Publié le mercredi 19 mai 2010 à 10H41 - Vu 110 fois
La Ville va désormais gérer l'entretien du stade dont elle est propriétaire, au lieu de verser une compensation au club.
SEDAN (Ardennes). Le débat au sujet du reversement de la participation de la Ville à la construction jamais réalisée de la billetterie extérieure a donné lieu à un match serré !
LE CSSA a donné lieu lundi soir au plus gros débat du conseil municipal. Un match verbal à l'image des relations entre la ville : compliqué, passionné, et parfois un peu houleux ! En cause, le reversement au club des 263 000€ votés et budgétisés en 2000 pour la construction de la billetterie extérieure exigée par la Ligue de football et… qui n'a jamais vu le jour (lire par ailleurs). Régine Henry (PC) : « Je n'ai rien contre le club mais les gens vont se poser des questions. Cette somme n'est pas prioritaire et je propose de donner ces 263 000€ aux transports scolaires ».
Rachel Louis (Maj), approuvée par Mireille Rambourg (Maj), s'est dite « gênée de donner une subvention à un club professionnel » au moment où la ville décide de ne pas augmenter l'aide aux associations sportives. Enfin Bertrand Bonhomme (Opp) a suggéré que le vote soit reporté « en attendant que le CSSA ait réglé ses dettes vis-à-vis de la Ville. »
Pour le maire « pas question que cette somme soit transférée au conseil général. Cet argent était fléché vers le CSSA depuis dix ans. »
Le club condamné
Ensuite, « Sedan est la seule ville qui ne subventionne pas son club de football et la seule qui voit venir à elle la taxe sur les spectacles (NDLR : plus d'1 M€ depuis 1999) dont les deux tiers alimentent le Centre communal d'action sociale en accord avec le président Urano. Mais je ne reviendrai pas vers vous pour vous demander de voter une subvention, car nous ne le pourrions pas. Il s'agit de régulariser, sachant aussi que la Ville n'a pas eu à financer le club house puisqu'il a été aménagé à l'intérieur. »
Et d'annoncer enfin, au sujet des fameuses dettes, que la Ville vient d'émettre un mandat de 194 000€ suite à la condamnation fin 2009 du CSSA pour le non règlement de deux titres de 2004. À Sophie Lintingre (Opp) qui a rappelé que le stade avait coûté cher aux Sedanais et que l'on ne peut y donner de concert, le maire a répondu d'une part que l'emprunt de 15 M€ avait été pratiquement couvert par le fond de compensation de la TVA, d'autre part que la configuration du complexe sportif en lieu de spectacle en aurait démultiplié le coût total.
« Aujourd'hui on remet tout à plat, en clarifiant aussi la question de l'entretien dont la Ville va dorénavant s'occuper à 100 % ce qui est normal puisqu'il s'agit d'un bâtiment public ». Bertrand Bonhomme, peu convaincu, a qualifié de « fantasme » les répercussions économiques du football sur la ville. La majorité a saisi la balle au bond pour citer les 200 emplois créés à chaque match, les réservations de chambres d'hôtels et enfin l'impact positif en terme d'image et de notoriété.
Et jeu de tête final de Didier Herbillon avant de siffler les arrêts de jeu : « Depuis que Guingamp est redescendu, Sedan est la plus petite ville à avoir un club en L2-L1, et la seule à toucher la taxe sur les spectacles. Nous ne pourrons jamais subventionner le CSSA, mais nous voulons montrer notre soutien à ce club qui fait tant de bien à notre ville. »
Résultat du match : but de la majorité, avec sept cartons jaunes de l'opposition et un penalty de Régine Henry.
Dominique BERTHÉAS
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