Publié le jeudi 04 novembre 2010 à 08H49 - Vu 533 fois
Wiimote4 : un logiciel de représentation des molécules commandé par des manettes de jeux vidéo : c'est le principe du projet « wiichem » de l'Urca. Christian-Philippe Paris
Comment rendre la chimie plus attractive auprès des collégiens ? Un laboratoire de l'Urca est en train de l'associer aux outils des consoles de jeux.
AUTREFOIS, au collège, vous vous rappelez sûrement que pour représenter les atomes et les molécules en cours de chimie, on bricolait avec des boules et des tiges, en plastique, pour les relier entre elles. Deux boules d'hydrogène, plus une d'oxygène pour l'eau, une de carbone, plus deux d'oxygène pour le gaz carbonique, etc.
Bientôt les potaches devraient pouvoir jongler avec ces mêmes particules à l'aide d'outils bien plus modernes : en utilisant les principes et les outils des jeux vidéo.
C'est le sens du projet « wiichem » (pour wiimote chimie, en version anglicisée) sur lequel on travaille à l'Urca (université de Reims Ardenne) actuellement.
« L'idée est de relier un logiciel de modélisation moléculaire à un périphérique de jeu vidéo, en l'occurrence la wiimote de Nintendo », explique Eric Hénon, professeur à l'institut de chimie moléculaire et porteur du projet.
Wiimote et nunchuk
Avec un tel attelage, au lieu de s'imaginer au volant d'un bolide engagé dans un stock-car ou dans la peau d'un guerrier qui tire sur tout ce qui bouge, comme ils savent déjà si bien le faire, les élèves pourraient non seulement visualiser sur écran, avec l'impression des trois dimensions, les fameux atomes et molécules, mais aussi jouer les James Cameron de la chimie, avec ces mêmes particules en guise d'« Avatars », en les « manipulant » à leur gré avec leurs manettes.
La wiimote sert à gérer le mouvement des particules elles-mêmes, le nunchuk pour celui de la caméra.
Certains ont déjà pu tâter de la chose. « Nous avons présenté ce projet lors de la fête de la science, poursuit en effet Eric Hénon. Et nous nous sommes rendu compte que ça ne pose aucun problème de manipulation aux jeunes. Nous avions prévu un petit guide d'utilisation, mais en dix minutes ils savaient se servir des manettes sans avoir mis le nez dans ce mode d'emploi. Mieux, ils s'approprient volontiers cette pratique, en disant : j'ai créé ma molécule ! »
Cette semaine, ce sont les profs de physique-chimie qui ont pu faire connaissance avec ce procédé, lors de leur congrès national, qui se tenait précisément à Reims.
« Le but ultime est de rendre la chimie plus attractive auprès des jeunes, ajoute notre interlocuteur. C'est toujours une matière qui souffre d'une mauvaise image de marque, il suffit de voir l'actualité, avec la pollution en Hongrie tout récemment… »
Voilà pourquoi lui-même et son équipe se donnent tant de mal pour remplacer les boules et les tiges en plastique de papa.
Antoine PARDESSUS
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