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Jean Brincourt, l'architecte aux mains d'artiste

Publié le dimanche 29 juillet 2012 à 11H00 - Vu 201 fois


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Jean Brincourt avait eu l'honneur d'accueillir à Sedan le président Auriol.

Jean Brincourt avait eu l'honneur d'accueillir à Sedan le président Auriol.


SEDAN (Ardennes) Il ne fut maire de Sedan que deux ans et cinq mois, entre octobre 1947 et mai 1950, le temps notamment d'accueillir Vincent Auriol dans la cité de Turenne. Bien peu se souviennent de Jean Brincourt. Et pourtant…

«IL est des destins plus grands, il n'en est pas qui soient plus dignes ». Voilà ce qu'avait dit Roger David, sous-préfet de l'époque, lorsqu'il fut amené à évoquer le parcours de Jean Brincourt, maire de Sedan, qui venait de s'éteindre à l'âge de 55 ans, emporté par la maladie.
Il passa presque en coup de vent à la mairie de Sedan. Nous avions retrouvé sa trace presque par hasard grâce à Francis Laux, un artiste sedanais féru d'histoire, qui avait dégoté une assiette peinte sur laquelle étaient représentés les Quatre Fils Aymon.
L'œuvre était signée Jean Brincourt. Un nom qui renvoie à une très vieille famille sedanaise puisque l'on trouve trace du toponyme dès 1620. En 1780, un Brincourt fabriquait déjà du drap à Sedan. C'est dire si Jean était un enfant du pays.
Il vit le jour dans la Cité de Turenne un 25 mai 1895. De studieuses études lui permirent d'obtenir son diplôme d'architecte. C'est d'ailleurs grâce à ses talents d'architecte qu'il allait immortaliser son passage à Sedan.

Maison « Lecaillon »
Si la plupart des Sedanais ne se souviennent pas, ou n'ont même jamais entendu parler de Jean Brincourt, vous êtes sans doute beaucoup plus nombreux à connaître ses réalisations dans la ville. Qui ne s'est jamais interrogé sur le style si particulier de la maison dite « Lecaillon » située au 1 rue Jules-Rousseau ? Maison qui accueillait voilà encore quelques mois les services culturels de la ville. Drôle de maison, d'un style quelque peu déconcertant que l'on peut situer entre le néo-normand et l'Art déco de l'entre-deux guerres.

Cette drôle de maison à architecture quelque peu alambiquée, c'est à Jean Brincourt qu'on la doit. Il fut également le concepteur de la belle bâtisse à tourelle du 43 avenue Margueritte. On reconnaît d'ailleurs assez bien son coup de patte.
L'architecte aimait également réaliser des émaux sur des assiettes achetées à la faïence de Sarreguemines. Outre les « Quatre fils Aymon, il peignit entre autres l'Abbaye d'Orval, la Cathédrale de Metz ou encore « Le Normandie ». Aujourd'hui ses œuvres, devenues véritables pièces de collection, sont éparpillées un peu partout en France (à titre d'exemple, une de ses assiettes fut vendue 35 francs en 1939).
En 1944, Jean Brincourt avait 49 ans. Il s'engagea alors au sein du « Comité de libération de Sedan », organisme représentatif de la Résistance.
Cette même année il entra au conseil municipal, puis fut brillamment conforté dans son mandat lors des élections municipales du 8 mai 1945. Réélu le 26 octobre 1947, et obtenant le plus grand nombre de voix, il fut tout naturellement désigné pour devenir le maire de Sedan.

En tant que technicien du bâtiment, il s'engagea alors dans la reconstruction de la ville.
On dit qu'il y avait chez cet homme « bourru d'apparence, mais profondément bon et humain le souci de donner une autre image de Sedan après les désastres de 1870, 1914 et 1940 ».
Le 27 juin 1948, à l'occasion du tricentenaire du rattachement de la Principauté de Sedan à La France, il eut le privilège d'accueillir le président de la République, Vincent Auriol.
Après un combat acharné contre la maladie qu'il mena durant deux ans, Jean Brincourt s'éteignit à la fin du mois de mai 1950.

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