre eau. L'eau est le principal agent de transmission des maladies infectieuses. Donc, dans les pays à risques : de l'eau en bouteille fermée et jamais de glaçons. À défaut, l'eau sera filtrée, bouillie ou désinfectée chimiquement (effet limité). Ceci vaut aussi dans les caravanes et camping-cars.
N'allez pas au charbon. Cette pustule appelée « charbon » pour sa couleur noirâtre couvre le monde entier. Appelée « anthrax » chez les Anglo-Saxons, elle est véhiculée par les mouches et le contact sur les plaies même minuscules. Dans 95 % des cas, le charbon s'attaque à la peau (5 % aux poumons). Se soigne par les antibiotiques.
Amibiases : fuyez les mouches ! Les mouches sont ravies de vous offrir des cadeaux souvenirs. Les amibiases, par exemple dans les zones tropicales. Si les amibiases sont dans les intestins, le transit tourne au cauchemar. Si en plus, elles se plantent dans le foie, c'est encore pire : elles ressortent dans les dix-huit mois, donnent de la fièvre, des nausées ; provoquent des vomissements et vous flanquent la jaunisse. Un conseil : avoir les mains propres avant les repas et après les WC. Et fuir les mouches.
Dengue : chassez les moustiques tropicaux. Les aedes sont des moustiques qui injectent un virus particulièrement pénible et qui donne la « dengue ». Cette maladie fait monter la fièvre à plus de 40 ° pendant plusieurs jours ; provoque des douleurs musculaires, notamment le long de la colonne vertébrale. D'où le surnom de « dengue », dont la version espagnole veut dire « guindé », tant la douleur raidit le dos. De plus en plus, apparaissent des formes de dengue hémorragiques, parfois mortelles.
Fièvre jaune : de quoi être vert ! Afrique et Amérique du Sud sont les sites préférés du virus véhiculé par les moustiques. Ça commence par de fortes fièvres, des maux de tête, des vomissements et des douleurs musculaires ; suit un répit, et ça recommence de plus belle… avec risque de jaunisse et d'hémorragie. Il faut donc se protéger des moustiques et, surtout, se faire vacciner dix jours avant de partir.
Le palu, c'est mal vu. Maladie tropicale bien connue, le paludisme, ou malaria, est également transmise par les moustiques, via un parasite. Si celui-ci se sent bien en vous, il s'installera pour longtemps et s'attaquera à vos globules rouges. Une seule prévention : la nivaquine (Afrique) ou la savarine (Asie), à prendre la veille du départ, pendant le séjour et encore un mois après le retour.
Mouche tsé-tsé : à dormir debout. La mouche qui fait rire par son nom ne fait pas rire quand elle injecte la maladie du sommeil, essentiellement en Afrique noire. Fièvre, maux de tête, paralysie, convulsions et, bien entendu, troubles du sommeil, voire démence, en sont les conséquences.
Turista : courez vite. C'est la maladie qui fait rire au retour, pas pendant le voyage en zone tropicale. Cette « diarrhée du voyageur » est sans danger, mais alors on déguste - si l'on ose dire - pendant trois à cinq jours. La plupart du temps, on l'attrape en début de séjour. Une hygiène stricte des mains et la méfiance envers l'eau et les aliments crus doivent aider à y échapper. Sinon, les désinfectants intestinaux et les antidiarrhéiques sont pour vous. En cas de sang dans les selles, consultez.
Ne pas battre de l'aile en avion
L'avion appelle à une certaine prudence. À cause de l'altitude et de la pressurisation, il est recommandé d'éviter les boissons gazeuses : à 2 000 m, le gaz augmente de 25 % en volume. Dans le même esprit, ne pas prendre l'avion dans les 24 heures suivant une plongée sous-marine. Enfin, pour tous : emmenez vos médicaments en bagage à main.
L'avion est vivement déconseillé aux personnes fragiles du cœur et des vaisseaux sanguins ; à celles qui sortent à peine d'une phlébite. Et, plus généralement, aux diabétiques, sinon avec précaution.
Attention aussi à ne pas porter de lentilles en long-courrier (air sec).
Évitez l'avion avec des problèmes d'oreille (modification de la pression) ; d'embolie pulmonaire, d'occlusion intestinale ou si votre enfant va bientôt naître (8e mois).
En cas de doute, interrogez le médecin avant de partir.
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