Publié le mercredi 07 juillet 2010 à 08H33 - Vu 88 fois
Mariah (à gauche), est originaire de l'Arizona et Aude de Toulouse.
BOULT-AUX-BOIS (Ardennes). Avignon, Pau, Bordeaux, Saint-Etienne, le Pays basque et même l'Arizona ! Au 2C2A-Cerfe, unique en France, on reçoit des éléments de tous horizons.
MARIAH Foose, 23 ans, n'imaginait peut-être pas il y a quelques mois décortiquer des crottes de chat dans le fin fond des Ardennes.
Bien sûr, la première partie ne lui est pas inconnue : elle étudie en école vétérinaire dans le Massachusetts depuis deux ans et s'intéresse justement en ce moment à la toxoplasmose et donc au comportement des chats impliqués dans la transmission de ce parasite.
« Il y a une assez haute séropositivité en France rurale » explique-t-elle avec un délicieux accent. Pas de panique : la séropositivité d'un chat est plutôt une bonne nouvelle, puisqu'elle l'immunise.
Mais revenons à Mariah, qui a demandé il y a peu un stage à la société de parasitologie française.
Caméra en main
L'interlocutrice de Mariah, Emmanuelle Gilot-Fromont, est basée à Lyon, mais connaît bien Boult, où sont recueillies de nombreuses données étudiées dans la région Rhône-Alpes (lire par ailleurs).
« Si j'étais restée à Lyon, je n'aurais fait que du traitement de données en vue de publier un article dans une revue scientifique internationale, explique Mariah. Ici, je participe en plus à la collecte des données et leur analyse au laboratoire. C'est beaucoup mieux».
Avec Aude Schuster, 22 ans, sa colocataire et collègue stagiaire, elle a découvert Belleville où elle habite, le marché de la Cassine, le Lac de Bairon ou le Parc Argonne Découverte. Venues pour huit semaines, se doutent-elles que le soleil n'est pas aussi visible toute l'année ?
Certains habitants de Boult les auront aperçues caméra en main, le long de la rue principale : des gendarmes en civil ? Pas du tout : il s'agissait de filmer des chats, notamment pendant leurs séquences de chasse.
400 candidats en dix ans
Aude est quant à elle en école vétérinaire à Toulouse. Pas la porte à côté non plus !
Mais le duo n'est pas avare de compliments sur la région. « J'adore les Ardennes, c'est vraiment beau, très agréable… » répète Mariah, qui travaillera peut-être plus tard en France.
Marie-Lazarine Poulle, responsable recherche et exploitation au 2C2A-Cerfe, liste les provenances des scientifiques de Boult : « Rémi Helder (responsable Recherche et Développement) est né à Vouziers, mais je suis Provençale d'origine, les chargées de mission viennent de Pau, d'Avignon, nous avons un doctorant de Reims, d'autres du Bordelais, du Nord, de Saint-Etienne, de la région lyonnaise, d'Angers… Quelqu'un arrive du Pays Basque et nous avons la candidature d'un Portugais. On ne cherche jamais les gens mais ils nous trouvent ! »
Pour preuve, le centre de Boult, qui n'a pas d'équivalent en France (« Sinon, il fallait aller en Afrique ! » explique Aude), créé il y a dix ans, a reçu plus de 400 candidatures. Un joli score, non ?
Jacques BERTHION
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