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AUMENANCOURT/Gaston Nicolas Centenaire à l'honneur

Publié le vendredi 14 octobre 2011 à 11H00 - Vu 74 fois


« Monsieur Nicolas il faut des modèles, vous en êtes un ! » dira le maire d'Auménancourt.

« Monsieur Nicolas il faut des modèles, vous en êtes un ! » dira le maire d'Auménancourt.


Le maire d'Auménancourt, Frédéric Gureghian, vient de rendre hommage à Gaston Nicolas, le faisant « Premier citoyen d'honneur ». Une place a d'ailleurs été baptisée lors de cette cérémonie, en présence de la famille, des amis, responsables d'associations, élus, maires des communes voisines…
L'histoire d'un siècle
Né le 28 septembre 1911 à Xiry-Circourt (54), Gaston vécut l'exode en 1914. Suite à la mobilisation de son père, il rejoindra sa région natale en 1919. Tout est à refaire alors, notamment trouver un logement, la maison familiale ayant été détruite pendant la guerre, et aller à l'école. À l'époque, l'école c'était du lundi au samedi de 7 à 11 heures puis de 13 à 17 heures, à l'exception de deux élèves à tour de rôle chargés du ménage, de remplir les encriers, d'alimenter le feu (pratique qui a perduré au moins jusqu'à la fin des années 50).
À 12 ans, comme il était de coutume, il fallait travailler, contribuer à la vie familiale, c'est ainsi que Gaston Nicolas a débuté comme pâtre, ensuite ouvrier en filature ou il a appris la musique, ce qui deviendra une passion tout au long de sa vie, suivant des cours du soir pour parfaire sa soif de connaissances.
À 17 ans, Gaston intègre ce qui deviendra la SNCF. Il profite de l'obtention d'une carte gratuite de transport pour voyager en intégrant l'Harmonie. Travailleurs hors pair, il effectue des petits boulots les samedis après-midi pour vivre sa passion, paye sa formation de cordonnerie auprès d'un maître bottier, le salaire étant réservé à faire vivre la famille.
Encore la guerre…
Gaston Nicolas arrive à Auménancourt à 19 ans, à la suite d'ennuis de santé de son père. Il s'installe comme cordonnier, rencontre Elise qui deviendra son épouse. Bien entendu sa passion pour la musique lui valut de rejoindre la fanfare de Boult-sur-Suippe et celle de Bourgogne.
Son sens du devoir l'a conduit à devancer l'appel, il est incorporé en octobre 1931 à Reims au 106e RI. Une chance : il est muté auprès du maître bottier et ne rate aucune répétition de musique. Puis, Gaston épouse Elise le 25 février 1933 à Auménancourt, son fils Jean voit le jour le 14 avril 1936.
Et c'est à nouveau la guerre. Mobilisé le 2 septembre 1939, il rejoint le front, intégré au 306e RI au grade de caporal-chef, en charge de l'installation de rails antichars sur la ligne Maginot, qui, comme on le sait, n'a pas résisté longtemps face à l'ennemi.
Fait prisonnier le 26 juin 1940, il vit la détention en camp, les marches forcées, tous entassés dans des péniches, des wagons à bestiaux avant de se retrouver dans un Stalag à Dormund (Allemagne). Le 2 mai 1941, une fois la ville libérée par les Américains, il rejoint Paris et enfin Auménancourt. Son second fil, Jacques naîtra en 1947.
Tout reconstruire à nouveau
Encore une fois après cette deuxième guerre il faudra tout reconstruire, rouvrir l'atelier de cordonnerie au village, faire vivre sa famille. Parce qu'il est un humaniste, Gaston Nicolas crée en 1946 l'association cantonale des anciens combattants et prisonniers de guerre. Devenu Président, il apportera bien des soutiens. Élu conseiller municipal dès 1948, il deviendra maire en 1950 et jusqu'en 1965.
En plus de ses activités de cordonnier, Gaston Nicolas travaillera dès 1952 à la sucrerie de Bazancourt pour terminer en 1975 aux établissements Fichet Bauche.
Courage
Salué pour son engagement, son dévouement, Gaston Nicolas a reçu les distinctions suivantes :
- en 1951, diplôme et médaille du combattant 1939-1945,
- en 1953, certificat de maître d'apprentissage de la chambre de métiers de la Marne,
- en 1955, diplôme et médaille de l'UNC,
- en 1959, diplôme et médaille de la Fédération nationale des maîtres artisans de la chaussure dans l'ordre du Mérite fédéral,
- en 1970, Chevron d'argent de l'association des ACPG - CATM de la Marne,
- en 1987, Barbelé d'or des anciens prisonniers de Guerre.
Frédéric Gureghian, maire d'Auménancourt, a tenu à saluer celui qui a vécu plus d'un siècle de notre histoire, rappelant son courage, sa persévérance, son attachement à la Nation, son dévouement pour son prochain en toute discrétion. Ses valeurs ont d'ailleurs été transmises à sa famille, sa petite-fille Marianne est conseillère municipale, membre du corps des sapeurs-pompiers volontaires.

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