Publié le vendredi 16 juillet 2010 à 08H31 - Vu 160 fois
La pulvérisation demande un terrain adapté aux machines,
EPERNAY (Marne). Mardi, se tenait le dernier rendez-vous « Vignes Bio Ouvertes, au fil des saisons » à Pierry. L'occasion de comprendre ce qui se cache derrière les lettres « AB ». Explications.
Au loin, au beau milieu des cépages de Chardonnay, un petit groupe de gens discute. C'est le dernier rendez-vous des « Vignes Bio » organisé conjointement par la Chambre d'agriculture de la Marne, Agrobio et la FRAB, qui a attiré une vingtaine de personnes, ouvriers de la vigne, cultivateurs, journalistes. Sujet central de ce dernier rendez-vous : la protection du vignoble et les différents procédés utilisés dans l'agriculture biologique.
Au fil de la balade à travers ses treize hectares de vigne, Bruno Michel raconte le procédé, parle de l'outillage, des engrais et des obligations qu'implique le label Bio : « Cela nécessite trois années de transformation progressive des vignes ». Le concept ? Supprimer toutes les substances chimiques nocives à la plante : « On traite à base de soufre et de cuivre sous différents dérivés. Le but étant de supprimer les insecticides et pesticides. Le cahier des charges impose un maximum de six kilos par hectares et par an, sur une durée de cinq ans. Un inspecteur labélisé « AB » passe une fois sur rendez-vous et une fois inopinément pour contrôler ».
Dosages précis
Car le label « AB » (Agriculture Biologique) implique une procédure et un cahier des charges bien précis : « Il faut faire attention, car les doses de sulfate de cuivre sont homologuées. On contrôle et pulvérise en fonction des averses et de la météo ».
Mais ce procédé à un coût : les viticulteurs engagés dans le processus y vont d'un investissement de 30 % supplémentaire en moyenne par rapport au mode d'agriculture « classique » : « L'outillage est important pour diffuser sur la vigne, et particulièrement sous les feuilles. Et puis, il y a la main-d'œuvre aussi », développe le viticulteur de Pierry. La transition vers le bio peut donc être une période délicate. Dès le début, les investissements sont nécessaires. Les rendements baissent et la vente des produits se fait hors du circuit bio (car le label n'a pas encore été accordé). Le manque à gagner n'est donc pas compensé au début, même s'il existe différentes aides financières qui permettent de traverser cette période.
Et puis, à l'heure où le label « AB » a de plus en plus la cote, on dénombre 17 viticulteurs convertis au bio dans la Marne. Las des produits gavés de chimie, les consommateurs s'orientent de plus en plus vers des produits sains et naturels. Si les calculs sont bons, les investissements devraient être relativement vite amortis pour les vignobles. Et ce sera l'occasion de sabrer une bonne bouteille.
Stéphane GUERRINI
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