Publié le dimanche 12 août 2012 à 11H00 - Vu 134 fois
Jules Courtehoux défendait « ses » cultivateurs.
Le personnel politique des Ardennes a compté quelques personnalités influentes au niveau national, parmi lesquelles Jules Courtehoux, issu d'une vieille famille ardennaise.
NÉ au Chesne le 18 mars 1879, Jules Courtehoux, fils d'un adjoint au maire de la commune, sera mobilisé le 3 août 1914 et sert dans les 46e, 248e et 72e régiments territoriaux d'Infanterie jusqu'au 22 août 1917. Il est alors versé au 321e régiment d'Infanterie d'active où il combat jusqu'à l'armistice.
Comptable, puis instructeur, chef de section, officier-adjoint, il termine la guerre avec le grade de capitaine. Blessé par des éclats d'obus et gazé, il est cité à plusieurs reprises à l'ordre de l'armée.
Ses faits d'armes lui valent l'attribution de la Croix de guerre et la Légion d'honneur qui lui est décernée le 22 août 1918. Rendu à la vie civile, il s'illustrera dans d'autres fonctions.
De retour dans sa commune de Tannay, Jules Courtehoux aménage son exploitation avec méthode et s'intéresse autant à l'élevage qu'à l'agriculture. Maire depuis 1912, conseiller d'arrondissement de 1920 à 1928, il est élu député en 1924 sur la liste du Cartel des gauches. Il est réélu en 1928 dans la circonscription de Vouziers-Sedan.
Président de la Chambre d'agriculture des Ardennes, il défend le monde agricole et s'intéresse à l'enseignement de cette profession. Les archives de l'Assemblée nationale comptent pas moins de 67 interventions importantes, dépôt de projets de lois, rapports, sans retenir les démarches diverses. Si l'agriculture vient en tête de ses préoccupations, la vannerie n'est pas oubliée, pas plus que les anciens combattants et les gazés, la protection des Ardennais et les dommages de guerre.
Cette longévité politique doit sans doute beaucoup au dévouement manifesté par ce député de la IIIe République.
Assidu, travailleur et modeste
Son ancien collègue, Gabriel Delattre, à l'occasion de son décès, lui rendait ainsi hommage dans L'Ardennais des 8 et 9 juin 1957, décrivant un parlementaire assidu, travailleur et modeste : « Il m'est arrivé souvent de le rencontrer dans les couloirs, alors qu'il sortait de sa commission et je lui demandais : Alors vous avez bien travaillé ? Que de fois il m'a répondu : J'ai fait adopter un amendement au projet du Gouvernement. MES cultivateurs seront contents. Et ils étaient contents, SES cultivateurs, mais pas plus que lui ! » «
Ce travail acharné justifie sans doute la facilité avec laquelle Jules Courtehoux, homme politique d'équilibre, est réélu en 1932 et en 1936. Son seul échec, lors de l'élection sénatoriale de 1938 à la succession de Lucien Hubert, s'explique, sans doute, par la coalition des « forces modérées et réactionnaires » permise par le suffrage restreint.
Réfugié dans les Deux-Sèvres pendant le conflit, Jules Courtehoux retrouva son village dévasté à la Libération et s'appliqua à sa reconstruction.
C'est toujours en qualité de maire de Tannay qu'il se dépensa, fonction qu'il exerça jusqu'à sa mort, le 4 juin 1957.
Le 7 juin, lors de ses obsèques, une foule « énorme » vint lui rendre un dernier hommage.
Texte tiré d'une étude de Gilles Déroche. L'historien Gérald Dardart va publier une étude de plus de 400 pages sur ce personnage qui a marqué notre histoire ardennaise.
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contreuve1911
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Jules Courtehoux est aussi l'arrière-grand-père du député Jean-Luc Warsmann.