Publié le mercredi 22 février 2012 à 08H46 - Vu 439 fois
Selon BVA, le candidat Sarkozy a loupé son entrée en campagne à Marseille. Un meeting pour rien, voire même un meeting qui aurait annulé l'effet positif de son annonce de candidature sur TF1…
LA campagne présidentielle est enfin véritablement lancée, depuis que Nicolas Sarkozy est entré en lice, à son tour, huit mois après les Socialistes…
BVA, qui mesure tous les faits et événements susceptibles d'être signifiants en matière de variations de l'opinion, s'est enquis de l'impact du meeting UMP de Marseille, fidèle à sa méthode d'échantillonnage, les 20 et 21 février derniers.
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Pour ne rien vous cacher
Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français recrutés par téléphone et interrogés par internet les 20 et 21 février 2012. Échantillon de 1 045 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession du chef de famille et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Comme pour toute enquête quantitative, cette étude présente des résultats soumis aux marges d’erreur inhérentes aux lois statistiques. Exemple de lecture : dans le cas d’un échantillon de 1 000 personnes, pour un pourcentage obtenu par enquête de 20 %, la marge d’erreur est égale à 2,5. Le pourcentage a donc 95 % de chance d’être compris entre 17,5 % et 22,5 %.
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Fait plaisant, selon la première question, dans le carottage effectué, à peine 15 % des personnes interrogées ont vu tout (4 %) ou partie (11 %) du meeting retransmis à la télévision, quand la majorité, 68 %, se contenterait d'avoir « vu, lu ou entendu des commentaires » sur le sujet. Ironie du sort, 17 % des sondés n'avaient « pas du tout entendu parler de ce meeting… »
C'est dire la relativité des considérations issues de ce genre de sondage… et de la valeur que l'on peut accorder à la notion d'opinion, dans son acception vulgaire ; ou même philosophique, car enfin, l'opinion ne vaut que par rapport et pour celui qui l'énonce, fondée qu'elle est sur l'impression et le préjugé, à défaut de l'être sur une connaissance rationnelle et objective.
Il n'est en rien nécessaire d'opiner aux faits d'opinion, mais force est de constater que la mesure des opinions aide à forger une opinion que l'on dit aussi publique que la chose éponyme, la res publica, comme disaient les anciens romains. Or donc, le sondage BVA-Orange-PQR des 20 et 21 février derniers, note que 83 % des sondés ont entendu parler du meeting marseillais de Nicolas Sarkozy qui fait l'objet de l'enquête, quand 88 % avaient eu vent de celui de François Hollande au Bourget, en son temps (le 22 janvier 2012).
La seconde question posée aux 864 sondés ayant « vu, lu ou entendu des commentaires » sur le meeting, est certes plus lourde de sens : il s'agit de savoir si les intéressés ont trouvé « Nicolas Sarkozy tout à fait convaincant, plutôt convaincant, pas vraiment convaincant ou pas convaincant du tout ? »
Paradoxalement le résultat pourrait être perçu comme étant positif, par l'UMP, avec 30 % des sondés qui s'avouent « convaincus », soit le double de ceux qui déclarent avoir suivi peu ou prou le speech du candidat Sarkozy. Un exploit ! Quand bien même 67 % des sondés affirment ne pas avoir été convaincus.
Il va sans dire que la proportion pas franchement convaincue s'élève à 93 % chez les « sondés » de gauche, 75 % chez les sondés du MoDem et 59 % chez ceux du FN… Inversement, ils sont 84 % à se déclarer UMP et convaincus, 12 % ne l'étant pas… quand les amis de François Bayrou adhèrent au discours du président sortant à hauteur de 22 % des sondés, 38 % pour le FN…

Quant à savoir si l'image du candidat en est sortie améliorée ou pas, tel était l'enjeu de la troisième question : « Diriez-vous que ce meeting a plutôt amélioré, dégradé ou n'a pas changé l'image que vous aviez de Nicolas Sarkozy ? » 14 % la trouveraient améliorée, 15 % dégradée, le gros du bataillon - 70 % - demeurant insensible à une manifestation à laquelle il n'a pas assisté.
La quatrième question posée à l'ensemble des sondés portait sur le positionnement du candidat Sarkozy sur le spectre politique droite-gauche : « Trouvez-vous que Nicolas Sarkozy est trop à droite, pas assez à droite ou juste comme il faut, ni trop ni pas assez à droite ? » 55 % des sondés le trouveraient « trop à droite ». 33 % l'estimeraient là où il faut, quand 8 % ne le verraient « pas assez à droite ». La cinquième question tient beaucoup de l'uchronie et donc de la réécriture de l'histoire : « Selon vous, si François Hollande avait été élu président de la République en 2007, aurait-il fait mieux, moins bien ou ni mieux, ni moins bien que n'a fait Nicolas Sarkozy ?»

Le clone de Hollande sur les voies du destin
Tout surréalisme mis à part, ils sont 39 % à estimer que le clone de Hollande sur les voies du destin aurait fait mieux que l'actuel président de la République. 29 % ne se mouillent pas, avec raison sans doute, et produisent un avis de Normand bien balancé avec « Ni mieux, ni moins bien ». Ils sont tout autant à penser que le Hollande parallèle aurait fait « Moins bien ». 3 % des sondés, les plus philosophes vraisemblablement, ne se prononcent pas… et on les comprend.
Enfin, pour en finir avec les qualités des duellistes supposés de cette présidentielle, les sondés ont été interrogés sur les qualités qu'ils prêteraient aux deux hommes.
Hollande serait : le plus proche du peuple à 77 % contre 16 % pour son concurrent ; le plus sympathique 71 %/21 % ; le plus rassembleur 64 %/28 % ; le plus sincère 62 %/27 % ; le plus rassurant 59 %/32 % ; le plus convaincant 53 %/38 %. Sarkozy serait : le plus courageux 46 %/44 % ; le plus dynamique 61 %/30 % ; celui ayant le plus d'autorité 72 %/20 % ; celui protégeant le plus les élites et le système 81 %/12 %.
À quand une version présidentielle du questionnaire de Proust ?
Philippe LE CLAIRE
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