Publié le samedi 18 septembre 2010 à 10H33 - Vu 163 fois
Côté bâtiment comme côté aménagement intérieur et mise en valeur des collections, le musée Rimbaud mérite un lifting. Mais quand ?
Un pas en avant, deux pas en arrière. Si l'Etat a confirmé son aide à la rénovation du musée Rimbaud, les collectivités pour l'heure sont obligées de reporter le projet.
PAR temps de crise, c'est typiquement le genre de situation dont il conviendra vite de ne plus s'étonner.
Avec le lyrisme (souvent sincère, il faut l'admettre) qui le caractérise, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a explicité en fin de semaine les grandes lignes d'un « Plan musées en région 2011-2013 » qui va mobiliser quelque 70 millions (sur trois exercices budgétaires) pour aider des projets de rénovation et agrandissement de 79 musées sur l'ensemble du territoire.
Parmi eux, le musée Soulages à Rodez, la Fondation Vasarely à Aix-en-Provence et, liste évidemment non exhaustive, le musée… Rimbaud de Charleville.
Ce n'est pas une surprise en soi, puisque l'établissement est labellisé « Musée de France » (à ne pas confondre avec la qualification de « Musée national », ce qui signifie que l'État en est le propriétaire et le gère en direct, alors qu'à Charleville, le musée dépend de la ville).
Les projets ont été sélectionnés sur des critères précis (qualité du projet scientifique et culturel, ambition architecturale etc.).
Sur 200 dossiers, 79 ont donc été retenus. Il est vrai que le dossier-projet qu'avait élaboré le conservateur Alain Tourneux, examiné et validé par le conseil municipal en décembre dernier, ne manquait pas d'épaisseur, au propre comme au figuré.
Pour aller vite, disons qu'il y était fait mention d'une nouvelle organisation de l'espace, d'une nouvelle mise en valeur des collections (relatives au poète, à sa vie et aux œuvres qui lui ont été consacrées) et de la muséographie, de l'installation d'un bateau, sur le quai adjacent, pour accueillir des groupes lors de conférences ou séances scolaires, et même de l'acquisition d'un pas-de-porte à proximité pour installer une boutique digne de ce nom…
L'ensemble s'intégrant dans un véritable pôle Rimbaud, avec la Maison des Ailleurs et la médiathèque Voyelles.
Vaches maigres
Coût de projet : environ 4 millions d'euros. Avec, au passage, une mise aux normes du Vieux-Moulin lui-même, qui pour être classé, n'en mérite pas moins un lifting (en terme de sécurité, d'accessibilité aux handicapées, etc.). Voilà tout. Enfin presque.
Parce qu'entre la mise en forme du projet et sa validation par le ministère (sur la base de 20 %), la crise est arrivée. Voire aggravée. Et dès le mois d'août, Claudine Ledoux l'avait confirmé : les projets culturels tels que celui du musée ou de la MJC (rue d'Aubilly) sont en stand-by.
Une info qui n'a pas dû être transmise à Paris.
Car dans le programme diffusé par les services de Frédéric Mitterrand, il est stipulé que ce projet porté par la ville de Charleville fera l'objet d'un concours d'architecture avant la fin d'année 2010 et que le musée new-look ouvrira courant… 2013.
« Nous ne doutions pas du concours de l'État » réagissait cette semaine le premier adjoint Philippe Pailla. « Je ne peux que confirmer, en revanche, ce qu'a déjà indiqué le maire. En effet, le conseil général nous a adressé une lettre pour faire savoir qu'il ne pouvait, pour l'instant, s'engager sur différents projets culturels, parmi lesquels la rénovation du musée. Et en ce qui nous concerne, il n'est pas possible d'imaginer nous engager sans être certains d'être accompagnés par le Département. Même si, par ailleurs, sont déjà acquis le concours de fonds européens et celui de la Région. »
Bref, les vaches sont maigres pour tout le monde. Et la Ville ne veut pas prendre de risques, pas plus que le Département qui par ailleurs, a sollicité l'aide exceptionnelle de l'État (notamment pour faire face à un budget social exponentiel)…
Un à deux ans de retard
« Je suis donc surpris du calendrier diffusé par le ministère, mais c'est un problème de communication. Pas de concours d'architectes dans les mois qui viennent. En revanche, nous allons lancer un appel pour une étude générale afin de mieux cerner le projet, le programme comme le coût. Il y a une hypothèse haute (celle qui a été rendue publique en décembre dernier), mais il y a sans doute aussi des possibilités pour un projet moins large (qui ne comprendrait pas l'extension via un bateau ou la boutique) », expliquait encore Philippe Pailla.
Et de conclure : « Pas question donc d'ouverture en 2013. En étant optimiste, parlons d'un ou de deux ans de retard. Si tout se passe bien ». Sous-entendu, si les collectivités retrouvent quelque vigueur financière.
Bref, en pleine bataille intra-rimbaldienne sur la photo mise au jour en avril (où figure un Rimbaud assez surprenant, à l'âge de 26 ans) et alors que Charlestown accueille l'expo Rimbaudmania (où est déclinée à l'envi la fameuse icône de Rimbaud immortalisé par Carjat), un contretemps qui tombe comme un pied de nez très rimbaldien lui aussi…
Une exigence quand même : qu'il ne s'agisse que d'un report d'un ou deux ans. Sinon, l'État pourrait trouver le temps long et aider un autre projet. On a déjà vu ça dans d'autres dossiers…
Philippe MELLET
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site








Réagissez