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Un colonel poursuivi pour manquement à ses devoirs d'OPJ

Publié le vendredi 04 juin 2010 à 09H06 - Vu 1967 fois


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« Mon client s'est fait le porte-parole de ses troupes qui en ont assez de jouer les cobayes dans des situations parfois pénibles », commente Me Harir.

« Mon client s'est fait le porte-parole de ses troupes qui en ont assez de jouer les cobayes dans des situations parfois pénibles », commente Me Harir.


ARDENNES. La procédure est rarissime autant que le procédé. Hier matin, le commandant du groupement de gendarmerie des Ardennes comparaissait devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Reims pour « manquement à ses devoirs d'officier de police judiciaire ». Il est reproché au colonel Nicolas Blériot son refus de désigner des gendarmes pour jouer le rôle de la victime et de l'agresseur lors de la reconstitution d'un double meurtre, en mai dernier. L'affaire a été mise en délibéré.

PAS une tête ne dépasse du rang. De la base au sommet de la hiérarchie de la gendarmerie, tous sont derrière le colonel Nicolas Blériot, commandant le groupement des Ardennes. Du général Jean Danède, patron de la région Champagne-Ardenne, aux pontes de la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) à Paris, tous sont fin prêts à crever l'abcès. Car la bataille entamée par cet officier à la carrière exemplaire n'est surtout pas celle d'un franc-tireur. Elle est au contraire celle d'un militaire responsable, compétent et obéissant… Mais aussi soucieux de préserver ses hommes.
C'est à ce titre que l'officier supérieur s'est attiré les foudres de la juge du pôle de l'instruction de Reims, Véronique Isart. Le 14 avril, celle-ci délivre une première commission rogatoire pour l'organisation de la reconstitution du double meurtre des Ayvelles, près de Charleville-Mézières. Les gendarmes répondent dans les règles de l'art à cette mission capitale pour la manifestation de la vérité qui consiste à faire rejouer les crimes sordides d'une fillette et de sa mère par son auteur présumé, Manuel Texeira.

« L'avis du général »


C'est en fait une seconde commission rogatoire « d'assistance à la reconstitution », délivrée le 23 avril, qui va mettre le feu aux poudres. La juge y exige qu'une femme gendarme joue le rôle de Florence, massacrée, comme sa petite fille, d'une vingtaine de coups de sabre. Détail : elle devra comme la défunte mesurer « 1,61 mètre pour 75 kilos ». Un gendarme, pris parmi le personnel masculin, devra être choisi pour mimer la scène de crime en cas de défaillance du mis en examen.
Le colonel Blériot refuse que son personnel se prête à cette parodie de scène de crime. « Mon client a pris toutes les précautions d'usage en sollicitant l'avis du général Jean Danède. La DGGN a par ailleurs été informée. Ce n'est qu'ensuite qu'il a adressé un courrier à la juge d'instruction pour motiver son refus de mettre à disposition des gendarmes masculin et féminin pour la reconstitution criminelle », indique Me Ahmed Harir, l'avocat carolo du colonel.

« Assez de jouer les cobayes »


Entre accidents corporels, découvertes de cadavres, scènes de crime, violences et autopsies… Il est vrai que les enquêteurs sont suffisamment éprouvés sans que la justice en rajoute au sordide. « Mon client s'est fait le porte-parole de ses troupes qui en ont assez de jouer les cobayes dans des situations parfois pénibles », poursuit Me Harir. Les gendarmes ont par ailleurs fort à faire avec le dispositif de sécurité inhérent à une affaire aussi douloureuse. Le colonel, soucieux de tirer la sonnette d'alarme sans nuire à la reconstitution, prévoit qu'un gendarme féminin prendra le relais au besoin. C'est finalement une greffière qui mime les gestes de la victime, le 4 mai et le colonel qui fait les frais d'une comparution devant la chambre de l'instruction, hier matin.
Dans la salle des pas perdus de la cour d'appel de Reims, le général Jean Danède attend la fin de l'audience pénale de la chambre de l'instruction qui se tient à huis clos. Le colonel Blériot réapparaît au bout de 45 minutes en compagnie de son avocat. Les deux militaires s'esquivent sans un commentaire. « Je pense qu'il s'agit là d'une affaire regrettable qui n'aurait jamais dû prendre cette tournure. Mon client n'a absolument pas voulu se soustraire aux obligations du code de procédure pénal qui imposent aux OPJ de déférer aux obligations des juridictions d'instruction », observe Me Harir. Et d'ajouter : « La DGGN a saisi la chancellerie et le ministère de l'Intérieur pour exposer le cas de figure, en demandant expressément à ces ministères de prendre position pour éviter qu'une telle situation se reproduise. »
Le colonel Blériot sera fixé sur son sort le 10 mai. « Il encourt soit des observations, soit le retrait temporaire ou définitif de son habilitation d'OPJ. » Pour sa part, le parquet général semble vouloir s'orienter vers une solution clémente. L'officier, lui, estime qu'il n'y a pas eu faute.

