Publié le lundi 17 mars 2008
Ce matin, pas de rhétorique de plateau télévisé qui tienne, c'est bel et bien la Berezina pour la droite : aux huit villes de plus de 20.000 habitants (dont Rouen et Chalon-sur-Saône) déjà perdues au premier tour sont venues s'ajouter Toulouse, Strasbourg, Reims, Caen, Saint-Etienne, Amiens, Périgueux, Metz, Quimper, Angoulême, Blois, Valence, etc. Parmi les villes de plus de 100.000 habitants, seules n'ont pas sombré Le Havre et Marseille.
La conquête de Calais par l'UMP restera anecdotique, même si le PC dirigeait la ville des Bourgeois depuis trente-sept ans. Le fait que, dans l'ensemble, les ministres du gouvernement Fillon aient plutôt bien résisté ne pèse quasiment plus rien face à l'ampleur d'une débâcle (qui ressemble fort à celle vécue par la gauche en 2001 alors qu'elle avait perdu quarante villes) à laquelle s'ajoutera la perte de plusieurs départements, dont la Somme.
Moins d'un an après son élection, Nicolas Sarkozy va donc enfin comprendre que nombre de Français – même ses électeurs – ont été choqués par le comportement outrancier de ces derniers mois. De droite ou de gauche, ils veulent au moins voir leur président incarner – à l'image d'un De Gaulle ou d'un Mitterrand – cette grandeur, cette hauteur quasi monarchique qu'ils estiment devoir aller de pair avec la fonction.
Mais Sarkozy sait aussi qu'une majorité de Français veut le voir poursuivre et accélérer ses réformes. Il y a dès lors peu de chances – surtout maintenant que le temps des grandes élections est passé – que l'Élysée entende les appels lancés hier soir à « corriger la trajectoire » ou à « changer sa politique et son gouvernement ». Forte des villes et des départements conquis, la gauche pourrait alors être tentée de tout faire pour gommer l'effet des réformes gouvernementales au niveau local. Ce que certains promettent d'ailleurs déjà. Le risque de blocage n'est sans doute pas à négliger pour le président Sarkozy, mais il n'a plus d'autre choix que de le courir.
Guilhem Beauquier




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