Publié le samedi 09 octobre 2010 à 11H00 - Vu 672 fois
Dans un courrier adressé à Richard Vistelle, la maire ne mâche pas ses mots : « J'estime que vous dépassez l'acceptable de ce que l'on peut attendre du responsable d'une institution. »
Lors d'une conférence de presse de rentrée, Richard Vistelle, président de l'Université, a en plusieurs occasions mis en cause la Ville de Reims (NDLR : mais pas seulement) en évoquant la création de Sciences Po, l'état des campus et leur regroupement. A quelques jours d'une réunion du conseil d'administration de l'Urca, Adeline Hazan, maire et présidente de l'agglo, vient de lui écrire pour lui exprimer son plus profond mécontentement.
« À propos de l'arrivée de Sciences Po dont vous dénoncez la réalisation rapide du dossier tout en se félicitant de sa finalité, je vous ai consulté et associé dès l'ébauche du projet. Sans votre accord, il n'aurait pu se réaliser. Sa mise en œuvre soi-disant rapide est relative puisque les premiers contacts ont été pris en juillet 2008 avec Sciences Po pour une première promotion en septembre 2010 et les collectivités ont fait preuve de réactivité après un examen approfondi. »
Sur l'étude du regroupement des campus, la maire est d'accord avec M. Vistelle pour dire que cela a pris beaucoup de retard. « Bien que nous l'ayons co-financée avec la Caisse des dépôts, elle est sous votre seule responsabilité. Vous l'avez présentée à nos services en juin mais les montants financiers présentés en septembre n'étaient plus les mêmes. De plus, le conseil d'administration de l'Urca ne s'est prononcé par vote sur votre projet que le 20 septembre dernier. Le retard du dossier vous est totalement imputable. »
La Ville aide l'université
Dans son courrier, la maire rappelle que la Ville apporte chaque année 750.000 € de subvention à l'université. La Ville a aussi soutenu le projet de construction et d'extension de l'Esiec (Ecole supérieure d'emballage et de conditionnement) en budgétant la somme de 3,4 M€. Or à la demande expresse de l'université, le projet a été abandonné en 2009. Ce qui a coûté 700.000 € de dédit à la ville.
« Arrêtez de dénigrer l'université »
Enfin, Adeline Hazan demande à Richard Vistelle, qui affirme que 95 % de son campus scientifique est délabré et qu'il vaut mieux faire ses études de droit dans une autre ville, d'arrêter de dénigrer l'université. « Lorsque vous parlez de verrue, ce qui en bon français et dans son acception non médicale signifie excroissance qui enlaidit ou dépare un site ou une construction, j'estime que vous dépassez l'acceptable de ce que l'on peut attendre du responsable d'une institution. Attachée au devenir de notre université, je vous rappelle que ce secteur est entièrement de la compétence de l'État. La Ville à son niveau ne ménage ni sa peine ni ses soutiens financiers. »
C'est dit.
Alain MOYAT
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