Publié le mercredi 25 janvier 2012 à 11H22 - Vu 375 fois
La vaccination des (jeunes) enfants est la plus indiquée pour la prévention des maladies qui les touchent en priorité.
Christian-Philippe Paris
Coqueluche, tuberculose, rougeole, et même gale : on les croyait disparues mais non, elles reviennent parce qu’on a baissé la garde.
Le progrès aidant, on se croit à l’abri de certaines maladies que l’on croit disparues, au point que les médias n’en parlent que lorsqu’un cas se présente. Pourtant, certaines de ces affections humaines réapparaissent, au point parfois d’inquiéter les responsables de la santé publique. C’est le cas par exemple de la tuberculose, de la rougeole, de la coqueluche et même de la gale. Rapide survol.
LA TUBERCULOSE
Qu’on soit un personnage historique comme Frédéric Chopin, ou de roman comme Marguerite Gautier («La Dame aux camélias» d’Alexandre Dumas fils), on peut avoir été frappé par la tuberculose, le fléau du XIXe siècle à l’égal du cancer pour notre époque. Dans la première partie du XXe siècle, nombreux encore étaient ceux qui passaient une partie de leur vie au sanatorium.
Dans les années 1920, la principale bactérie à l’origine de la maladie, le bacille de Koch, a été combattue par le vaccin mis au point par MM.Calmette et Guérin, plus connu sous le vocable de «BCG». En 1950, ce vaccin a été rendu obligatoire, tout comme la déclaration l’a été quelques années plus tard. En 2007, cependant, le ministre de la Santé, Mme Bachelot a suspendu cette obligation, privilégiant le ciblage de certaines populations à risque.
Cette maladie essentiellement pulmonaire peut aussi s’attaquer à d’autres éléments du corps humain dont les os. La tuberculose a été déclarée «urgence mondiale» par l’OMS en 1993, car elle frappe les pays pauvres ou les personnes en grande précarité – on l’a surnommée «maladie sociale». Dans les pays développés, elle touche surtout les toxicomanes qui se «piquent» ou les porteurs du VIH (sida). On détecte 10 millions de nouveaux cas par an.
Le vaccin étant plus efficace chez l’enfant que chez l’adulte, la prévention précoce est indiquée. Le vaccin protège surtout contre le risque mortel de la maladie. Le traitement par antibiotiques est long et contraignant, mais 9 patients sur 10 en guérissent.
LA GALE
Surnommée le «Mal de Sainte-Marie», la gale est une maladie «honteuse» parce qu’elle sous-entend un manque d’hygiène. C’est plus sûrement une maladie très contagieuse que l’on doit à de microscopiques femelles d’acariens. Ces dames creusent des cavernes dans la peau d’un être humain, dans lesquelles elles vont déposer leurs œufs. En éclosant, les «bébés» se répandent en provoquent des démangeaisons intenses tout en propageant la gale.
La gale peut être traitée en 48 h à base de Benzoate de benzyle, à condition de soigner toute la famille et de désinfecter entièrement la maison (linge et draps lavés à plus de 60°). Sinon, on court le risque de la sur-infestation.
Cette maladie sans gravité, mais désagréable se transmet par contact direct, notamment les rapports sexuels – eh oui ! - ou indirect via le linge ou les peaux mortes.
La COQUELUCHE
Parce que les quintes de toux intenses qu’elle provoque rappelle le chant du coq, cette infection respiratoire hautement contagieuse a été baptisée «coqueluche». Au-delà de l’anecdote, c’est une maladie grave, surtout chez le nourrisson, qui nécessite encore 700 hospitalisations en France et entraîne le décès d’une dizaine de personnes par an.
La coqueluche est aussi une maladie éprouvante et fatigante parce qu’elle peut durer jusqu’à trois mois. Si elle se fait rare, elle touche de plus en plus de jeunes adultes qui peuvent contaminer de jeunes enfants et notamment des nourrissons avant leur vaccination.
L’antibiotique est le meilleur remède, mais le vaccin est recommandé en terme de prévention. Il consiste en trois injections, puis des rappels à l’adolescence et au stade adulte.
Ce vaccin est généralement combiné avec ceux contre la diphtérie, le tétanos et la polio.
LA ROUGEOLE
Provoquée par un virus similaire à celui des oreillons, la rougeole est bien connue par son côté spectaculaire et ses éruptions cutanées qui touchent surtout les enfants. Hautement contagieuse par contact direct ou par la toux, cette maladie revient parce qu’on ne protège pas suffisamment les enfants par un vaccin. L’épidémie se développe surtout en hiver et au printemps. Un déficit en vitamine A (qu’on trouve dans les aliments d’origine animale et surtout le foie) est un facteur de risque.
Après une incubation «silencieuse» (sans symptôme apparent), le virus se propage en déclenchant une forte fièvre et les mêmes signes que la grippe (toux, yeux larmoyants et rouges, nez coulant). Puis vient l’éruption, en partant de la tête pour s’étendre à la totalité du corps. Enfin, la desquamation (changement de peau) doublée d’une grande fatigue qui nécessite une dizaine de jours de convalescence.
Il n’existe pas de traitement spécifique contre la rougeole : on lutte surtout contre la fièvre et la toux. Mais le vaccin préventif (une injection avec rappel) est recommandé, surtout chez les très jeunes enfants placés très tôt en collectivité.
Enfin, la rougeole peut se confondre avec la rubéole, la roséole ou la scarlatine, voire la mononucléose infectieuse.
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