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Le laboratoire départemental d'analyses a besoin de 700 000 €

Publié le vendredi 12 février 2010 à 10H32 - Vu 257 fois


Les prélèvements et analyses des eaux de loisirs et de consommation ne se feront donc plus dans les Ardennes, mais à l'Institut Pasteur de Lille.

Les prélèvements et analyses des eaux de loisirs et de consommation ne se feront donc plus dans les Ardennes, mais à l'Institut Pasteur de Lille.


LES conséquences de la perte récente du marché de l'eau par le laboratoire départemental d'analyses commencent juste à se faire sentir. Pour rappel, ce marché récemment mis en concurrence a été perdu par le Département (notre édition du 20 janvier).
Dans un courrier du 14 décembre, le conseil général a été averti que son « offre était très satisfaisante, mais les prix proposés n'étaient pas suffisamment compétitifs ». Les prélèvements et analyses des eaux de loisirs et de consommation ne se feront donc plus dans les Ardennes, mais à l'Institut Pasteur de Lille.

« Redéployer l'effectif »

Ce marché représentait plus du tiers de l'activité du laboratoire départemental. Soit près de 420.000 euros. Le déficit antérieur étant de 280.000 euros, le « trou » du labo se chiffre aujourd'hui à 700.000 euros.
« La perte de ce marché a des conséquences financières importantes, indique le rapport examiné lors du débat d'orientations budgétaires : la subvention d'équilibre devra être revue à la hausse en 2010 (700.000 euros au lieu de 280.000) si les recettes générées sur les autres secteurs n'évoluent pas favorablement et significativement. »
Les recettes évoquées concernent les marchés sur lesquels le laboratoire espère rebondir. En plus des deux marchés traditionnels restants (la santé animale et l'hygiène alimentaire, qui englobe notamment le contrôle de la nourriture dans la restauration collective), le laboratoire doit accueillir sur son site d'Hagnicourt le laboratoire des routes. Un transfert qui devrait être effectif au 1er janvier 2011.
Cet équipement était jusqu'à présent géré par le Parc départemental de l'équipement. « L'accueil de cette nouvelle structure offre la possibilité de redéployer une partie de l'effectif du laboratoire (30 agents, ndlr), de diversifier les activités et de prospecter de nouveaux marchés d'analyses », indique le rapport.

« Diversifier les clients »

D'autres pistes de développement visent plus particulièrement une clientèle industrielle, avec « la réalisation d'analyses des micro-polluants présents dans l'eau », et agricole, via « un forfait d'analyses (IBR, paratuberculose, BVD) lors de l'introduction d'un bovin dans un élevage. »
Des pistes qui coïncident avec les souhaits de Michel Sobanska, conseiller général de Rocroi, de « réorienter le laboratoire », et de Benoît Huré de « diversifier les clients. » « Ce n'est pas parce qu'on a perdu une bataille qu'on a perdu la guerre », a martelé celui-ci en référence au marché de l'eau.
« Nous sommes en contact avec un conseil général qui a vu son laboratoire fermé », a encore glissé le président du Département, insinuant que la structure ardennaise pourrait récupérer certaines de ses activités.
Des arguments qui ne satisfont pas Christophe Léonard, conseiller général de Charleville-Centre. « Est-il pertinent de garder cet équipement public ? Cela fait partie des tabous qu'il faut aborder », a-t-il lancé en séance.
Il évoque « un déficit structurel, et non conjoncturel : 200.000 euros en 2007, 250.000 en 2008, 280.000 en 2009 et 700.000 aujourd'hui. La question qui se pose, c'est faut-il mettre cette somme dans le laboratoire, ou bien dans des projets structurants, comme des équipements pour le pôle urbain Charleville-Sedan ou la Voie verte ? »

Guillaume LÉVY

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Les dernières contributions


air2rien

17/02/2010 à 12h07

Eh bien ! Surement des postes de planqués, bien au chaud et à l'abri du stress qui ont bien profité sans souci de résultats !!

air2rien

17/02/2010 à 12h07

Eh bien ! Surement des postes de planqués, bien au chaud et à l'abri du stress qui ont bien profité sans souci de résultats !!

MMJ08

12/02/2010 à 17h41

Le changement de directeur au sein du laboratoire départemental d’analyses n’aura pas servi à éviter l’écueil prévisible de la loi sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006 introduisant la concurrence dans les analyses de l’eau. Alors que nombre de laboratoires publics ferment, comment espérer qu’une équipe qui a déjà échoué à évoluer sur un marché concurrentiel soit capable de développer d’autres marchés « favorablement et significativement » ? L’effet marsupilami consistant à « rebondir » sur l’hygiène et la santé animale, secteurs sursaturés, risque donc de s’aplatir comme une crêpe. Une simple étude de marché censée calculant le nombre de nouveaux bovins entrant dans les exploitations ardennaises permet immédiatement de constater que la triple analyse à tarif bradé n’est pas viable. D’autant plus qu’existe à notre porte un grand méchant loup : le laboratoire départemental de l’Aisne qui a su s’associer au privé pour prendre les marchés voisins. Seul un petit nombre de laboratoires départementaux survivront en étant habilités pour certaines analyses. Alors effectivement, il est urgent de se poser la question de l’opportunité de continuer à creuser ce gouffre financier.

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