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Le marché chinois les fait pétiller

Publié le mardi 13 avril 2010 à 11H33 - Vu 152 fois


Au stand de la Champagne-Ardenne, l'importateur Thierry Meunier s'improvise en promoteur du marc de la distillerie Goyard.

Au stand de la Champagne-Ardenne, l'importateur Thierry Meunier s'improvise en promoteur du marc de la distillerie Goyard.


Export. Des Champenois au salon des boissons alcoolisées de Chengdu


Le monsieur regarde sa flûte comme un oiseau rare. Drôle de verre, drôle de vin. Le buveur trempe les lèvres, écarquille les yeux. Avant d'afficher un large sourire. Le champagne a fait une nouvelle conquête.
La scène se passe au salon des boissons alcoolisées de Chengdu, la capitale du Sichuan, au centre de la Chine. Un must du genre. En quatre jours, un million de visiteurs, 4 000 exposants et des alcools à la pelle. De tout type, de tous horizons. Alcools de riz ou de sorgho, liqueurs, bières, mousseux, vins blancs et rouges… Chinois le plus souvent. Etrangers et Français parfois.
La Région Languedoc-Roussillon, par exemple, a son propre stand. En 2007, elle a ouvert sa « Maison » à Shanghai. Bilan : la Chine a importé en 2009 près de 200 containers de vins du Languedoc. En gros, 2,5 millions de bouteilles !
Du 16 au 22 mars, la Champagne-Ardenne s'est contentée d'une participation modeste et entièrement autofinancée. Avec les biscuits roses Fossier et les marcs de Goyard (Aÿ), deux « petites » maisons ont fait le déplacement : les millésimés aubois de Louise-Brison (Noé-le-Mallet) et les brut de Dantan-Oudit, sur la Côte des blancs (Bassuet). Delphine Brulez pour les premiers, Isabelle Dantan pour les seconds, sont venues avec des ambitions mesurées. Louise-Brison (50 000 bouteilles dont la moitié vendue à l'export) a déjà son importateur exclusif, Zhen Yu, 29 ans, un ancien de l'école de commerce de Toulouse qui vient de lui acheter, rubis sur l'ongle, 300 bouteilles. En attendant mieux…


300 millions de consommateurs potentiels
Dantan-Oudit (24 000 bouteilles) n'a pas encore d'importateur mais Isabelle a rencontré Thierry Meunier, un Français installé à Shanghai et Pékin, qui pourrait le devenir. Les biscuits Fossier sont aussi dans son carnet d'adresses.
Thierry connaît le marché chinois comme sa poche. Il sait que le champagne ne constitue encore qu'une part infime (581 000 bouteilles en 2009) des vins français exportés en Chine. Mais l'intérêt croissant des Chinois aisés pour le vin et l'immensité d'un marché potentiel de 300 millions de consommateurs annoncent des lendemains prometteurs. Le groupe Castel l'a déjà compris. Leader de la vente de bordeaux en Asie, Castel attaque le marché chinois bille en tête. Il a créé de toutes pièces le vin Baron de Lestac (anagramme de Castel) et s'est associé au Chinois Changyu pour construire un château d'opérette au beau milieu des vignes du Shandang, la première région vinicole de Chine, au nord-est du pays. Le champagne n'en est pas là. Mais le vin des rois peut compter sur la réputation des crus français, les plus importés et appréciés, pour creuser son sillon. À condition de le vouloir.

Gilles Grandpierre

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