Publié le samedi 11 février 2012 à 12H00 - Vu 554 fois
Six mille sympathisants à Nantes mi-janvier, 4 000 à Besançon quelques jours plus tard, 10 000 personnes recensées par les organisateurs à Villeurbanne cette semaine avant encore des milliers à Montpellier.
Si la capacité du PCF, son partenaire principal, à remplir les salles est connue, des gens nouveaux se pressent aux portes, au point que le FG dit avoir des « problèmes de riches » pour « trouver des salles plus grandes ». Mais avec un budget de campagne serré, il a aussi « des problèmes de pauvres » pour les « payer », affirme-t-on.
« Il y a vraiment une dynamique construite sur du solide », « on gagne des électeurs », se félicite Marie-George Buffet (PCF), soutien de la première heure du candidat commun qui ne cesse de se plaindre de la couverture médiatique dont il fait l'objet.
A quoi est due la réussite actuelle de Jean-Luc Mélenchon ? L'eurodéputé « fait le plein de la gauche non-socialiste qui veut aiguillonner le candidat PS » François Hollande et prend notamment 8 % de l'électorat de Ségolène Royal de 2007, explique Frédéric Dabi (Ifop).
L'ex-sénateur PS qui « joue du registre populiste, avec sa dénonciation des élites », a « l'image d'un leader politique perpétuellement en colère, au style et au discours belliqueux. Il est en phase avec la mauvaise humeur d'une partie de l'électorat », estimait Pascal Perrineau (Cevipof).
« Son bon score est aussi lié à la disparition quasi-totale de l'extrême gauche », « il a complètement occupé cet espace », poursuit M. Dabi, même si on peut imaginer qu'avec la campagne officielle et l'égalité de temps de parole, Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA) « regrapillent » un peu (0-1 % aujourd'hui).
Celui que Daniel Cohn-Bendit (EELV) qualifie d'« homme de la IIIe République qui est pour la VIe République ! », est désormais crédité de 7 à 9 %. Soit le total à lui seul de la gauche radicale en 2007 avec notamment Olivier Besancenot (4,1 %), Mme Buffet (1,9 %) ou Arlette Laguiller (1,3 %). En 2002, la gauche de la gauche avait grimpé jusqu'à presque 14 %, emmenée par la figure historique de LO (5,7 %) et le facteur de Neuilly (4,2 %), dépassant le PCF Robert Hue (3,4 %). Mais « le contexte était différent, la gauche était au pouvoir », relativise M. Dabi.
Aujourd'hui, souligne le sondeur, M. Mélenchon peut « espérer un score inespéré ». Mais sa « progression possible peut être limitée car il y a un vrai mouvement pour sortir le président sortant et c'est François Hollande qui incarne le mieux l'alternance », pense-t-il.
Au FG, plus optimiste que jamais, on juge au contraire que « tous les signes de terrain montrent qu'on est déjà sur un score à deux chiffres », selon Eric Coquerel. « L'enjeu, c'est les indécis, ceux qui s'abstiennent », argue ce conseiller de M. Mélenchon, estimant que sur l'électorat de Marine Le Pen, le FG « ne grapille que marginalement » car c'est « un électorat qui vient de la droite ». Fort de sa dynamique actuelle, le candidat a en tout cas donné rendez-vous à tous ses sympathisants place de la Bastille à Paris le 18 mars pour une démonstration de force.
n Le candidat du Front de gauche attire dans ses salles de meetings des milliers de personnes depuis des semaines. n Sa cote a grimpé jusqu'à 9 % dans les sondages. n Il occupe ainsi à lui tout seul l'espace de la gauche radicale.
Il donne rendez-vous à la Bastille le 18 mars
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