Picardie / Régionales Le PS et ses alliés : la Région mais pas seulement

Publié le dimanche 07 février 2010

Anne Ferreira et les partisans de Claude Gewerc en campagne pour la Picardie et contre le gouvernement.

Anne Ferreira et les partisans de Claude Gewerc en campagne pour la Picardie et contre le gouvernement.

St¿phane MASSE

DANS la foulée du succès de leur meeting de lancement samedi dernier à Amiens, les partisans axonais de Claude Gewerc, président socialiste sortant du conseil régional, ont voulu donner une impulsion départementale à leur campagne. Pour les sortants, l'heure n'est pas encore à la présentation du programme dont les premiers éléments devraient être connus le 18 février. En revanche, pour Anne Ferreira, la tête de liste axonaise, la rencontre organisée hier à Laon, au siège de la fédération socialiste, se devait de dégager « l'esprit et l'objectif de cette liste de rassemblement à gauche ».
Côté unité, si le sénateur et président du conseil général Yves Daudigny, présent au titre de président du comité de soutien de Claude Gewerc dans l'Aisne, « regrette que toutes les formations ayant participé à la même gouvernance de la région durant le mandat ne soient pas ensemble sur la même liste dès le premier tour », le discours officiel du PS est bien rôdé : « C'est la logique d'une élection à deux tours. Certains ont voulu se compter pour 2012 ou 2014. Chacun est libre de sa stratégie. »
Dosière présent
La réalité c'est qu'il y aura, au moins, sept listes classées à gauche pour le premier tour en Picardie et que même avec le renfort du député, exclu mais élu, René Dosière « le combat politique qui est le mien est clairement socialiste, le reste se sont des affaires de boutique » et la présence sur la liste de chevènementistes (MRC), de radicaux de gauche (PRG) ou d'initiative démocratique de gauche (IDG), il y a encore loin entre ce rassemblement d'une partie de la gauche et un semblant d'union de la gauche.
Alors, tour à tour, Dominique Brochain, Michel Vignal et Sylvie Hubert, respectivement pour IDG, le MRC et le PRG ont expliqué le sens de leur présence. Pour tous, la priorité donnée à l'avenir des Picards justifie cette alliance avec le PS même si tout ne fut pas toujours rose. Les quatre formations concernées se placent délibérément dans la stratégie que Michel Vignal a résumée ainsi : « Nous formons le socle de la gauche au premier tour, c'est lui qui permettra la victoire de la gauche au second tour ». Toute la difficulté pour le PS devrait consister, sauf fatale dispersion des voix, à maintenir l'équilibre entre les fidèles de la première heure et les ralliés du second tour. Et si « l'union la plus large possible » est un objectif qui permet de n'exclure aucun scénario, on sent bien que tout le monde serait soulagé si Maxime Gremetz pouvait ne pas mettre son grain de sel dans des négociations qui s'annoncent, de toute manière, très âpres.
Forte attaque gouvernementale
Les militants et les alliés rassurés, l'objectif du PS, hier, était aussi de mettre les régionales en perspectives. Certes, les socialistes insisteront probablement dans leur futur programme sur « les politiques lancées et qu'il faut continuer » mais, ils veulent aussi en faire une sorte de referendum tant sur la réforme des collectivités locales que « pour dire stop à la schizophrénie, au sarkozysme, aux mensonges, appelez cela comme vous voulez », a lancé Anne Ferreira. Une nouvelle fois, Yves Daudigny est monté au créneau pour dénoncer « une forte attaque gouvernementale qui vise à diminuer l'action publique, à limiter les contre pouvoirs et éventuellement à reprendre le contrôle des collectivités ». Et pour parvenir à ses fins, le président de la république et le gouvernement auraient choisi d' « étrangler les ressources, de réduire le nombre des élus avant de supprimer des compétences ». Un mouvement qu'un « succès socialiste à la prochaine présidentielle remettrait en cause », a clairement prévenu René Dosière. Ultime objectif des socialistes qui n'ont pas fait le déplacement pour rien : faire siffler les oreilles de Caroline Cayeux et de Christophe Coulon respectivement tête de liste de l'UMP en Picardie et dans l'Aisne. « Il est facile de dire que l'on n'augmentera pas les impôts puisque l'Etat supprime la fiscalité régionale. Il ne restera que la taxe supplémentaire sur la TIPP, déjà à son maximum, et celle sur les cartes grises qui ne rapporte presque rien », a persiflé René Dosière. Quant à Anne Ferreira, elle considère « qu'il ne suffit pas d'un fait divers pour mettre des caméras de partout dans les gares et les lycées. D'abord, on va sur place, on discute. Ce qui m'effraie, c'est que la droite n'a aucune idée, ne sait même pas, ce qui a été fait durant le mandat ».
Jean-Michel ROUSTAND

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