Eric LAINÉ
elaine@journal-lunion.fr

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Les dernières contributions


tiotguy

11/06/2010 à 11h46

Respectons le DROIT, diront certains pour se donner bonne conscience. Je répondrai à ces derniers que la MAGISTRATURE FRANCAISE doit commencer par elle même. Lorsqu'un JUGE oublie d'apposer une signature sur un acte de procédure ou par mégarde oublie de respecter un délai de procédure et qu'on se trouve dans l'obligation de remettre des délinquants, voire des criminels en liberté pour la bonne et unique raison du respect du DROIT FRANCAIS, quelle sanction encours-t-il? lui ? et pourtant c'est toute la société française qui en subit les conséquences qui peuvent s'avérer désastreuse en matière de récidive de CRIME . Les exemples sont là très nombreux pour nous le rappeler. Il y a-t-il d'un côté les INTOUCHABLES porteurs de robe et les autres ? Prenons garde, l'histoire française est pleine d'exemples à ce titre, certains disent que ignorer ce passé, c'est se condamner à le revivre...... Alors messieurs les JUGES, faites bien attention car en matière de DROIT comme dans bien d'autres domaines, beaucoup vous diront qu'il y a l'ESPRIT mais aussi la LETTRE.

MANSA

ici, là ou ailleurs

06/06/2010 à 00h02 | 1

On se demande bien ce qu'aurait pu apporter une telle reconstitution, d'autant que le meurtrier reconnaît tout. Et qu'il n'y a pas de doutes sur ses aveux, pour une fois. On croirait que certains juges prennent malin plaisir à dépenser l'argent public. A quand un budget asymétrique par juge. On octroit une somme au début de l'année, et si ses demandes de reconstitution excède le montant, on prend le reste sur son salaire.

verso

05/06/2010 à 15h50

JLL08 a raison, il y a des demandeurs d'emploi à la pelle et parmis eux y a aussi des "acteurs" sans role !!

JLL08

Charleville-Mézières

05/06/2010 à 06h20

Je lis dans les commentaires deux sujets différents mais avec les mêmes protagonistes : les forces de l'ordre et les hommes de loi mais je ne commenterais qu'en rapport avec l'article.
Je retiens que le code de procédure pénal impose aux OPJ de déférer aux obligations des juridictions d'instruction. Si il y a à se plaindre c'est au niveau du législateur; l'homme de loi a raison et l'avis des forces de l'ordre est respectable mais pas légal. Comme la critique est facile je me permet une suggestion : pourquoi ne pas employer alors des demandeurs d'emploi avec un statut de figurant (après sélection et clause de confidentialité).

nataloche83

04/06/2010 à 23h07

le journaliste a du se planter pour la date de l'énoncé du verdict : 10mai.
Mise à part cela, je pense que le colonel a eut des tripes pour s'opposer à la justice. Peu d'hommes parmi les civils auraient eu le cran de le faire

Alain Schydlowsky

Chàlons-en-Champagne

04/06/2010 à 22h27

Cette affaire illustre,je le crains,une fois de plus, les difficultés relationnelles qui existent entre notre Police et notre Magistrature.
Je peux comprendre que la Police dont j'ai été souvent témoin de la bravoure,
toujours sur le terrain au risque de sa vie ,souvent ,finisse par manifester des signes de lassitude lorsqu' elle est appelée systèmatiquement à jouer les simulations dans le cadre d'une reconstitution ;ce qu'elle vit au quotidien n'a rien d'abstrait.Point n'est besoin d'en rajouter.

