Séance du conseil municipal hier soir / Un accord, des désaccords

Publié le vendredi 13 novembre 2009

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L'opération patinoire sera reconduite en tenant compte  des erreurs du passé, a annoncé la majorité.

L'opération patinoire sera reconduite en tenant compte des erreurs du passé, a annoncé la majorité.

St¿phanie Gruss

C'EST par une unanimité inhabituelle que s'est ouvert hier soir le conseil municipal. Il faut dire que le premier vote soumis aux élus vitryats concernait la très controversée réforme gouvernementale de la taxe professionnelle.

Répondant à l'appel officiel lancé par l'Association des Petites villes de France, dont Vitry-le-François est adhérente, le maire Jean-Pierre Bouquet a exprimé « l'inquiétude du conseil de voir réduites les dotations versées par l'État, cette année, pour la plupart des collectivités locales et la taxe professionnelle remplacée par des impôts moins dynamiques, principalement acquittés par les ménages » avant de rappeler que la taxe professionnelle unique ne représente pas moins de 50 % des recettes de la communauté de communes de Vitry. « Entre ne rien faire et ce qui nous est proposé qui est inacceptable, il y a quelque chose à faire, à négocier », a répondu le leader de l'opposition, Michel Biard. « On doit négocier en étant unis… »

Une position visiblement partagée par le premier magistrat : « Cette motion a été élaborée de manière pluraliste, il s'agit de la parole d'élus locaux adressée au pouvoir central. » Si, de son côté, Alain Lacoine a dit vouloir attendre le résultat de futures concertations au niveau national, c'est finalement l'intégralité du conseil municipal qui a adopté le vœu « appelant le gouvernement et les parlementaires à engager une véritable réforme des finances locales et à renforcer les acquis de la décentralisation ».

« Tour de passe-passe »

Mais ce bel unisson contre le pouvoir central s'est rapidement brisé contre les nouveaux statuts de la communauté de communes qui va passer de sept à dix-huit membres au 1er janvier, vivement décriés par l'ancien maire UMP Michel Biard. Objet de son acrimonie : la nouvelle composition du bureau qui prévoit « pour limiter l'effectif du bureau à un nombre raisonnable » la création de groupes de communes par secteur pour élire un seul représentant. « C'est contraire à l'esprit communautaire ! En vertu de quoi allons-nous interdire l'accès à la vice-présidence et au bureau à certaines communes ? Vous auriez dû laisser l'assemblée délibérante voter sur la constitution du bureau afin que l'exclusion de certaines communes se fasse par un processus démocratique et non par un tour de passe-passe ! » s'est exclamé Michel Biard. « Ce projet de statuts s'est fait de manière unanime, il n'est pas une machine diabolique qui viserait à émietter la cohésion de l'intercommunalité, a rétorqué Jean-Pierre Bouquet. On donne gage à tout le monde que personne ne pourrait être victime d'une coalition, on est dans un cadre transparent. Faisons confiance à la sagesse des élus qui ont travaillé sur ces statuts. » Visiblement peu convaincu, Michel Biard a esquissé un sourire, avant de voter contre la délibération avec son groupe : « Vous noyez le poisson, certes brillamment mais avec cette disposition, c'est une usine à gaz… »

Caricature

Mais la passe d'armes la plus virulente était encore à venir avec la question de l'achat de nouveaux locaux pour reloger les services techniques de la Ville qui partagent depuis plus de cinquante ans maintenant le site de la caserne des sapeurs-pompiers. Site retenu par l'actuelle municipalité : le 10 rue de la Jouette, site de quelque 3 300 mètres carrés, actuellement occupé par une entreprise de peinture. La prise de possession des lieux pourrait se faire au printemps 2010. « Un dossier particulièrement mal ficelé, a taclé Michel Biard d'entrée. On achète des bâtiments vétustes, qu'on ferait mieux de démolir, et cela nous coûte très cher ! Et tout ça pour y installer quoi ? Un service voirie, un service électricité et quelques peintres en mal de pinceaux… C'est une erreur magistrale ! » « La décision d'acquisition de ces locaux ne s'est pas faite sur un coup de tête mais après visite du site par le directeur des services techniques et le directeur général des services de la Ville pour voir si cela correspondait à des besoins que vous caricaturez », a répondu un Christian Geoffroy passablement agacé. Pas de quoi faire changer d'avis l'ancien maire qui votera contre en grommelant qu'il faut bien que « quelqu'un défende les intérêts de cette collectivité ! »

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