Publié le samedi 03 avril 2010 à 10H03
A Crépy-en-Valois, les salariés de Sodimatex, filiale du groupe Trèves, menacent depuis jeudi soir de faire sauter une citerne de gaz s'ils n'obtiennent pas de meilleures indemnités de départ. Ils ont installé des cocktails Molotov autour de la citerne.
« Ça fait trop longtemps qu'on nous mène en bateau. Mardi, nous avons une réunion de réindustrialisation à Paris chez Me Valliot, conciliateur nommé par le tribunal de commerce de Paris. Nous attendons des réponses concrètes… Dans le cas contraire, nous agirons. Nous avons été très sages pendant 7 mois. S'il faut mettre le feu pour faire bouger les choses, on le fera. »
Deux combats similaires
Hier, les membres du comité d'entreprise de PTPM (Aÿ), filiale de l'équipementier automobile Trèves, Alain Hamou, Stéphane Levasseur et Dominique Berthelot, ont assuré de leur soutien les salariés de Sodimatex, autre filiale du groupe Trèves, dont la fermeture est annoncée pour le 10 avril.
« En cas de refus à l'alternative industrielle de la part du groupe Trèves et du gouvernement, les salariés de PTPM seront alors à même de prendre toutes dispositions permettant de garantir leur avenir… Nous prendrons les mesures nécessaires comme l'ont fait les salariés de Sodimatex. Nous seulement nous sommes solidaires, mais nous sommes également prêts à mettre le feu. Aujourd'hui, à la différence de Sodimatex, on ne se bat pas pour les indemnités de fermeture mais pour le maintien de l'emploi et la réindustrialisation du site. »
Si les 130 salariés de PTPM se battent pour la réindustrialisation du site via un projet de pôle de textiles techniques pour l'automobile, les 92 salariés de l'usine Sodimatex (moquette) négocient pour obtenir de meilleures conditions de départ que celles proposées par leur employeur.
Depuis jeudi soir, retranchés sur le site de Crépy-en-Valois (Oise), ils menacent de faire exploser une citerne de gaz s'ils n'obtiennent pas notamment une prime extra-légale de licenciement de 21 000 euros, semblable à ce qu'avaient touché leurs collègues d'une autre usine Sodimatex fermée en 2006. La direction leur en propose 15 000 euros.
C'est dans ces conditions particulièrement tendues que se tenait hier, en mairie de Crépy-en-Valois, une table-ronde réunissant le préfet, la direction du site et des représentants du comité d'entreprise.
Hier, dans un communiqué, le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a condamné « l'attitude inacceptable d'une minorité » de salariés et appelé l'ensemble des parties à une réunion de conciliation mardi prochain. Une réunion de la dernière chance.
Caroline GARNIER




Réagissez