Les centres sociaux entrent dans le giron municipal La gauche châlonnaise dénonce un « hold-up »

Publié le samedi 12 décembre 2009

LES sujets qui fâchent se trouvent-ils toujours en queue de peloton du conseil municipal quand les élus baillent et manquent de concentration ? Si la question n'a pas été ouvertement posée par les membres de l'opposition, il n'en reste pas moins que l'un des dossiers stratégiques et polémiques de ce dernier conseil municipal de l'année a été abordé peu avant minuit, en fin de réunion : il s'agissait d'un dernier rapport concernant la reprise en gestion publique des centres sociaux et culturels de Châlons. En clair, de leur municipalisation.
En cours de mandat
En quelques minutes, le maire a proposé un constat de la situation : « Le mode d'intervention actuel ne donne pas pleinement satisfaction, aussi, nous proposons une autre forme de gestion. » Comme plus de 23 % des centres sociaux en France, ceux de Châlons seront gérés par la Ville dès le 1er janvier, ce qui n'a pas laissé l'opposition et une partie du public sans réaction.
« C'est une municipalisation, un choix stratégique qui intervient en cours de mandat, la collectivité n'est pas plus armée pour avoir les compétences nécessaires à la gestion de ces centres », introduit Alain Goze (Nouvelle force), regrettant le manque de transparence future concernant les chiffres notamment, et le manque de reconnaissance du travail réalisé par les bénévoles des années durant. « Je ne peux accepter ce type de manipulation, aujourd'hui, ce sont les centres sociaux, demain, ce sera quoi ? La boîte de Pandore est ouverte. » Et de proposer au maire de retravailler sur ce dossier. Brin de naïveté.
Davantage de travail en commun
Le communiste Dominique Vatel refait alors l'histoire locale en s'adressant au maire : « Depuis des années, vous vous êtes planté lamentablement pour ce qui concerne la politique d'éducation populaire, les centres sociaux méritent davantage de considération ». Bruno Bourg-Broc le tacle alors : « Vous êtes contre la municipalisation, c'est extraordinaire ! »
Accusée d'avoir tout bouclé et tout réglé dans son coin, en catimini, l'adjointe au maire Élisa Schajer joue alors la voix de la majorité et précise que ce dossier « n'était pas secret, je me suis déjà exprimée sur le sujet ».
L'élue avance que cela fait 15 ans qu'il est réclamé aux quatre structures de travailler ensemble sur tout le territoire, sans que cela ne fût possible. La municipalisation devrait le permettre.
Fini aussi la concurrence entre les centres sociaux. « Le débat est impossible avec les présidents, arrêtez de dire que ça ne marchera pas parce que la ville reprend les rênes ».
Aux premières minutes de vendredi, les esprits s'échauffaient, BBB reprochant à Alain Goze son « incontinence oratoire ». Bonjour l'ambiance…
Autre question de l'opposition : « Il n'y a jamais eu de critiques des CSC de la Vallée Saint-Pierre et du Verbeau, alors pourquoi municipaliser ? » Pas de réponse.
Alain Goze - lui encore - souhaite un vote à bulletins secrets qui lui sera refusé (il eut fallu que le tiers de l'assemblée le sollicite).
Dans le public, Francis Leloup (président du CSC de la Vallée Saint-Pierre) applaudit cet épisode démocratique, et s'adresse au maire : « Vous êtes un RPR-UMP, rien à foutre » et de claquer la porte.
David ZANGA

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