Publié le mercredi 23 juillet 2008 à 01H00 - Vu 32 fois
Le député et ancien candidat à la mairie de Reims en a pris pour son grade lundi soir à l'occasion du conseil communautaire. Au centre des critiques, le surcoût de 5,5 millions d'euros lié au retard de planning du tramway.
PHOTO : Pour Renaud Dutreil, ces attaques sont « très classiques, très tristes et peu originales ».
Christian Lantenois
DÉCIDÉMENT, Renaud Dutreil doit avoir les oreilles qui sifflent souvent en ce moment… Après le président de la mission parlementaire sur l'Afrique qui critiquait ouvertement son travail de rapporteur (l'union du 12 juillet), c'était, lundi soir, au tour d'élus de Reims Métropole de s'en prendre au député et ancien candidat à la mairie de Reims.
L'objet du courroux : une rallonge de 5,5 millions d'euros dans le plan de financement du tramway en raison de retards par rapport au planning initial. « On a un décalage de six mois lié aux avatars avec la déclaration d'utilité publique (DUP) et au zèle d'un candidat de l'époque pour qu'elle ne soit pas signée », avait confié dans l'après-midi Alain Lescouet, vice-président de Reims Métropole en charge du dossier.
« Député de la merde… de la Marne »
Le soir même, lors du conseil communautaire, c'est au tour d'Adeline Hazan d'évoquer également la responsabilité de l'ancien ministre Dutreil dans ce surcoût, sans pour autant le nommer directement.
C'est Stéphane Joly, vice-président de Reims Métropole et adjoint à la maire de Reims, qui mettra le feu aux poudres. Par une énorme bourde tout d'abord : « 5.550.000 euros, Dutreil, c'est le coût du retard engendré par l'activisme d'un député de la merde… » bafouille l'élu avant de se reprendre aussitôt : « De la Marne ». À la tribune, la présidente Adeline Hazan et le vice-président Serge Pugeault ne peuvent dissimuler leurs rires face à ce que certains appelleront un lapsus.
Si la formule est trop grosse pour être préméditée, elle n'était que le début des récriminations de Stéphane Joly.
« Si le gouvernement avait pris ses responsabilités en temps et en heure, nous n'aurions pas perdu six mois - un retard qui coûte près d'un million d'euros par mois de retard. Permettez-moi de m'étonner que des interventions d'un député puissent coûter autant à notre collectivité et donc aux entreprises de l'agglomération. C'est un peu fort pour un ancien ministre des PME-PMI plutôt libéral. » Et le vice-président (Les Verts) d'évoquer « les facéties de M. Dutreil qui nous coûtent cher ».
« Besoin d'un bouc émissaire »
Interrogé sur ces attaques, Renaud Dutreil dénonce des « excuses bidons » pour essayer d'expliquer l'augmentation du coût du tramway. « Plutôt que d'assumer un projet que, pour ma part, j'ai toujours qualifié de trop cher, les élus en place préfèrent trouver un bouc émissaire pour faire passer la pilule. C'est très classique, très triste, et assez peu original. Je ne suis malheureusement pas surpris par cette attitude. Les gens se défaussent souvent sur les autres plutôt que de dire la vérité. »
Sur le retard et son influence sur la non-publication rapide de la DUP, Renaud Dutreil souligne que le document « était signé visiblement depuis longtemps », contre son avis. « Si j'avais eu une influence, cette DUP ne serait pas sortie avant les élections… »
Grégoire Amir-Tahmasseb
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