Publié le mardi 06 avril 2010 à 08H44 - Vu 455 fois
Les inscriptions sur internet ne peuvent se faire désormais que pour les auto-entrepreneurs dépendant de la CCI. Les artisans, eux, doivent passer par la chambre de métiers.
Encore très nouveau, le statut qui simplifie à l'extrême les démarches pour créer son entreprise est un succès. Mais il a déjà été adapté pour éviter les abus.
AU départ, on peut penser que c'est une réussite totale : le statut d'auto-entrepreneur, mis en place en janvier 2009, a eu une audience remarquable. « C'était le mode le plus simple pour créer son entreprise : pas de coût d'inscription, la déclaration se fait par internet. Cela a été un choc psychologique entraînant ceux qui hésitaient à se lancer », explique Marc Feghoul, de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Marne.
« Tout est parti de la volonté du président de la République de permettre à ceux qui le voulaient de travailler plus pour gagner plus. L'auto-entreprenariat s'adressait donc d'abord aux étudiants, salariés et retraités. » Une sorte de salaire d'appoint. Mais fort logiquement, les chômeurs ont vu là une bonne opportunité, des salariés ont laissé leur job pour foncer vers ce statut.
« En fait, tout est simplifié, et notamment pour la déclaration au fisc. C'est le « je paye quand je gagne », et ils ne sont pas obligés de faire le stage de formation à la gestion. » Alors, c'est le boom : 300.000 se lancent en 2009 en France, 300 dans la Marne. « Pour comparer, il y a eu, au niveau des artisans, 597 inscriptions à la chambre de métiers la même année », explique Sébastien Lanz, chargé de développement économique à la chambre.
Ne pas idéaliser
Alors, bienvenue aux nouveaux coiffeurs à domicile, maçon, électricien, plombier, mais aussi tous ceux qui travaillent dans l'aide à la personne, secteur très prisé de l'auto-entreprenariat. Bienvenue aussi les premières difficultés. « C'est un entrepreneur comme les autres vis-à-vis de la loi. Et ça, peu le savent au départ. Beaucoup poussent les gens à devenir auto-entrepreneur, mais il ne faut pas idéaliser. » Et Marc Feghoul continue : « Il y a surtout des gens fragiles, ça me fait peur. C'est un peu : on l'a balancé dans la fosse aux lions, et il n'a plus d'aides au bout de quelques mois ».
Pourquoi tant de pessimisme ? « En fait, on le voit dans les chiffres, il y avait un réel besoin. Mais pour ce qui est de l'artisanat, on ne s'improvise pas électricien, maçon ou plombier parce qu'on aime bien bricoler. Vous imaginez la responsabilité s'il y a un accident ? » Sans compter « que beaucoup ne mesurent pas le prix de l'heure, ne font pas de projection à l'année, et ils n'ont plus rien à l'arrivée. N'oublions pas non plus qu'ils ont un statut d'indépendant, donc qu'ils n'ont plus droit aux aides sociales ».
Faire face aux abus
Bon, passée la douche froide, revenons à un système qui plaît, qui est tout neuf, et qui doit donc s'adapter. « Depuis le 1er avril, l'inscription à la chambre de métiers est obligatoire pour les artisans. Cela nous permet de vérifier le niveau de compétence de la personne, qu'elle soit diplômée ou expérimentée », explique Sébastien Lanz. Cette procédure, en revanche, n'a toujours pas de coût.
Pour ces activités réglementées, il fallait faire face aux abus. « Nous avons une réunion d'information, en commun avec la CCI tous les quinze jours pour les auto-entrepreneurs, pour les mettre en garde, les conseiller, mais aussi mesurer avec eux l'impact sur les Assedic, la Caf, etc. » Une soixantaine de personnes sont présentes, signe que l'engouement se poursuit pour ce statut.
Et comme en témoignent les deux auto-entrepreneuses Aurore et Hélène (lire par ailleurs), ce statut est souvent provisoire. « De toute façon, le maximum dans ce statut c'est trois ans. Après, il faut rebasculer dans le système des entreprises individuelles. Si ça ne marche pas avant, on peut se radier par internet, comme on s'est inscrit », conclut Sébastien Lanz.
Guillaume FLATET
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