Focus 08

04/06/2010 à 20h12

Bonjour à tous,

Je suis surpris que toutes les contributions aillent dans le même sens.
Lequel d'entre vous a pensé à la greffière ?

Elle a du se dévouer ou être désignée pour les besoins de cette lourde enquête.

Le colonel a certes l'esprit d'équipe MAIS personnellement, si les gendarmes ou autres corps de police en ont assez des "accidents corporels, découvertes de cadavres, scènes de crime, violences et autopsies…", je leur conseille de choisir une autre orientation professionnelle plus calme, cool.....quoique les contrôles radars, verbalisations trottoirs et autres alcoolémie ne me semblent pas bien violents. Nous sommes loin des 8H de fonderie réalisées chez Citroen aux....Ayvelles.

Le rôle puisque c'est le terme employé aurait du être joué par une femme de la famille de l'auteur présumé puisque même sang.

La justice fait "avec les moyens du bord"

Merci de penser aux familles des victimes, à Florence et Amélie

MIDA02

04/06/2010 à 20h12

je suis trés surpris de la réaction des lecteurs.notre justice essaie d'être aussi indépendante qu'elle est autorisée à l'être.ce qui n'est pas le cas de l'armée car les officiers supérieurs de la gendarmerie on tous été formés à l'armés ce qui n'est pas un exemple de démocratie(je sais j'y suis allé) cher JOARDEN croyez moi si des délinquants sont relanchés si vite c que les lois notamment ceux instaurées par m. SARKOSY, il y a quelques années en tant que ministre où aujourd'hui en tant que président ,obligent ces magistras à les respecter mais si ceux ci ne peuvent pas faire de reconstitution ne nous étonnons pas de la lenteur de la justice.croyez je suis bien placé pour connaître les difficultés qu'ils rencontrent et si vous connaîssiez le nombre incalculable d'heures dûes au juges ,greffiers etc présents dans les tribunaux à des heures trés tardives, le dimanche les jours fériés afin d'essayer de préserver un bien précieux et peut être en voie de disparition (l'indépendance de la justice que l'on devrait tous défendre au lieu de la critiquer sans connaître les difficultés dans laquelle 'cet enfant pauvre de l'état FRANCAIS qui devrait être le fleuron de notre démocratie se débat afin d'essayer de ne pas être à la botte des pouvoirs en place.

MIDA02

04/06/2010 à 19h37

ç'est sûrement moins exitant que d'aligner les automobilistes.mais c vrai ces l'armée et là pas touche on fait comme on veut.

Gus 08

04/06/2010 à 16h51 | 4

Je connais bien le milieu "gendarmique". Il faut saluer le courage de ce chef qui s'est opposé à un magistrat. Il a pris ses responsabilités, ce qui est assez rare dans ce milieu d' officiers supérieurs, surtout chez les Saint-Cyriens pour qui la "piste aux étoiles" est l'objectif à atteindre et Il faut donc éviter les heurts pour y arriver. Je suis satisfait que ce Cdt de Gie des Ardennes ait défendu ses hommes après en avoir rendu compte à sa hiérarchie. Chapeau aussi à son général chalonnais qui l'a soutenu. Il y en a marre de prendre les gendarmes pour des larbins qui eux ne font pas 8 h de boulot par jour, mais 10/12h. Un chef de gendarmerie qui se mouille, c'est à signaler et à défendre à un moment ou Sarkozy s'attaque à cette institution vieille de plus de six siècles.

chambouvart

triangle Reims/Chalons/Epernay

04/06/2010 à 15h46

Au secours Rachida, reviens faire le ménage dans la justice ! Nos policiers et gendarmes ont quand même autre chose à faire.
Quand au Colonel, Chapeau bas ! Il mérite le respect car il s'occupe des ses hommes qui voient déjà les délinquants qu'ils ont arrêté aprés un long travail , relachés en moins de temps qu'il n'en faut pour rédiger une plainte. Et en plus il faut qu'ils aillent jouer les manequins pour quelques magistrats..

