Publié le lundi 05 décembre 2011 à 12H00 - Vu 141 fois
VITRY-LE-FRANCOIS (Marne). Douze maires de l'arrondissement se disent contre la grande intercommunalité Vitryate voulue par Jean-Pierre Bouquet. Ils sont favorables à une communauté de communes rurale allant du Perthois au lac du Der.
DANS le cadre de la réforme de l'intercommunalité, Vitry-le-François souhaite un accès au lac du Der. Un atout que ne lui avait pas octroyé le schéma proposé par le préfet.
L'idée d'un rapprochement avec la cité rose a convaincu certaines communes du Bocage Champenois - Arrigny, Outines, Drosnay et Écollemont, - qui ont déposé un amendement auprès de la CDCI* afin de demander leur rattachement à la CCVLF. C'est un bon début pour Jean-Pierre Bouquet, mais ce n'est pas suffisant pour assurer la continuité territoriale voulue par la réforme.
De la Chaussée à Giffaumont…
Alors Daniel Yon, vice-président de la CCVLF a déposé un autre amendement, demandant à ce que les communes de Favresse, Écriennes, Matignicourt-Goncourt, Luxémont, Norrois, Cloyes, Saint-Remy, Gigny-Bussy, Margerie-Hancourt et Sainte-Marie - rejoignent aussi l'intercommunalité Vitryate.
Ces communes faisaient partie dans le projet initial du préfet du groupement 20 : la réunion des communautés de communes Marne et Orconté, du Perthois, du Bocage Champenois et d'une partie du celle du Val de Bruxenelle. Plusieurs d'entre elles se sont prononcées en faveur de ce schéma, créant une intercommunalité rurale, allant du Perthois au lac du Der. Concrètement, l'amendement déposé par Daniel Yon vise à supprimer ce groupement et à l'englober partiellement dans la CCVLF.
Les élus de douze communes en faveur du groupement 20 - Dompremy, Gigny-Bussy, Haussignémont, Heiltz-le-Hutier, Isle-sur-Marne, Larzicourt, Lignon, Luxémont, Margerie-Hancourt, Orconte, Sainte-Marie, Saint-Remy, Saint-Utin, Scrupt, Somsois et Thiéblemont - ont donc formé un collectif et écrit plusieurs courriers aux membres de la CDCI pour défendre l'intérêt de ce groupement rural, et remettre en cause la pertinence d'une CCVLF qui irait de la Chaussée à Giffaumont en passant par Coole.
« Les amendements déposés proposent d'ôter au groupement 20 un nombre important de collectivités sans se soucier des communes restantes, les laissant dans une situation qui ne répondrait plus au critère de la loi : une population inférieure à 5 000 habitants », remarque ainsi Régis Bourgoin, maire de Larzicourt.
« Des compétences cohérentes »
Bruno Botella, maire d'Heiltz-le-Hutier et conseiller général du canton de Thiéblemont avance un autre argument : « nos CC exercent pour une grande part les mêmes compétences, et présentent un coefficient d'intégration élevé (CIF)** compris entre 0,43 et 0,74 alors que la moyenne départementale est de 0,32. Nous sommes déjà regroupés dans un même syndicat pour la gestion des déchets. Trois CC sur quatre ont activé la compétence scolaire, deux sur quatre exercent la compétence de l'assainissement collectif. Ce groupement 20 est viable, assure l'élu. Nous avons, avec M. Gagneux, maire de Luxémont, M. Bourgoin de Larzicourt et M. Leblanc maire de Saint-Remy, qui sont tous d'anciens cadres supérieurs, réalisé des études financières qui le prouvent et qui nous ont été confirmées par la direction régionale des finances publiques ».
« Un échangeur (NDLR celui de la RN4 à Thiéblemont) à lui seul attirerait tout au plus deux garages alors qu'une communauté de taille attirerait d'autres entreprises » avait lancé la semaine dernière Jean-Pierre Bouquet pour stigmatiser le refus de ces élus à se rallier à lui. « Cet aménagement a été présenté comme un outil de sécurisation mais aussi de développement économique. Le conseil général dont fait partie M. Bouquet l'a voté à l'unanimité rappelle Bruno Botella. « Avec les zones industrielles de Thiéblemont, du Saloir à Luxémont, et celle de Saint-Remy, nous disposons d'atouts », souligne le maire d'Heiltz-le-Hutier. Selon l'élu départemental, rejoindre la CCVLF (dont le CIF est de 0,44) reviendrait aussi à récupérer des compétences qui étaient jusqu'alors communautaires. « Le remboursement des emprunts contractés par notre ancienne CC serait reporté sur le budget des communes. Certains villages ne pourront pas faire face sans avoir recours à une augmentation des impôts », redoute encore Bruno Botella. Régis Bourgoin pointe lui « l'incohérence géographique » d'une trop grande CC de Vitry-le-François. « Quelle pertinence y a-t-il à étendre le périmètre d'influence de la CCVLF pour atteindre des distances de 45 km entre Giffaumont et Coole, avec près d'une heure de route, et même plus de 40 minutes pour se rendre à la ville centre. Ce choix ne peut se traduire que par un affaiblissement global de la CCVLF qui sera incapable de satisfaire aux besoins des collectivités les plus éloignées, mais également des communes qui la rejoindraient », dénonce-t-il.
Désormais, les 12 élus du groupement 20 croisent les doigts pour que leurs arguments soient entendus. La CDCI doit finir d'examiner ce mercredi les amendements qui concernent l'arrondissement Vitryat.
Rémi HAVYARIMANA
*La Commission Départementale de Coopération Intercommunale, composée d'élus du département peut faire évoluer le schéma préfectoral par des amendements.
**Le coefficient d'intégration fiscal est le poids de la fiscalité communale par rapport à la fiscalité totale communale et intercommunale. Plus une communauté de commune exerce de compétences, plus son CIF est élevé.
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