Publié le vendredi 16 septembre 2011 à 09H14 - Vu 59 fois
Entre le Club des cinq et le Clan des sept de la littérature enfantine, le PS nous offre cette année l’histoire des six camarades qui voulaient être président. Le premier acte a été donné à New York avec la disqualification du non candidat.
. Le second s’est joué à La Rochelle. Il en est resté une photo de famille dignement posée.
Le troisième acte, celui de la révélation, avec trois saynètes de télé-réalité, la première sur France 2, la deuxième sur i-Télé et la troisième sur BFM-TV a débuté hier soir. Puis viendront les deux temps du scrutin en octobre. La dramaturgie du premier débat était réglée au métronome, des emplacements sur scène à l’ordonnancement des interventions, en passant par les temps de parole et le cadrage.
Passons sur le casting, Hollande, Aubry, Royal, Montebourg, Valls et… Baylet, le PRG de service. Tous s’aiment d’amour tendre, mais ne peuvent dire tout le bien qu’ils pensent de leurs concurrents et camarades.
Car enfin, le dogme étant à l’union, malheur à celui ou celle qui jetterait la première pierre ! Grande innovation par rapport à 2006, cette année, les prétendants à la présidence ont le droit de s’interpeller, et de se répondre, en un débat croisé qui relativise l’impression de monologues parallèles donnée par un exercice télévisé qui aurait pu être cantonné à LCP.
L’occasion pour François Hollande, touché par la grâce, de planer au-dessus de l’adversité, l’opportunité pour Ségolène Royal de planter quelques banderilles subliminales, et pour Martine Aubry, d’imposer son statut de cheftaine et de candidate.
Pour Montebourg, Valls et Baylet, les carottes étaient cuites avant même les trois coups. Les deux premiers intervenant au mieux dans la perspective de 2017, ou dans l’espoir d’accéder à une sinécure ministérielle. Le troisième pour exister. Pour mémoire, le PRG période Taubira, avait à peine dépassé les 2 % en 2002, avant de se rallier sans condition au PS en 2007. Mais ne soyons pas méchants, M. Baylet est utile au PS en tant que prétexte d’ouverture, PCF, Verts, Mélenchoniens, NPA, LO, Chevénementistes ayant refusé de participer aux primaires du peuple de gauche.
La première séquence, avec des candidats plantés derrière leurs pupitres, raides comme des I, était lancinante et peu spontanée. Quant au mur d’images composé de portraits choisis des prétendants, c’était «United colors of PS»… A noter encore les jingles genre «la chance aux chansons» entre chaque changement de candidat… Dans l’exposé de leurs convictions, qui n’étaient pas sans rappeler l’état d’esprit d’une certaine Pérette lorsqu’elle allait au marché avec son pot au lait, force est de constater : que Montebourg est pour une pratique autoritaire de l’Etat à l’endroit des banques ; que Ségolène Royal entend bien remettre de l’ordre et de la morale partout et faire avec la France ce qu’elle a fait avec sa région ! ; que Hollande veut être président et le signifie en cultivant une «gravitas» parfois véhémente ; que Baylet n’est pas socialiste, croit en l’Europe fédérale et le «tarpé» en pharmacie ; que Valls savait tout avant les autres et prône une TVA très sociale depuis son plus jeune âge… et qu’il pourrait être à l’UMP… que tous sont «inquiets» ; que tous sont pour… les PME, contre… les riches… et que Nicolas Sarkozy «a échoué». Tous conjuguent l’économie sur tous les temps et tous les modes, plutôt «in vitro» qu’autre chose.
Foin de débat
Enfin, il y avait Martine Aubry, la meilleure selon son père, «pas seulement pour des raisons d’affinité parentale». Martine Aubry campée sur le programme du PS, qui distribue milliards et priorités, relance la croissance au point près, diminue les déficits publics, crée des emplois jeunes, ou aidés, par centaines de milliers, supprime les heures supplémentaires… les stages… «et puis je taxe les super profits pétroliers…» De là, Martine Aubry démontre la modernité de la gauche en réformant l’Education Nationale après avoir ramené la croissance et le pouvoir d’achat, sans donner de chiffres pour 2017 tout en étant retombée sous 3 % de déficit…
Après un tel déluge de convictions, de certitudes, d’engagements… les téléspectateurs moyens, quand vint le moment du «débat», étaient plus ou moins saturés, fanatiques exceptés.
A la question «quid du candidat idéal?» les six prétendants ont donné dans le plaidoyer pro domo. François Hollande a concédé qu’il n’avait pas l’expérience de «président» et que c’était là une condition nécessaire. Une petite perfidie à l’endroit de ses petits camarades qui ne pourraient au mieux revendiquer une expérience ministérielle, quand lui jouerait dans une autre dimension. Pour le reste foin de débat en dépit des poussives tentatives d’animation du Pujadas de service.
Si les deux autres débats sont de la même eau, il va falloir de nouveau bourrer les urnes ou lancer un téléthon pour le PS !
Commentaire de Philippe Le Claire
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site








Réagissez