Coq Hardi

04/06/2010 à 14h49 | 1

Au nom du réalisme, pourquoi ne pas également utiliser l' arme du crime contre la jeune gendarme tenant le rôle de la victime et , bien entendu, lui en donner le même nombre de coups? Nos hommes de loi se complaisent-ils à ce point dans la sordidité des faits, qu'il faille à chaque affaire d' homicide reproduire la gestuelle coupable avec un talent digne du meilleur de nos metteurs en scène? Et puis, s'ils se sentent l' âme si joueuse ( leur accoutrement suranné, pour ne pas dire ridicule qui horripile le citoyen lambda autant que la soutane ou le niqab, pourrait le faire accroire), pourquoi ne pas s' investir eux-mêmes dans ces rôles ingrats? Evidemment, sans costume , plus d' effets de manche.
Courage , colonel Blériot, vous, au moins vous jouez votre propre rôle et ne l' usurpez point.

Commentaires anonymes

04/06/2010 à 14h21

j'apporte mon soutien au colonel bleriot et pour se qui est de la justice elle part en vrille pour ne pas dire en c........les

joarden

04/06/2010 à 14h03 | 1

Mais enfin pour qui se prennent-ils ces magistrats?
Des gens qui se hâtent de relâcher des délinquants arrêtes par nos gendarmes,se croient-ils supérieurs parce qu'on les a affublés d'un titre,qu'ils sont loin de mériter.
L'affaire de Outreau devrait les rendre un peu plus modestes.
Si la réforme de la justice se limite à supprimer des juges d'instruction,comme ce parfait exemple de bêtise,alors d'accord,réformons.
Bravo pour votre courage Colonel,en espérant que le tribunal se conduira de manière plus intelligente,que cette juge.

jean-m-bruno

La Réunion

04/06/2010 à 13h50

Notre justice à la botte de Sarko est complètement pourrie.
On juge les bonnes gens et les délinquants on les arrête le matin et les juges les relachent le soir. C'est insupportable.
Il va falloir faire justice nous même.

bootlilo

04/06/2010 à 13h47

La cour d'appel de Reims essai peut être de rehausser son image et ses membres, suite à toutes les mutations discrètes antérieures, mais de toutes évidences ce n'est pas non plus la bonne utilisations de ses trop grands pouvoirs.

lanterne

En 2012, faut pas que Sarkommence, Mais faut pas croire non plus Hollandemains qui chantent…?

04/06/2010 à 13h33 | 2

On croit rêver ! une justice qui se préoccupe d'un fait aussi mineur alors que tant de voyous avérés et mutirécidivistes courent les rues et continuent à inquiéter une population qui ne croit plus ni à la justice ni à la politique.
J'approuve pleinement la réaction de ce colonel "Courage" -tant pis pour sa carrière, hein mon Général ?- Quand on voit une justice plus préoccupée aux failles de la procédure présentée par les OPJ qu'aux délits générés par les inculpés, il ne faut plus se poser de questions, et cela se comprend. C'EST UNE SAINE REACTION.

kenny08

04/06/2010 à 13h25

après on s'étonne de ce qui s'est passé à bruxellle hier;ces juges se croient tout permis

bledina

51400

04/06/2010 à 13h12

Je suis tout a fait d accord avec Filochard51,tout mon soutien également a ce Colonel et son personnel.

Lulub

04/06/2010 à 11h39

Nous ne pouvons donner tord au Colonel Blériot Il y assez de personnes qui sont traumatisés dans leurs travail , Et cela doit t'être éprouvant de jouer le rôle d' une scéne d'un crime

Il y a trop de monde tressés .
Je pense qu'il a raison de préserver ces troupe

Filochard51

Autour d'Epernay

04/06/2010 à 10h58 | 4

Avec les progrès des investigations criminelles, les reconstitutions n'apportent pas toujours l'effet voulu surtout si le ou la juge, a déjà son opinion à charge. J'apporte mon soutien entier à se colonel humaniste et droit avec les hommes qu'il commande.

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