Publié le dimanche 22 novembre 2009
« C'est affligeant de constater à quel point il n'y a pas de vision d'avenir », a lancé Caroline Cayeux lors du débat sur les infrastructures picardes qui s'est déroulé samedi matin à Laon. Devant un amphithéâtre de la maison d'agriculture qui a fait le plein, soit près de deux cents militants et élus à se mobiliser, la tête de liste de l'UMP pour les prochaines élections régionales a tenu un de ses trois débats thématiques prévus dans le cadre de sa campagne.
De la constitution des dossiers au financement des projets, de la cellule d'accueil des cadres d'Amiens dont « il faudra s'inspirer pour faire pareil au niveau de la Picardie » au comité de voyageurs devant éclairer le conseil régional sur les trains picards, nombre de sujets ont été abordés. La plupart des thèmes ont abouti à la même conclusion militante (« il est temps que cela change ») et au même appel au secours de ses collègues élus (« Caroline, change-nous la Picardie »).
Deux dossiers ont plus particulièrement retenu l'attention des participants. Le premier, le canal Seine-Nord-Europe avec une éventuelle plateforme multimodale, serait probablement le plus structurant pour la Picardie mais pas pour l'Aisne. « Des trois départements picards, ce n'est pas celui qui en profitera le plus. Il faut dire les choses comme elles sont », a reconnu le député de la Somme Alain Gest avant de nuancer : « Sauf le Saint-Quentinois qui l'a très bien compris ». Le chantier de la plateforme multimodales emploiera 4 500 personnes durant quatre ans avant que le canal opérationnel génère huit milliards d'euros de retombées économiques, « dont 15 % pour la Picardie » et suscite « 25 000 emplois créés derrière ».
Enjeu numéro un
« Claude Gewerc, le président du conseil régional, n'en voulait pas. Cela ne l'intéressait pas. Les Verts n'en voulaient pas pour épargner les champs et les communistes préfèrent les trains », a ironisé Caroline Cayeux qui affirme que l'UMP a été « l'aiguillon » salvateur de ce dossier dont elle fera sa priorité : « Si nous ne gagnons pas, je crains fort que le train passe et que les Picards n'en profitent pas. Nous sommes en concurrence avec d'autres territoires. Il faut que ce soit l'enjeu numéro 1 de cette campagne, faire en sorte que ce soit une chance pour la Picardie. »
Le second sujet est un sujet douloureux : la RN2. « L'ancienne route Charlemagne mobilise les forces vives du département depuis au moins 20 ans », a rappelé Antoine Lefèvre, le sénateur-maire de Laon. « La RN 2 est vitale pour l'Aisne dont elle est l'épine dorsale. » Cependant, face aux réalités économiques incontournables pour l'Aisne, la réalité politique joue en faveur de l'Oise « qui n'a pas envie de voir notre département mieux relié à Roissy », a expliqué le parlementaire en regrettant que le conseil général de l'Oise fasse bande à part dans ce dossier. « C'est la preuve que la Région n'est pas en capacité d'imposer sa vision de l'aménagement du territoire », a estimé Antoine Lefèvre avant que Caroline Cayeux n'avertisse : « Comment défendre la notion de Picardie s'il n'y a pas de solidarité entre les trois départements ? »
Jean-Michel ROUSTAND






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