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Marionnettes et guignols

Publié le mercredi 20 mai 2009 - Vu 29 fois


Liliana Moyano (médaillon) souhaiterait davantage de lisibilité. Son festival a lieu en juillet…

Liliana Moyano (médaillon) souhaiterait davantage de lisibilité. Son festival a lieu en juillet…

Karen KUBENA


NOUS sommes en 2009, et il était donc grand temps d'y penser.

Réunis il y a quelques semaines au chevet de l'Atelier de création et diffusion de la marionnette (100.000 € de déficit, dont 12.000 d'agios bancaires), l'Etat, la Région, le Département et la Ville sont tombés d'accord pour renflouer les caisses (25 % chacun) à condition, d'une part qu'un audit soit réalisé, mais aussi, d'autre part, et c'est quand même un comble, d'organiser « une grande réunion sur l'avenir des marionnettes dans le département ». Sic.

Alors que Charlestown et les Ardennes sont considérées comme La Mecque de la marionnette par les artistes du genre sur tous les continents, sur place, les décideurs en sont donc encore à discuter de la nécessité d'une discussion.

« Oui à un Grenelle des marionnettes, c'est effectivement urgent » réagissait hier Liliana Moyano, directrice de l'Atelier, qui se dit fatiguée de ne pouvoir travailler que sur « du court terme ».

Lundi soir, le conseil municipal a donné son accord de principe sur une rallonge de 25.000 €, qui sera effective fin juin, après la réalisation de l'audit.

Seul le groupe PCF s'est abstenu, se disant « sceptique quant à la bonne gestion de l'association et l'importance de sa masse salariale ».

Manque de visibilité

« Je ne comprends pas » s'étonnait hier Liliana Moyano, épouse Lenice à la ville (ce qui pourrait d'ailleurs expliquer, selon certaines mauvaises langues, les réticences du PCF). « Notre budget est de 400.000 € dont 240.000 de masse salariale. Il y a une directrice (moi-même) qui a le statut d'intermittent du spectacle, un permanent et quatre contrats aidés. Nous organisons un festival en juillet et durant l'année scolaire, nous animons des séances marionnettes dans une vingtaine de classes. On ne s'est pas lancé dans tout cela sans avoir l'accord des financeurs, mais je le regrette, sans jamais de conventions et de projets à long terme. Pour le reste, c'est clair : comparez nos salaires à ceux du festival mondial, et dites-vous bien que j'aurais mieux gagné ma vie en restant à Canal Plus. Mais je suis une ancienne de l'Esnam, je pense qu'il est bon que la marionnette ait des retombées aussi en matière d'emploi et d'économie locale. Quant à l'audit demandé, pourquoi pas… Mais pourra-t-on tenir jusqu'en juin ? Des audits, l'Europe en déjà commandés deux. Il n'y a pas de soucis. Mais encore une fois, on manque de lisibilité. A la ville, par exemple, qui est notre interlocuteur ? Il n'y a même pas de directeur des affaires culturelles ! »

Un Grenelle, Philippe Pailla (PS) est pour. En marge du conseil, il avait néanmoins estimé peut-être superflu d'organiser un festival en juillet quand « le » festival mondial a lieu la même année en septembre et pour éviter la dispersion des structures et des locaux, il avait indiqué que la Région et la Ville pensaient à la création d'un pôle « marionnettes » sur le site de l'ex-école normale, rue Jean-Baptiste-Clément.

Philippe MELLET

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