Publié le jeudi 18 mars 2010 à 09H58 - Vu 405 fois
Hier matin, il n'est pas encore 6 heures lorsque les policiers prennent position en grand nombre au pied d'un groupe d'immeubles du quartier Bernon à Epernay. L'effet de surprise est total. Car seuls quelques agents d'entretien et de rares résidents, occupés à promener leur chien, bravent alors la fraîcheur matinale qui enveloppe la Zup.
Des policiers de la CRS bouclent l'accès aux cages d'escalier par petits groupes de quatre ou cinq pendant que leurs collègues, eux aussi harnachés façon tortues Ninja, épaulent les enquêteurs du SRPJ de Reims. C'est maintenant l'heure légale et les portes d'appartement cèdent les unes à la suite des autres. Qui aux 1 et 5 square Léo-Delibes. Qui au 6 square Lully, par exemple.
Des suspects de 15 à 30 ans
Les policiers procèdent à huit interpellations sur la douzaine de suspects qu'ils ont pris grand soin de cibler au fil de minutieuses investigations. Car cela fait maintenant neuf jours qu'ils travaillent sans relâche pour résoudre la tentative d'homicide volontaire dont a été victime le brigadier-chef Michel Husson, terrassé par le jet d'un fragment de béton, le 8 mars dernier (nos précédentes éditions).
L'opération coup de poing se prolonge jusqu'aux environs de 7 heures. Placés en garde à vue, les suspects, âgés de 15 à 30 ans, sont rapidement et discrètement exfiltrés du quartier qui restera sous haute surveillance policière jusqu'à 11 h 15. Autant dire qu'ils sont déjà loin lorsque les premiers forains déballent leur marchandise sur la place Fada-N'Gourma pour le traditionnel marché du mercredi.
L'auteur principal reste en fuite
Le succès de cette série d'interpellation est en demi-teinte. Si elle s'est déroulée sans heurts et de manière parfaitement ciblée, il semble que trois ou quatre personnes ne se trouvaient pas là où les enquêteurs les attendaient. Surtout, il apparaît que le mineur identifié pour avoir jeté le fragment de béton à la tête du brigadier-chef Husson n'a pas été débusqué hier matin. Tout comme Mouamadou Danfakha, alias Saï le rappeur, qui, de façon certaine, est toujours dans la nature.
En tout cas, les policiers du SRPJ de Reims disposent maintenant de quarante-huit heures pour faire parler les suspects, cinq majeurs et trois mineurs. L'objectif est évidemment de déterminer qui a participé de façon active à l'échauffourée et selon quel degré d'implication. Mais aussi de recueillir des informations susceptibles de conforter les charges qui pèsent sur l'auteur du jet de caillou qui a atteint Michel Husson. Pour l'heure, les huit gardés à vue sont soupçonnés de « violences urbaines ». Une charge assez vague qui recouvre le « caillassage » d'une patrouille de police auquel un groupe de jeunes s'est livré le 8 mars pour faire échouer l'arrestation de Saï, 24 ans et leader du groupe GSK, avec la conséquence dramatique que l'on connaît.
Eric LAINÉ
elaine@journal-lunion.fr
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