Publié le vendredi 09 septembre 2011 à 11H00 - Vu 246 fois
La grande majorité des maires interrogés ne répondent pas favorablement à l'invitation
SOISSONS (Aisne) Dans les petites communes, les maires sont sollicités depuis plusieurs semaines. Les partisans des petits candidats veulent leur signature. Nous avons interrogé une dizaine de maires.
TOC-TOC-TOC ! « C'était un matin, des gens sont arrivés chez moi », raconte Alain Raverdy, maire de Villeneuve-Saint-Germain. Face à lui, « deux Bretons, des étudiants. Ils se sont renseignés dans la rue pour savoir où j'habitais », poursuit l'élu. Que lui voulaient-ils ? Une promesse de signature pour que leur poulain puisse prétendre à la candidature à élection présidentielle, l'an prochain. « Je les ai reçus poliment, mais je leur ai dit que non, je ne signerai pour personne. Je ne l'ai jamais fait auparavant. Je ne veux voir mon nom nulle part », poursuit-il.
À Pasly, on est aussi venu frapper à la porte de Philippe Camacho. S'il aime dire qu'il est « indépendant mais pas neutre », il a également choisi de ne pas donner sa signature à un prétendant à l'Élysée.
Cette décision lui appartenait pleinement, mais il a souhaité consulter ses adjoints et ses conseillers.
« Nous en avons discuté, il y a à peu près cinq mois, quand j'ai commencé à être sollicité. Tout le monde au conseil n'était pas d'accord, alors j'ai décidé de ne pas m'engager pour garder la bonne ambiance. » Les partisans des petits candidats auront eu beau faire preuve de ténacité, en dégotant son numéro de portable personnel, le maire de la petite commune de Pasly « ne signera pour personne ».
« Niet »
Dans la même veine, Jean Walkowiak, maire de Leury, ne conçoit pas « que l'on demande aux maires le cachet de leur commune ». Il ne fait pas de secret, même s'il ne le crie pas non plus sur les toits, il a sa « carte au PS depuis des décennies, mais cet engagement est personnel ». Démarché à son domicile un samedi « en début d'après-midi par deux jeunes, un homme et une femme », il a donc décliné l'invitation. « IIs n'ont pas apprécié et ils ont un peu insisté, ils ont essayé de me vendre leur produit, en me disant aussi que dans ce cas-là, il n'y aurait plus de petits candidats aux présidentielles ». Mais pour Jean Walkoviak, c'est « niet ». Niet aussi pour Bernard Grégoire, à Belleu, qui est « pour l'expression démocratique, mais pas pour la pagaille. L'argument : il faut qu'il y ait d'autres voix qui s'expriment, oui mais si ça devient une chorale, on ne sait plus qui parle. »
« Catalogués »
Jean-François De Baere à Billy-sur-Aisne, Annick Venet à Vailly-sur-Aisne, Alain Desboves à Ancienville, Gérald Blangeot à Mortefontaine…. tous ont refusé de soutenir un petit ou un moins petit candidat. L'argument cité par tous : dans les petites communes, on ne fait pas de politique. « J'ai été sollicitée par M. Nihous, Nicolas Dupont-Aignan et Mme Le Pen. J'ai tout placé dans une chemise et j'ai répondu négativement par courrier à tous. J'ai toujours voulu être neutre. Un maire représente sa commune. Il serait légitime que chacun puisse se présenter, mais ce système n'est pas facile pour nous parce qu'il nous engage », confie Annick Venet. La plupart des élus ne veulent pas être « catalogués », selon le terme employé par Gérald Blangeot, « car ce qu'on oublie souvent de préciser aux maires, c'est que cela va paraître au Journal officiel. Comme on est amené à solliciter les députés et les sénateurs pour des subventions, dans le cadre de leurs réserves, ça peut gêner ». Des refus qui peuvent parfois causer l'ire de certains partisans. Alain Desboves en sait quelque chose : « J'en ai eu un, il y a quelque mois, je ne sais plus pour quel candidat, qui s'est montré très virulent, à la limite de l'impolitesse. S'il se conduit comme ça avec tous les maires, il risque de ne pas avoir beaucoup de signatures ! »
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