Publié le jeudi 15 avril 2010 à 09H38 - Vu 971 fois
Le premier vol Stockholm-Vatry aura lieu le mercredi 30 juin.
VATRY (Marne). L'arrivée des avions irlandais s'inscrit dans le virage low-cost voulu pour l'aéroport marnais. Des négociations sont en cours avec deux autres compagnies.
LA stratégie low-cost de Vatry commence à payer. La compagnie irlandaise Ryanair, leader européen des vols à bas coût, va ouvrir deux lignes à destination de l'aéroport marnais en provenance d'Oslo et Stockholm. À partir du 30 juin prochain, il y aura chaque mercredi et chaque samedi, une rotation avec la Norvège et une rotation avec la Suède, soit au total quatre rotations par semaine. Conformément au mode opératoire de la compagnie, le Boeing 737-800 bleu et jaune ne restera que vingt-cinq minutes sur le tarmac de Vatry.
Avec des avions de 189 places et compte tenu du potentiel de ces nouveaux marchés, le nombre de passagers estimé pour l'année 2010 est de 20 000 à 25 000. La jauge pour une année pleine, et pour le même nombre de vols, est d'environ 40.000 passagers.
L'arrivée de Ryanair est le fruit d'une nouvelle stratégie de développement de l'aéroport de Vatry, un équipement à 220 millions d'euros qui a subi de plein fouet la crise du fret aérien. Le tonnage de fret est passé de 40 000 tonnes en 2008, à 23 000 tonnes en 2009 et les perspectives sont à moins de la moitié pour 2010
Aides de 1,55 million d'euros
Pour mener à bien le virage vers le trafic passager, une association avait été constituée : Paris Vatry Project. Dotée d'un budget de deux millions d'euros, abondé par le conseil régional de Champagne-Ardenne, le conseil général de la Marne, les chambres de commerce de Reims-Epernay et Châlons ainsi que la communauté d'agglomération châlonnaise, cette structure légère a mené des négociations avec les compagnies aériennes. Pour les motiver, il y a bien sûr des aides.
Pour faire venir Ryanair, une enveloppe de 1,55 million d'euros a été réunie. Sur cette somme, 750 000 euros sont consacrés aux « aides au démarrage ». Ces subventions, encadrées réglementairement par Bruxelles, sont destinées à aider temporairement les compagnies à supporter les frais liés à l'ouverture de lignes.
La deuxième partie de l'enveloppe débloquée par Paris Vatry Projet, à savoir 800 000 euros, va servir à des actions de marketing et de promotion à destination des marchés suédois et norvégien. L'idée est d'inciter les voyageurs à utiliser Vatry pour se rendre à EuroDisney et/ou faire du tourisme en Champagne-Ardenne, entre visite de caves et shopping à Troyes (lire précisions ci-dessous). Il sera possible de réserver directement depuis le site de Ryanair des séjours à Marne-la-Vallée et dans la région champenoise.
Point d'étape le 31 octobre
Combien de temps Ryanair restera à Vatry ? Tous les acteurs du virage low-cost savent bien que cette question les attend. Les expériences éphémères de Ryanair, à Reims Champagne-Betheny en 2003-2004, puis celle d'Air Turquoise à Bétheny puis Vatry en 2005-2006, ont laissé des souvenirs.
Les contrats signés entre Ryanair et d'une part la Seve, l'exploitant délégataire de Vatry, et d'autre part Paris Vatry Project, prévoient un « développement sur le long terme », précise Philippe Wittwer, directeur du développement économique à la CCI de Reims et d'Épernay, qui a travaillé depuis l'automne avec les Irlandais.
Mais cela n'empêchera pas de faire, pour le 31 octobre prochain, un point d'étape. En fonction des premiers résultats en terme de trafic, « on verra s'il faudra corriger, amender ou arrêter », indique Philippe Wittwer. La meilleure publicité pour la vocation low-cost de Vatry serait bien sûr la réussite de l'essai de Ryanair, qui a encore de la ressource pour relier la Marne à d'autres destinations européennes.
L'initiative des Irlandais peut aussi susciter un « effet de levier » estime, par exemple, le président de région, Jean-Paul Bachy. Vatry ne doit pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Des négociations avancées sont en cours actuellement avec deux autres compagnies low-cost. Des signatures sont possibles dans les mois à venir. Après des années de vaches maigres, Vatry peut rêver à une belle moisson 2010.
Les réactions
Bruno Bourg-Broc : « J'espère que Reims et Troyes vont se joindre à nous »
Jean-Paul Bachy : « Créer l'attractivité de la région »
Gilles Darriau : « Nous avons l'infrastructure pour ce marché »
François Cravoisier : « On va pouvoir convaincre d'autres compagnies »
Michel Gobillot : « Un véritable engagement de toutes les collectivités »
René-Paul Savary : « Cela tenait à cœur des responsables politiques »
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site








Réagissez