Publié le mardi 23 février 2010 à 10H45 - Vu 63 fois
Tous ont pu exposer leur situation.
Elle leur a donné ce qu'ils étaient venus chercher : le soutien politique et la médiatisation. Alors ils sont venus en nombre, hier, accueillir Martine Aubry devant le site de PTPM. Les salariés de l'usine d'Aÿ bien sûr, mais aussi une délégation de Piper Heidsieck (45 suppressions de postes annoncés à Reims), une autre de Plysorol (le transfert des activités du site de Magenta à Lisieux a été annoncé vendredi), mais aussi de Sodimatex, l'autre usine du groupe Trèves menacée de fermeture à Crépy-en-Valois. « On profite des régionales, puisque tout le monde est de sortie en ce moment ! » remarque, lucide, Julio Tavares, délégué syndical chez Sodimatex.
Accueil des banderoles
Il est environ 14 heures, la première secrétaire du Parti socialiste fait son entrée, entourée de la maire de Reims, Adeline Hazan, et du président de région qu'elle est venue soutenir pendant sa campagne, Jean-Paul Bachy. Une des régions de France, dira-t-elle par la suite, « qui a l'un des potentiels industriels les plus importants ». Entourée de sa délégation, Martine Aubry s'arrête devant chaque banderole, écoute religieusement les représentants des salariés. « Ici c'est Trèves, lance l'un d'eux, deux fermetures annoncées, 230 salariés, 55 millions d'euros offerts… » Ce n'est pas la première fois que la première secrétaire entend parler de PTPM. Il y a quelques jours, une délégation avait été reçue, par Adeline Hazan notamment, au siège du PS à Paris alors que les salariés avaient tenté d'interpeller des parlementaires à l'Assemblée nationale. « Vos situations sont significatives, cela montre que le gouvernement n'aide que les grands groupes », commente-t-elle au cours d'un débat organisé à la salle des fêtes d'Aÿ. Car le groupe Trèves, lui, n'a pas souhaité que la tête du PS visite son usine marnaise.
« On voit arriver des voyous »
« À paris, on a été accueillis par des gaz lacrymogènes. On se bat, mais on n'est pas entendu, alors aujourd'hui, nous avons besoin d'appuis », plaide à son tour un représentant de Sodimatex qui se bat depuis dix mois avec les PTPM contre la fermeture des deux usines. Ils ont déjà remporté trois victoires devant la justice, forçant ainsi le groupe Trèves à suspendre son plan social. « Les combats que nous menons ne sont pas toujours désespérés, enchaîne à son tour Jean-Paul Bachy. Si nous sommes ici, ce n'est pas pour baisser les bras ! » Alors Martine Aubry promet. Oui, dit-elle, le PS s'associe à eux pour demander un contrôle des sommes apportées par l'État. Car le groupe Trèves a touché 55 millions d'euros du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (alimenté par l'État ainsi que PSA Peugeot-Citroën et Renault) avant d'annoncer la fermeture de deux sites. Les socialistes soutiendront donc que soit mise en place une commission d'enquête parlementaire, ainsi qu'une table ronde entre le secrétaire d'État à l'Industrie, des représentants du groupe Trèves ainsi que des salariés. Christian Estrosi qui doit justement recevoir aujourd'hui les dirigeants de Trèves. « J'espère au moins qu'il va leur demander des comptes », ajoute Martine Aubry, qui a souligné à plusieurs reprises qu'« en période de crise, on voit arriver des voyous qui profitent de la situation. Je n'ai jamais vu ce qu'on voit actuellement, le droit n'est plus respecté dans ce pays ! » Une manière, pour la première secrétaire du PS de tacler le gouvernement avant d'introduire les propositions de son parti (lire par ailleurs) en matière industrielle.
Julienne GUIHARD-AUGENDRE
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