Publié le vendredi 19 mars 2010 à 10H26 - Vu 682 fois
Christ Gambart, le principal, a été très surpris :
LAON (Aisne). Ils ont été aspergés de bombe lacrymo, après avoir essuyé de nombreuses insultes raciales. Cinq collégiens ont été victimes de trois jeunes nazillons.
ILS n'ont que 17 ans pour deux, tout juste 18 ans pour le troisième. Trois jeunes venant de Sinceny, Etreux et Hirson qui ont pour point commun d'être apprentis à Laon. Autre point commun : ils partagent les mêmes idées nauséabondes : « Ils voudraient que les chambres à gaz soient toujours en activité », lâche un policier. Le profil type des nazillons. Sur leur téléphone portable, les policiers ont découvert des photos de croix gammées, des chants hitlériens, des messages d'incitations à la haine raciale. Des jeunes fascistes aux convictions fortement ancrées. « Chez eux, ce n'est pas du mimétisme. Ils en connaissent un rayon et ça fait froid dans le dos. »
Mardi, ces trois nazillons ont pris le chemin du collège Jean-Mermoz à Laon. Un collège sans histoire, « pépère », qualifie même le nouveau principal. Il est 13 heures et les collégiens arrivent pour aller en cours. Le trio croise, d'abord, un premier groupe à 100 mètres de l'entrée principale de l'établissement scolaire.
L'un des collégiens porte un keffieh. Et ce n'est pas du goût des apprentis. Première insulte et menace. « Ils lui ont demandé d'enlever cette écharpe parce que, disent-ils, ça appartient aux bougnoules », relate une source proche de l'enquête.
Interpellés le lendemain
Le collégien refuse. Il va être aspergé de bombe lacrymogène. Le trio rebrousse chemin en scandant des chants intolérants, comme « Bleu, blanc, rouge, la France aux Français »… Et puis, rue Thierret, à 150 mètres de l'entrée du collège, il croise un autre groupe. « Ils ont interpellé les collégiens en disant qu'ils étaient de Chauny et leur ont demandé s'ils connaissaient des fachos dans leur collège. » La question ne plaît guère. Les collégiens, dont deux d'entre eux ont le visage typé, se sentent agressés. Le ton monte. Eux aussi vont se faire asperger. Le trio prend la fuite, en lançant : « On reviendra. »
Les collégiens se plaignent auprès du personnel enseignant. La conseillère principale d'éducation est alertée. Elle prévient les pompiers et la police. « Au total, cinq élèves du collège ont été victimes. Ils sont âgés de 14 à 16 ans. Ils n'ont été, heureusement, que légèrement incommodés par le gaz », renseigne le principal de l'établissement. Leur état n'a pas nécessité de transport aux urgences. Les jeunes victimes habitent Laon, Crépy et Turcy.
Les policiers ne disposaient que d'un signalement assez vague des agresseurs en fuite. Il faut dire qu'ils ont agi extrêmement vite.
Mercredi matin, seulement douze heures après les faits, ils ont réussi à interpeller les apprentis. « On est très vigilants face à ce type d'événement et notre réponse doit être immédiate. On ne peut pas laisser passer ça », justifie un policier. Les nazillons ont été placés en garde à vue. Tous trois ont été libérés mercredi soir. Le jeune de 18 ans est convoqué devant le tribunal correctionnel le 6 mai, les deux mineurs devant le tribunal pour enfants le 23 avril. On leur reproche : des violences volontaires en réunion avec usage d'une arme aux abords d'un établissement scolaire, des injures à particulier à raison de son origine ou de son appartenance religieuse, raciale ou ethnique ainsi que de la provocation à la haine raciale. Pour l'ensemble de ces chefs, ils risquent gros, notamment, un séjour derrière les barreaux.
Aurélie BEAUSSART
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