Publié le mercredi 30 juin 2010 à 09H30 - Vu 70 fois
Les parents veulent des cours de rattrapage ou de soutien pour leurs enfants, dès la rentrée.
COMME pour des milliers de gamins, les écoliers de Viels-Maisons seront bientôt en vacances…
Un retour à la normale pour cette classe mixte CP et CE1 qui n'a pas connu une année scolaire traditionnelle.
Les vingt-huit élèves de cette classe ont vu se succéder onze enseignants remplaçants entre janvier et juin 2010, à la suite de l'arrêt de leur institutrice titulaire, grièvement blessée à une main. Les parents ont assisté, impuissants, à cette situation ubuesque.
Ils avaient conjointement écrit à l'inspectrice d'académie de l'Aisne, le 25 mai, pour obtenir un seul remplaçant jusqu'à la fin de l'année scolaire. À l'époque, les enfants avaient déjà connu sept remplaçants ; depuis, le chiffre a dépassé la dizaine.
Le système appliqué par le service de l'État reste un mystère pour les parents d'élèves. « Une fois, les enfants ont eu deux remplaçants différents dans la même journée », témoigne une maman. Dans la plupart des cas, les familles étaient informées du jour au lendemain de la situation. Aujourd'hui, elles constatent que le niveau scolaire de leur progéniture n'est pas atteint, surtout en CP, année cruciale de l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Difficile, en effet, de croire à un suivi pédagogique d'un remplaçant à un autre. « Certains instituteurs n'avaient pas le temps de faire connaissance avec la classe qu'ils étaient déjà partis sur un autre remplacement, assure Fazia, maman d'un petit bonhomme inscrit en CE1.
Quand on leur demandait ce qu'ils avaient fait dans la journée, ils nous répondaient : rien ! »
« Mon fils avait des acquis, mais en une année, il a tout perdu », témoigne Nelly. Cette maman avait fait redoubler la classe de CP à son fiston pour renforcer ses bases, le résultat est aujourd'hui désastreux.
Beaucoup ont pris le parti de faire travailler eux-mêmes les petits écoliers, « mais ils ne comprennent pas pourquoi on leur impose des devoirs après l'école alors que l'instituteur n'en a pas donné » confient-ils.
Classe de rattrapage
Se pose maintenant la question de la prochaine année scolaire. Aucun enfant ne devrait redoubler, sauf volonté contraire des parents.
Les pères et mères veulent, en revanche, des garanties pour que leur progéniture récupère le retard accumulé.
« Des classes de soutien ou de rattrapage pendant les vacances ? » propose Nelly. Jean Pierre, très inquiet pour les CP, aimerait que « les enfants ne soient plus en classe double » et qu'ils soient pris en charge par un seul instituteur pour leur « faire rattraper le programme du CP, puis leur faire celui du CE1. » L'Éducation nationale a-t-elle les moyens de mettre en place un tel dispositif ?
Isabel DA SILVA
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