Publié le dimanche 12 février 2012 à 12H00 - Vu 270 fois
François Hollande souhaite « rassembler » face à un chef de l'État qui, d'après lui, « s'en prend aux plus fragiles ». Quant à François Bayrou, il en appelle aux valeurs humanistes après le coup de barre à droite du (futur) candidat Sarkozy.
FRANÇOIS HOLLANDE a affiché hier, à Toulouse puis à Créteil, une image de sérénité en poursuivant sa campagne qui vise à « rassembler les Français », face à l'imminente entrée en lice de Nicolas Sarkozy qui joue « la division » et s'en prend « aux plus fragiles ». À Créteil, lors d'une visite sur le thème du sport, il a attaqué frontalement les propositions de Nicolas Sarkozy sur les chômeurs. « Il n'est jamais utile pour un président sortant qui est en échec de s'en prendre aux plus fragiles », a-t-il déclaré, considérant que « ce n'est pas ceux qui sont les victimes qui doivent aujourd'hui être les responsables ». Hier matin, à Toulouse, le député de Corrèze, invité du Forum Futurapolis organisé par « Le Point », a planché sur « innovation et recherche ». Il a affirmé sa « confiance en la recherche, dans le progrès, dans la science ».
Mais à 71 jours du premier tour, la campagne est là, obsédante. M. Hollande demande quels autres candidats viennent s'exprimer. « François Bayrou », lui répond-on. « C'est tout ? », réplique M. Hollande, suscitant les rires des 900 spectateurs.
« Quelquefois, il ne faut pas répéter, il ne faut pas renouveler… Il faut à un moment le changement », glisse-t-il également, très applaudi par la Halle aux grains, avec le pastiche de son slogan « le changement c'est maintenant ».
Pour lui, « ce qui compte dans une élection, c'est rassembler son camp, la gauche, mais aussi les Français », « même ceux qui ne votent pas pour moi ». « Ma candidature, ce n'est pas une candidature de discorde, de désunion, de division », confie-t-il après son intervention.
M. Sarkozy est candidat « depuis son élection en 2007 » et « en campagne depuis ses vœux », selon Hollande. « Est-ce un président qui est allé à Fessenheim parler de "politicaille", qui s'est adressé à des ouvriers pour parler du programme de ses concurrents ? Il n'y a pas de doute pour les Français, pas de surprise par rapport à l'acte de candidature », dit-il à quelques journalistes.
Interrogé sur la droitisation de M. Sarkozy, M. Hollande juge qu'« il n'a peut-être plus le choix ». Les sondages l'amènent « à d'abord assurer la mobilisation de son camp ». Pour lui, M. Sarkozy « fait une hypothèse : Marine Le Pen n'aura pas les signatures. Et quand bien même les aurait-elle, il désire lui prendre une partie de ses électeurs. C'est sans doute son calcul. »
« Ce n'est pas la peur qui doit guider une candidature, c'est l'espoir. » M. Hollande vise le président qui, dans « Le Figaro magazine », a préconisé des référendums sur les droits des chômeurs et des homosexuels. Ces référendums « annoncés à la veille d'une présidentielle », il les juge « cocasses, étranges, curieux ». Dans cet entretien, M. Sarkozy « n'a rien fait d'autre que de se situer par rapport à mes propositions. Je ne m'offusque pas qu'il vienne sur mon terrain. »
Le centriste François Bayrou, de son côté, entend aussi profiter du virage à droite de Nicolas Sarkozy pour élargir son espace politique. Il a marqué hier sa différence idéologique avec le chef de l'État sur le terrain « des valeurs » en appelant « les humanistes » à le rejoindre dans son combat.
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