Publié le mardi 02 novembre 2010 à 12H00 - Vu 129 fois
Sébastien Raguet devant son tracteur de compétition.
DEPUIS 55 ans, les jeunes agriculteurs se donnent rendez-vous à la finale nationale du labour. Un événement charismatique qui a gardé sa raison d'être et concerne, à travers ses différentes étapes de sélection, six cents cantons français et quatre-vingts départements de l'Hexagone. Une manifestation qui rythme la vie des réseaux agricoles. Comme celle de Sébastien Raguet, 36 ans, exploitant d'une ferme de polycultures-élevage aux Petites-Armoises depuis 1995.
Comme tous les gosses de « culs-terreux », Sébastien a dès son plus jeune âge actionné le tracteur.
« Le sport des agriculteurs »
« A 9 ans, je maniais cet engin et participais à d'autres travaux : les foins, la sortie du fumier des baraques à veaux et le maniement des bennes d'ensilage et de grains. J'ai donc vite eu une certaine habitude du métier et ça m'a paru naturel d'enchaîner derrière mes parents », se souvient-il. Parallèlement à son activité principale, l'Armoisien s'est vite entiché des compétitions de labour. « Un dérivatif qui peut être considéré comme le sport favori des agriculteurs. »
C'est son oncle, Philippe, installé dans le voisinage, qui lui a donné le virus. « Tonton était un as de la spécialité mais il était aussi considéré comme le Poulidor de la discipline car il trustait régulièrement les secondes places en finales régionales et n'a donc jamais pu accéder à l'échelon national », déclare l'agriculteur.
Le voyant concourir, Sébastien a voulu suivre son exemple. En 1989, il participa tout gamin à une épreuve cantonale dont il sortit deuxième à Brieulles-sur-Bar. « Mais le règlement m'a interdit de passer le test départemental car je n'avais pas encore 16 ans. »
À l'âge légal, Sébastien eut tout loisir de montrer son savoir-faire dans ce type de concours. « Le principe de base est de labourer en un temps donné (en général deux heures et demie) des parcelles piquetées de forme en trapèze en y laissant des sillons bien épaulés, bien retournés, réguliers et visibles sur toute la longueur. Avec trois passages pour chaque compétiteur. Ensuite, un jury se réunit pour donner les résultats de toutes les fiches de notation ».
Les mieux classés allient vitesse, rectitude, uniformité, respect de l'environnement et qualité de la raie de labour.
À ce jeu, Sébastien Raguet s'est taillé un fort joli palmarès : une troisième place nationale à Alençon (1996) suivie de deux titres de champion de France à Pomacle (Marne) en 1999 et à Vergezac (Haute-Loire) en 2006 dans deux catégories distinctes : « labours en planches » et « labours à plat ».
Déjà champion de France
Un doublé qui lui donne le droit de prendre part à des sélections pour des championnats internationaux. Il a ainsi disputé deux championnats d'Europe en 2008 et 2010 à Zabreh (Tchèquie) et en Picardie.
« Ayant désormais passé la limite d'âge des jeunes agriculteurs, je dois à mes titres passés d'être automatiquement engagé dans ces épreuves continentales. C'est d'ailleurs ce qui me vaudra de participer aux Euros 2011 du 17 au 19 septembre près de Strasbourg », se satisfait-il
Devenu un véritable compétiteur, « Seb » a peu à peu amélioré son matériel. « Désormais, je concours avec une charrue réversible « Kverneland » tirée par un tracteur John Deere de 65 chevaux fort maniable et muni de versoirs en plastique ou en métal en fonction du terrain sur lequel on évolue ».
Il a un peu moins de onze mois pour préparer cette importante échéance. Un dimanche sur deux, il répète ses gammes à Noirval sur un terrain en limon similaire à celui de la plaine d'Alsace. Autant dire qu'il met tous les atouts de son côté « pour ne pas se vautrer »…
Pascal REMY
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