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La cohabitation est parfois difficile entre vignerons bio et conventionnels

Publié le lundi 26 juillet 2010 à 08H38 - Vu 216 fois


Bruno Michel (à gauche), face à une parcelle voisine de la sienne. Des balises pour hélicoptère sont toujours présentes, bien que théoriquement inutiles dans ce cas.  Un geste que le vigneron considère comme de la provocation.

Bruno Michel (à gauche), face à une parcelle voisine de la sienne. Des balises pour hélicoptère sont toujours présentes, bien que théoriquement inutiles dans ce cas. Un geste que le vigneron considère comme de la provocation.


ÉPERNAY (Marne). Entre les producteurs bio et leurs voisins de parcelle, l'entente n'est pas toujours cordiale. La marmite serait-elle sur le point d'exploser ?

CELA n'aura échappé à personne, le bio a le vent en poupe. Au-delà d'une tendance qui s'est installée, le label fait vendre, et même très bien. Le 22 avril, lors de l'assemblée générale du SGV, le président de l'Association interprofessionnelle des vins de l'agriculture biologique de Champagne (AIVABC), Bertrand Gautherot, s'était même félicité d'une croissance à deux chiffres dans le secteur.
Sur le terrain pourtant, la situation est loin d'être aussi idyllique pour les producteurs champenois qui ont fait le pari de méthodes alternatives. La cohabitation entre vignerons bio et conventionnels prend même dans certains cas des allures de conflit de voisinage. Jusqu'à présent, seuls les producteurs bio en assument les conséquences, ou tentent de prévenir le problème.
Mais pour combien de temps encore ? « C'est une véritable poudrière », analyse même Bruno Michel, producteur bio qui exploite 13 ha de vignes dans le secteur de Pierry.
« Le problème se révèle avec la production biologique, mais en réalité, il existe dans tout le vignoble », poursuit-il. Au cœur de ces conflits : les bordures de parcelles. Lorsque les voisins produisent en conventionnel, elles peuvent faire l'objet d'un double traitement qui ferait tourner la tête aux analyses. Quand l'un des deux est un producteur bio en revanche, le résultat vire au cauchemar. « Dans ce cas, ils peuvent tout simplement être déclassés, et ils n'ont aucun moyen d'être indemnisés », précise Guillaume Delaunay, coordinateur de la Fédération régionale de l'agriculture biologique. Adieu alors la certification, et avec elle, les investissements qui ont dû être réalisés pour l'obtenir.
Des irréductibles
À l'instar de Bruno Michel, certains d'entre eux ont donc décidé de déclasser les bordures qu'ils jugent « à risques » en prévention. Soit environ 10 % de la production dans son cas. D'autres, comme Pascal Leclerc-Briant, qui exploite 30 ha en bio et biodynamie, propose carrément à ses voisins de traiter leurs bordures. « Si c'est la seule solution, ce n'est pas gênant, estime-t-il. Mais il y a toujours des irréductibles, qui refusent par principe. »
Prévenir le risque reste encore la méthode la plus sûre pour les bio. La seule en fait. Car lorsque le mal est fait, encore faut-il prouver qui est l'auteur du traitement, et que celui-ci le reconnaisse. « Il y a un cas à Ambonnay par exemple, poursuit Guillaume Delaunay. Mais les assurances discutent entre elles, et ça n'avance pas. »
Seuls une quinzaine de cas de conflit ou de déclassement ont été signalés ces trois dernières années. Ce qui est peu, et beaucoup à la fois lorsqu'on le rapporte au nombre d'exploitations bio en Champagne (41 certifiées AB fin 2009). Les bio n'ont certes pas la force du nombre, même si la courbe ne cesse de grimper.
Ils ont en revanche celle de l'image. « Il ne serait pas difficile de taper sur le champagne avec quelques chiffres et analyses, rappelle Bruno Michel. Il y a tellement de vignobles qui jalousent la Champagne, ils en seraient très heureux… Alors, je crois qu'il est temps que le SGV et le CIVC fassent leur travail. » Au moins celui de la pacification.

Julienne GUIHARD-AUGENDRE

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lecteurdelunion

Marne

27/07/2010 à 22h50

Monsieur Michel, vos menaces sont intolérables et votre sectarisme est indigne des valeurs que vous défendez, tout comme votre amis le président Gautherot. Vous avez choisi de vous démarquer de vos collègues champenois, assez récemment d'ailleur, et vous le faites certainement très bien. Pour quelle raison d'ailleur ? à vous lire, uniquement pour la plus-value du logo AB. Il y a dix ans, alors que vous n'étiez pas en bio et que vous utilisiez des phytos chimiques, vos voisins ne vous dérangeaint pas. Vos voisins d'aujourd'hui sont sensiblement les même qu'avant. Ils n'ont rien demandé à personne alors respectez-les et assumez votre différence "voulue". Ces contraintes font partie du choix de conversion en bio et heureusement, la grande majorité des convertis est plus moderée que vous.

chambouvart

triangle Reims/Chalons/Epernay

27/07/2010 à 08h56

Sanc compter non plus sur les copains qui "dépannent" parceque la récolte est trop faible

french_redneck

26/07/2010 à 12h23

Sans compter les "gadoues", qui depuis longtemps contenais des piles ou plastique, qui sont venuent enrichir le terrain, et dont les métaux lourds sont toujours là

MANSA

ici, là ou ailleurs

26/07/2010 à 10h53

Le bio, sur des vignes qui sont les mêmes que celles qui ont eu des traitements des années durant... Un peu comme si on décidait, après avoir planté du blé, du maïs ou du soja, de l'avoir gavé de pesticide et d'engrais au moment de la plantation, d'arrêter ces traitement au moment de sa pousse, et de la déclarer bio au final... Le vrai bio ne peut se faire que sur des parcelles nouvellement plantées, autant dire zéro pour du champagne.

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