Publié le dimanche 22 janvier 2012 à 12H00 - Vu 91 fois
Jack Lang par ici, Jack Lang par là… Le feuilleton a duré durant toute la trêve des confiseurs qui traditionnellement met la fin de l'année à l'abri des soubresauts politiques. Il n'a pris fin que le 7 janvier dernier lorsque dans ses Vosges natales les militants de la deuxième circonscription ont voté à l'unanimité en faveur de sa candidature. Ils auraient pu se manifester plus tôt et nous épargner une véritable partie de Mistigri entre les instances nationales du PS et la demi-douzaine de départements où le ministre de la Culture de François Mitterrand a été annoncé, sans parler des déclinaisons locales comme dans l'Aisne où son ombre auguste a successivement plané sur la Thiérache et le Soissonnais…Deux circonscriptions où, les militants ont vite signifié, avec énergie, qu'ils n'étaient pas très emballés à l'idée de voir Jack inaugurer la foire aux fromages de la Capelle ou de défiler lors de la fête des maqueux d'saurets !
A la poursuite de Bernard Pons
Si Jacques Lang réussit son retour aux sources, autre nom du parachutage lorsqu'on est né quelque part (Mirecourt le 2 septembre 1939), il rejoindra au panthéon des migrateurs politiques le gaulliste Bernard Pons qui est actuellement le seul député de la Ve République à avoir été élu dans trois départements différents (Lot, Paris, Essome). Et ils sont 52 autres (à l'image de Renaud Dutreil député de l'Aisne puis de la Marne) à l'avoir été dans deux départements.
Ubiquité électorale
Comme quoi, si le nomadisme politique est loin d'être la règle, le manque d'enracinement n'a rien d'exceptionnel et semble assez bien partagé dans la classe politique française. Il n'épargne pas les femmes, Edwige Awice, Elisabeth Guigou, Hélène Missoffe et la régionale Ghislaine Tourain élue dans la Marne et à Paris ; et les plus grands ne sont pas épargnés, tels Lionel Jospin et Alain Juppé…
En attendant, le tour de France électoral de Jack Lang s'allonge d'une étape. Commencé il y a 45 ans, il a été élu conseiller municipal du troisième arrondissement de Paris en 1977, son périple politique le voit insister un temps dans la capitale puisqu'il est conseiller de Paris entre 1983 et 1989. Première migration dans le Loir-et-Cher où il devient député en 1986 avant d'y être réélu trois fois. Illusion d'enracinement, il devient aussi maire de Blois de 1989 à 2000. Deuxième migration. De 2002 à 2012, on retrouve Jack Lang député du Pas-de-Calais. Fin de course à 73 ans ? Pas du tout. A ceux qui souhaiteraient limiter l'âge du capitaine, il oppose son éternelle jeunesse et repart en quête d'une nouvelle circonscription. Le Jura, la Gironde, les Pyrénées-Atrlantiques, la Somme et l'Aisne sont évoqués jusqu'à ce qu'il rallie donc ses Vosges natales. Les soirs de déprime, Jack Lang doit regretter les débuts de la IIIe république et ces maîtres de l'ubiquité électorale que furent Adolphe Thiers, élu député dans vongt-six départements, et Léon Gambetta qui dut se contenter de dix. Finalement, Jack Lang est un petit joueur.
J.-M. R.
jmroustand@journal-lunion.fr
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