Publié le mercredi 29 septembre 2010 à 07H47 - Vu 1499 fois
Le campus du Moulin de la Housse est dans un état déplorable, de l'avis de tous.
La conférence de rentrée du président de l'université a forcément tourné autour du déménagement du pôle Moulin de la Housse vers le campus Croix-Rouge. En 2018 ?
LE tramway arrive, Sciences Po a ouvert, Centrale à Pomacle ne devrait plus tarder, AgroParisTech est là : où est la place de l'université Champagne-Ardenne dans toutes ces évolutions ?
C'est la question qu'a posée Richard Vistelle, le président de l'Urca, lors de sa conférence de rentrée. Il a aussi donné des « coups de gueule » en espérant que les 19 000 étudiants concernés ne soient pas les oubliés des années futures.
« Ce projet de transfert (Ndlr : quitter le pôle Moulin de la Housse pour le campus Croix-Rouge) est le moins cher, 55 millions d'euros plutôt que 70 ou même 100 millions ! S'il n'aboutit pas, c'est la mort de l'Urca. » Et pan ! Pourtant, sur le campus unique à Croix-Rouge, toutes les parties sont d'accord : Etat, Ville de Reims, conseils régional et général. Alors ?
« Cela remet en cause le contrat de plan Etat-Région », explique Alexandre Steyer, le recteur. N'empêche, « pas besoin d'études pour que toutes les collectivités payent pour Sciences Po, en moins d'un mois ! », relance un Richard Vistelle remonté, moustaches flamboyantes.
C'est justement cette étude qui a semblé traîner en longueur. « Elle a duré 18 mois, et a été présentée à la Ville le 16 septembre. Nous avons trouvé que c'était un projet intéressant, sans pour autant pouvoir dire combien nous pourrons y investir. Nous attendons d'ailleurs de savoir ce que l'Etat va faire », explique Jacques Meyer, adjoint à l'Education.
"200 étudiants qui pètent dans la soie et 19.000 qui sont dans des tôles"
Richard Vistelle précise qu'il est enthousiaste et applaudit à l'arrivée des nouvelles et prestigieuses écoles. « Remarquez qu'il y a 11 profs de l'université à Sciences Po, que nous allons travailler avec Centrale, c'est déjà acquis. » Ce qu'il reproche, c'est « un gros coup pour elles et rien pour nous ».
Avant de reprendre son langage imagé et tellement parlant : « Les trois écoles nouvelles, c'est bien, ça brille, mais on a 200 étudiants qui pètent dans la soie et 19 000 qui sont dans des tôles ». Richard Vistelle n'a d'ailleurs pas manqué de faire le parallèle entre un projet à 55 millions, voire 70, et ce que coûte Sciences Po (75 millions).
Sauf que Jacques Meyer nous précise que le projet est en fait de l'ordre de 200 millions d'euros, l'écart étant dû à la vente des terrains du Moulin de la Housse, qui ramènerait la dépense à 70 millions.
« Soucieux de l'argent public », l'adjoint d'Adeline Hazan revient sur la récente inauguration du bâtiment du Staps, la rénovation de résidences étudiantes… « Il ne faudrait pas que ce soit de l'argent mis à la poubelle. »
Un campus délabré à 95%
Pour Richard Vistelle, « il faut bien prendre une décision à un moment, mais cela va durer longtemps, il faut bien aussi assurer des conditions décentes de travail ». Selon lui, « 95 % des bâtiments du campus du Moulin de la Housse sont à détruire. Au passage, je vous indique que cela coûterait 20 millions de plus de reconstruire sur site ». Pour le président de l'Urca, le transfert est d'autant plus logique « que le tram n'ira jamais jusque là-bas et qu'il y a trois lignes de bus mais à faible cadencement ».
Ce campus, « où les conditions sont déplorables », est véritablement très isolé. « Alors qu'à Croix-Rouge, il y a les installations sportives avec le Creps, la patinoire, la piscine, même un golf 18 trous en projet à Bezannes, un hôtel, le TGV, le tram, et des hôtels d'entreprises à venir. » La décision doit être prise rapidement, car il faudra à peu près sept ans pour que le transfert soit finalisé. L'essentiel du campus Croix-Rouge sera de toute façon conservé, notamment les fameuses coquilles, « qui sont l'emblème de l'Urca, même s'il faut voir le coût du pétale… »
Car l'université rémoise est « surdimensionnée de 40 %, suivant le calcul de l'Etat. Il faut donc réduire la surface ». En faisant donc plus efficace.
Guillaume FLATET
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