Publié le mardi 15 juin 2010 à 08H36 - Vu 140 fois
Bruno Bourg-Broc préside également
Le député n'a pas souhaité s'opposer ouvertement au texte le 8 juin à l'Assemblée, mais dévoile aujourd'hui une partie de sa pensée.
NI pour ni contre. Le député-maire de Châlons a choisi… de ne pas choisir, lors du vote à l'Assemblée du projet de loi de réforme des collectivités territoriales, qui s'est déroulé le 8 juin.
Le texte est aujourd'hui entre les mains du Sénat et devrait revenir vers l'assemblée en septembre. Localement, l'abstention de Bruno Bourg-Broc ne manque pas de soulever des commentaires assez cruels, essentiellement à gauche (lire ci-dessous). Le texte, qui émane au départ d'une véritable volonté de l'Elysée, a été voté de justesse par les parlementaires. Huit élus de l'UMP ont voté contre. Ce n'est pas un plébiscite, loin de là.
Le député de la Marne a donc préféré faire comme 25 de ses collègues UMP de l'Hémicycle, en choisissant de passer entre les gouttes. Mais son vote prend une autre dimension quand on sait qu'il préside également la Fédération des maires des villes moyennes. « Le texte, en l'état, ne me paraît pas satisfaisant, explique, un rien sibyllin, le député, ce qui compte, c'est mon vote définitif ». Pas vraiment expansif sur le sujet, il admet être réservé quant au sort des villes-centres dans les agglomérations, sans s'étendre davantage sur cette piste. Pourtant, lui qui est aussi à la tête de la communauté d'agglomération châlonnaise (Cités en Champagne) a tenu des propos plus directs au lendemain du vote. Il a notamment parlé d'une véritable occasion manquée. Rappelons que le texte vise à organiser les collectivités autour de d'un pôle départements-région et d'un pôle communes-intercommunalité et à créer des métropoles.
« Pour une assemblée régionale, ça fait beaucoup »
Il concède aujourd'hui qu'un « certain nombre de choses me choquent. Comme la future composition des conseils régionaux, le tableau présenté, l'insuffisance de choses expliquées. La simplification ne me paraît pas évidente. On n'a pas enlevé d'échelon au mille-feuilles administratif », ce qui était en effet le principal objectif recherché.
« 138 conseillers, ce n'est pas ce que j'appelle une assemblée de proximité. Pour une assemblée régionale, ça fait beaucoup ». Et puis, l'ensemble lui paraît encore imprécis sur plusieurs points, notamment en matière de ressources, comme par exemple la taxe professionnelle. Qui fait quoi et que percevra chaque institution ? Pour polir son propos, Bruno Bourg-Broc ne manque pas de rappeler que le gouvernement « a très bien écouté et concerté. Tellement, que les positions des uns et des autres étaient devenues très contradictoires. »
Une manière feutrée d'évoquer la cacophonie ambiante dans la majorité, même si malgré tout le projet de loi avance. Les hostilités sont fortes face à cette réforme, mais pour des raisons très diverses.
Le texte sera débattu par les sénateurs à la fin du mois. Un nouvel épisode dans une procédure que Bruno Bourg-Broc espère voir aboutir avant la fin de l'année.
Sébastien LAPORTE
Le PS juge l’abstention de BBB
Lors du vote, le député de la 4e circonscription de la Marne, Bruno Bourg-Broc, s’est abstenu.
Une abstention qui fait jaser dans le Landerneau politique, et plus particulièrement à gauche.
Pour le socialiste Gérard Berthiot, vice-président du conseil régional de Champagne-Ardenne et « patron » du PS de l’agglomération châlonnaise : « La réforme des collectivités territoriales est une thématique que l’ensemble des élus doit prendre à cœur. Si à gauche, les parlementaires sont montés au créneau, certains élus de droite, et de terrain ont également été très critiques. Quoi qu’il en soit, je ne comprends pas, mais alors pas du tout, l’abstention de Bruno Bourg-Broc. Soit on est pour cette réforme, soit on est contre cette réforme, mais au regard de l’importance du débat, la demi-mesure n’a pas sa place en de telles circonstances. Cette réforme va effectivement impacter la vie quotidienne de nos concitoyens, entraînera des conséquences sur la vie de nos communes. Le sujet est d’une importance telle qu’il n’est pas concevable et imaginable que le député de Châlons se soit abstenu ».
Autre élu à réagir : le chef du groupe PS au conseil régional, Olivier Girardin. « Sur un domaine aussi sensible que la réforme des collectivités territoriales, toutes les bonnes volontés qui veulent s’occuper de l’avenir de l’organisation des territoires sont les bienvenues. Après avoir fait un état des lieux : une chose est sûre, il ne fallait pas s’abstenir, car la copie du gouvernement n’est vraiment pas bonne ! »
« Pas solidaire de son groupe »
Selon l’élu Aubois : « Il fallait aller jusqu’au bout ».
Le fait que le député de Châlons-en-Champagne s’abstienne lors du vote est cependant considéré par le chef de file du PS régional plutôt comme… une bonne nouvelle.
« Il a su dépasser ses inquiétudes et s’exprimer dans un vote. Lui, au moins, a joué la carte de l’abstention. Il n’a pas été solidaire de son groupe politique et doit donc en tirer toutes les conséquences qui s’imposent ».
D.Z.
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