Publié le dimanche 29 mai 2011 à 11H00 - Vu 111 fois
Gérald Dardart va concacrer 700 pages à Jules Courtehoux, homme politique important des années 1930, ainsi que présenter une monographie sur Tannay et ses alentours, sur commande de "Amis de l'histoire de Tannay" .
L'historien Gérald Dardart est en train de préparer deux ouvrages concernant le Vouzinois. L'un consacré à Jules Courtehoux, l'autre au village de Taine.
Gérald Dardart pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?
« Après un bac B au lycée Pierre-Bayle à Sedan et une classe préparatoire en lettres supérieures au lycée Henri IV à Paris, j'ai intégré l'université de Paris-IV (1991 à 1999). Vivre dans une telle communauté historienne et confronter ses réflexions avec d'autres chercheurs en histoire est très enrichissant. Avant d'être docteur en Sorbonne, j'ai étudié plusieurs années l'histoire urbaine. Ma thèse a porté sur « L'évolution d'un paysage urbain à Sedan entre 1700 et 1878 ». Puis, j'ai préparé des mémoires sur la bataille de Rocroi en 1643, les Draperies sedanaises, le pouvoir municipal à Sedan au XVIIIe siècle ou l'architecture du vieux Sedan ».
Vous aviez déjà travaillé préalablement sur le Vouzinois…
« Dès 1991, je suis intervenu aux Tourelles pour y présenter une exposition sur les vieux journaux ardennais et animer des conférences sur Pierre Vienot, Jean-Baptiste Clément et Arthur Rimbaud.
Sollicité par "Ardennes 1940", j'ai aussi été amené à évoquer les combats du Chesne, de Stonne, du Mont-Dieu. Avant de commettre des articles sur l'épidémie de choléra de 1849 et 1854 à Boult-aux-Bois, Voncq et Chestres. J'affectionne particulièrement ce territoire. Il abrite d'ailleurs un des sites les plus emblématiques et énigmatiques : l'église romane de Malmy ».
Maire de Tannay pendant 45 ans
Pourquoi deux livres sur Jules Courtehoux et Tannay ?
« En réponse à une commande des "Amis de l'histoire de Tannay" dont l'association s'est mutée en maison d'édition ».
Le premier sera une biographie.
« 700 pages consacrées à un homme politique important des années 1930*. A la fois républicain, laïc et radical socialiste qui, à son époque, a combattu la tendance extrême droitière de la paysannerie en s'opposant aux "chemises vertes" d'Henri Dorgères.
Grand défenseur de la République, mais respectueux des confessions de chacun, Jules Courtehoux, agriculteur à la base, sera à un moment de sa vie propulsé dans la Grande Guerre. Du fond des tranchées, ce poilu profitera de ces déplacements sur le front pour faire des constats qu'il résumera dans des petits carnets de guerre que m'a confiés sa famille. Des notes bien écrites, très rigoureuses et qui montrent que, dans ce creuset, l'homme est en train de mûrir une réflexion politique qui se révélera dans les années 1920. Au moment des élections au Cartel des gauches, en 1924, il sera élu député et réélu jusqu'en 1940 puis maire de Tannay de 1912 à son décès en 1957**.
C'est un des théoriciens de la modernisation de l'agriculture française. Il fut aussi grand ami d'un autre illustre Chesnois, Lucien Hubert, vice-président du Sénat et garde des Sceaux. Sa sculpture se dresse à proximité de la préfecture ».
Et concernant la monographie sur Tannay.
« L'association était aussi désireuse d'une monographie sur Tannay et de ses alentours. Ce qui est formidable dans l'histoire de ce village, c'est que ce site occupé dès l'antiquité gallo-romaine et implanté au XIe siècle à proximité de la voie romaine Reims-Trêves est tout de suite particulièrement prospère. On voit alors naître au Moyen Âge une des principales abbayes : la Chartreuse du Mont-Dieu. Ce qui débouchera sur une relation très conflictuelle et constante entre les Chartreux et les Tannaysiens. Une problématique qui a perduré jusqu'au XXe siècle. Au fil du temps, on a aussi vu apparaître sur cette roue antique des villages neufs comme Le Chesne, Sauville et Artaise-le-Vivier qui ont vu le jour au Moyen Âge grâce à l'apport financier de l'Abbaye Saint-Rémi de Reims ».
Pascal REMY
* Il était l'arrière-grand-père de l'actuel député de la circonscription : Jean-Luc Warsmann ** Le 10 juillet 1940, Jules Courtehoux a voté en faveur de la remise des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain.
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