Publié le vendredi 21 mai 2010 à 09H16 - Vu 252 fois
REIMS (Marne). Avant de parler retraites, Nathalie Kosciusko-Morizet a visité hier une entreprise de nuages à Reims. Ça existe, une entreprise de nuages ? Bien sûr et c'est très cher, mais tellement important pour l'avenir !
LE cloud computing, ça vous dit quelque chose ? Moi, non plus. Jusqu'à hier après-midi, j'avais vécu ma vie sans. M'en portais-je plus mal ? Non, je ne crois pas. Et puis il a suffi que Nathalie Kosciusko-Morizet se radine à Reims pour que mon cerveau, déjà bien encombré, cherche désespérément une case libre pour glisser l'information. C'est que mon cerveau n'est pas un ordinateur. Encore moins une de ces énormes machines que l'on trouve dans l'entreprise Ikoula installée rue du Pont Assy à Reims. Jeune entreprise au demeurant, et dynamique, qui emploie 25 personnes de moins de 26 ans.
Ikoula n'est pas une insulte. En japonais cela signifie œufs de saumon. D'où le poisson du logo. Si on pousse un peu plus loin le bouchon, « ikoula deska » (rien à voir avec DSK) signifie : « Combien ça coûte ? » Tentant donc de jouer sur le mot. C'est en tout cas ce qu'a fait le patron de la boîte Jules-Henri Gavetti dont la femme est à moitié japonaise (de l'autre moitié, on ne sait rien…).
Gisement d'emplois
Que fait-on dans cette entreprise ? Du poisson fumé ? Des sushis ? Pas du tout. On dessine des nuages informatiques amenés à héberger les serveurs (Yahoo !, Orange, etc..) que les clients du Web utilisent innocemment ensuite.
L'entreprise a donc pour vocation de louer ces nuages informatiques à des entreprises qui n'ont pas les moyens de posséder à elles seules de telles configurations. Car ne vous fiez pas au mot. En termes de pognon, un nuage pèse très lourd.
Ce qui explique que ce type d'entreprises ne court pas les rues. Il en existe seulement 15 en France. D'où la visite de Nathalie Kosciusko-Morizet dont le job de secrétaire d'Etat est précisément de s'occuper de la prospective et du développement numérique. De courir après les nuages donc. Car l'avenir est aux nuages, a dit la ministre qui préfère malheureusement prononcer à l'anglaise « cloud computing ».
Pourtant le mot « nuage » est tellement plus beau. « Nuages », c'est le titre d'un morceau de Djanjo Reinhardt. C'est un élément primordial des poèmes japonais ou chinois. Mais bon, l'avenir est aux nuages informatiques et non pas poétiques. Il y a là un gisement d'emplois. L'Etat a promis d'investir, le sénateur Etienne présent sur le nuage le confirme ainsi que notre ministre.
Et puis, comme l'explique Madame Kosciusko-Morizet, mieux vaut développer ces techniques en France, ne serait-ce que pour conserver la confidentialité des données de nos entreprises. Notre indépendance passe désormais par les nuages, que l'on se le dise !
Bruno TESTA
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