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L'odyssée du sergent Harper

Publié le dimanche 12 août 2012 à 10H35 - Vu 152 fois


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Le cimetière abrite les tombes de sept aviateurs tués cette nuit-là.

Le cimetière abrite les tombes de sept aviateurs tués cette nuit-là.


Sur les traces du Sergent Harper, seul rescapé du crash de la Chalade.

SEPT tombes d'aviateurs anglais occupent un espace dans le cimetière de la Chalade : ce sont les restes de l'équipage d'un avion de bombardement, un Stirling du 622e Squadron, recueilli par la population après son crash en novembre 1943.
Après recherche auprès des services britanniques, on avait appris qu'ils étaient huit à bord de cet avion. Le sergent Bob Harper, seul survivant, avait pu s'extraire de l'appareil. On doit à Hervé Chabaud d'avoir connu la suite de son odyssée.
Blessé, il est secouru par M. Zunino, bûcheron. Porté sur les épaules de ses sauveurs, il est caché d'abord dans la cabane d'un forestier de Varennes, M. Alin. Le fils du médecin local, Pierre Valiadis, ira le chercher dans sa voiture. Il le fera soigner par son père Jean Valiadis. Son parcours local commence. D'abord chez André Collignon, FFI, qui s'en occupe deux nuits de suite puis le remet à un résistant de Chatel-Chéhery, M. Munier. Il passe à Sillery. De Là, il prend le train pour Reims le 7 ou le 8 décembre 1943, avec d'autres aviateurs et un radio, pour se rendre à Fismes avec le commandant Pottier, alias commandant Nollet, chef du réseau Possum.

Libéré par les Alliés

Ce dernier, aviateur belge, travaille pour le service M/19 ; il est venu dans la région avec un radio pour organiser une filière de rapatriement pour les aviateurs alliés tombés en mission en France et en Belgique. Par ailleurs, il recherche des terrains d'atterrissage pour les avions légers, les lysanders, faisant la liaison entre la France et l'Angleterre.
Tout le réseau sera arrêté et Pottier se suicidera dans sa cellule en janvier 1944.
Bob Harper est arrêté à Fismes par la Gestapo, sur dénonciation. Il se retrouve à la prison de Châlons-sur-Marne le 31 décembre 1945, dans la même cellule qu'un jeune résistant rémois, Raymond Leroux, qui se souviendra parfaitement de lui.
En août 1944, on l'emmène à la prison de Fresnes. De là, avec des résistants français et 168 aviateurs alliés, dans un convoi parti de Pantin pour le camp de Buchenwald.
Dans ce même train il sera avec des camarades du réseau Orgerus-Bazanville. À la mi-octobre 44, il sera transféré au camp des aviateurs alliés, le stalag Luft-Sagan. D'où les troupes alliées victorieuses le libéreront.
Le fils du sergent Harper est venu en Argonne sur les traces de son père, retrouver les survivants de son périple et témoigner sa reconnaissance aux habitants qui ont fait de leur mieux pour assurer la survie d'abord, et le salut ensuite, de ce seul rescapé du Crash.
Ceux qui longent la route de Haute-Chevauchée pourront à leur tour avoir une pensée pour ces hommes de l'air, ceux que les Français occupés entendaient la nuit apporter un souffle de liberté. Un monument a été érigé en leur honneur à quelques mètres du cimetière de la Forestière.

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