Publié le lundi 23 avril 2012 à 10H50 - Vu 73 fois
Il y aurait beaucoup à dire sur la méthode Coué des Juppé et Coppé commentant les résultats du premier tour. A croire qu'on n'avait pas vu les mêmes chiffres ! Je me suis même demandé si je ne m'étais pas trompé. Nicolas Sarkozy devait être en tête du premier tour. A trois ou quatre points d'avance comme il l'avait annoncé. Et puis non. Les chiffres étaient là, têtus comme des chiffres. Et quand bien même les chiffes n'auraient pas été là, la tête de Juppé valait tous les baromètres.
On aurait dit le croquemort dans les albums de Lucky Luke. Celui qui vient prendre les mensurations de la personne encore vivante histoire de préparer le cercueil.
Dans l'œil de Juppé, on entendait la musique funèbre de Chopin. Mais bon, la mauvaise foi, le déni, cela fait partie des figures obligées d'une campagne politique. C'est le gilet de sauvetage de celui qui se sait sur le Titanic.
En revanche, j'ai trouvé vraiment fort de café cette insistance de Nathalie Kosciusko-Morizet et Rama Yade à nous vendre trois débats entre les deux tours à la manière de poissonnières qui vendraient leur surplus de poisson ou des vendeurs de lessive qui voudraient nous refiler deux barils au lieu d'un. Trois débats ? « Pourquoi pas quatre, cinq, six ? » a rétorqué très justement Hollande. On le sait, c'est la nouvelle tactique, la seule hélas, qu'a trouvée Nicolas Sarkozy pour refaire son retard. Partant du principe qu'il est le roi des débatteurs, voire le roi des camelots, il attend de ses trois débats de pouvoir mettre son adversaire à terre, le marteler, lui faire des clefs, que sais-je ? Une sorte de match de catch où l'on rejouerait comme au bon vieux temps des combats homériques entre l'Ange Blanc et le Bourreau de Béthune. Le bourreau de Béthune, évidemment ce serait lui !
Le retour de Rama Yade
Si Nicolas Sarkozy est un adepte du débat, pourquoi n'a-t-il pas proposé trois débats à Ségolène Royal en 2007 ? S'est-il indigné, lui l'adepte des débats, que Jacques Chirac ait refusé d'affronter Jean-Marie Le Pen entre les deux tours de la présidentielle de 2007 ? Je suis sûr que Le Pen aurait signé pour les trois débats.
Non, tout cela ressort de la tactique bassement politicienne. Car franchement, on ne peut pas dire que ce débat, serait-il multiplié par trois, apportera quoi que ce soit que l'on ne sache déjà. Les candidats ont eu le temps d'abattre leurs cartes, de montrer leur jeu et même leur bluff. Alors ? Trois débats comme la sainte Trinité ? Serait-ce le chiffre fétiche du chanoine de Latran ? Nicolas Sarkozy a proposé. Libre au candidat Hollande après tout d'accepter. Il a dit non. Je trouve pour ma part proprement incroyable qu'on puisse taxer le candidat Hollande de « lâcheté » pour l'unique raison qu'il se conforme à des us et coutumes qu'il n'a pas inventés et auxquels tous les candidats de la Ve se sont pliés avant lui !
Venant de la part de Kosciusko-Morizet, porte-parole comme on est porte-flingue, on peut encore comprendre. Mais de Rama Yade ? De celle qui disait pis que pendre de son mentor Nicolas quand elle croyait encore que Jean-Louis Borloo aurait le courage d'aller à la présidentielle ? Comme il faut bien essayer de revenir dans le jeu, la nouvelle Pompadour est prête à tous les tours. Madame Poisson est prête à utiliser le poison !
Mais bon, ces trois débats seront vite oubliés. Il faudra bien que dans le camp de Nicolas Sarkozy on trouve d'autres arguments, d'ici le 6 mai, pour emporter la bataille. Car je ne suis pas sûr que le débat sur trois débats, ça intéresse les Français.
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Les dernières contributions
Poudou
23/04/2012 à 11h51
Bonjour le parti pris !!!! y'en a marre non ?
on relate l'info, on ne la commente pas et surtout on ne donne pas de qualificatif...
L'article n'a même pas été signé...