Publié le jeudi 02 juin 2011 à 10H32 - Vu 2037 fois
Ramzi Khiroun est salarié du groupe Lagardère, qui lui a financé la désormais célèbre Porsche Panamera dans laquelle DSK a été vu.
Diantre ! Ramzi Khiroun est fâché contre notre journal. Le conseiller de Dominique Strauss-Kahn n'a pas apprécié que sa proximité avec l'ancien ministre soit en ces colonnes évoquée. S'estimant diffamé, il porte plainte, assignant aussi le magazine « Challenges », deux sites internet, un rédacteur en chef et un ex-collaborateur de M. Sarkozy.
DIFFAMÉ. Calomnié. Les mots sont rudes pour qualifier un article, paru le 17 mai, qui somme toute ne mentionnait qu'une partie des prérogatives de M. Khiroun auprès de l'ancien ministre et patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn. Comme l'a révélé hier lepoint.fr, « Ramzi », ainsi que les journalistes l'appellent dès la deuxième rencontre, a chargé son avocate, Me Burguburu, de poursuivre « quiconque s'est cru ou se croira autorisé à le calomnier publiquement en portant des appréciations infondées sur ses activités professionnelles et son rôle » auprès de DSK.
Le magazine précise que trois organes de presse et deux particuliers sont ciblés par la constitution de partie civile, rien de moins : « Challenges », l'union, le site Electron Libre, le rédacteur en chef d'Atlantico.fr et Arnaud Dassier, le webmaster de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Ramzi Khiroun lui reproche un message envoyé sur Twitter le 14 mai qui le décrivait « à la limite de l'abus de bien social avec ses jobs Lagardère ou Euro RSCG (on ne sait plus trop), tout en bossant pour DSK ».
Organiser son « sauve-qui-peut »
Aux deux sites précités et à « Challenges », M. Khiroun fait grief d'avoir évoqué « des menaces » contre Tristane Banon, la romancière qui dit avoir été agressée par DSK, « des scandales » qu'il aurait « étouffés » et de s'être livré à « des intimidations ».
Les récriminations contre l'union apparaissent plus anecdotiques, bien qu'il ait été impossible, hier, d'en avoir communication, la plainte n'étant pas arrivée jusqu'à Reims. Selon Le Point, au moins deux éléments l'ont froissé : une référence aux « pressions » qu'il a exercées sur les auteurs de « Sexus Politicus », un livre sur la vie sexuelle des hommes politiques (Albin Michel, 2006) qui, relations-nous, « se souviennent des pressions de Ramzy Khiroun, qui pouvait se montrer, disons… brutal ». Christophe Deloire, l'un des deux signataires du document best-seller, en a fait état lui-même dans une tribune publiée par Le Monde.
L'autre détail semble-t-il visé par sa plainte est le mot « brutal ». L'épithète ne signifiait pas, évidemment, qu'il avait fracassé le crâne des écrivains ; s'il l'a compris ainsi, nous en sommes fort marris. Cependant, comme dirait Jack Lang, « il n'y a pas mort d'homme » ! Combien de journalistes témoignent aujourd'hui, car les langues se délient (ainsi va la vie), « des méthodes de Ramzi » pour stopper la publication d'un article déplaisant sur son mentor ! France-Soir en faisait encore les frais le 13 mai, soit deux jours avant « le coup de tonnerre » (lire ci-dessous), qui se voyait menacé d'une plainte et bombardé d'appels. Il n'est pas le seul journal à avoir été récemment tancé.
Last but not least, M. Khiroun se plaint que personne ne l'ait appelé avant d'écrire sur lui, mais il avait éteint son portable ou ne répondait plus, comme l'ont constaté une cinquantaine de confrères. L'affaire de New York le dépassait et, sans doute, l'avait terrassé, ce qui se conçoit sans difficulté.
Comme on peut comprendre qu'en temps de crise il faille organiser son « sauve-qui-peut ». Ramzi Khiroun, salarié du groupe Lagardère, qui lui a financé la désormais célèbre Porsche Panamera, n'est plus certain de conserver son job auprès de DSK, le présidentiable qui ne rendra plus aucun service aux grands de ce monde. Mesurant forcément l'ingratitude des journalistes et des hommes politiques, M. Khiroun craint peut-être un ménage de printemps qui verrait, dès l'ouverture des placards, quelques cadavres en dégringoler. Pour se prémunir des vilains, il a donc saisi la justice. C'est ce que l'on appelle une stratégie de communication.
Isabelle HORLANS
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