Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site Ou, cliquez ici pour l'ajouter au menu démarrer

Virus de Schmallenberg : la grande incertitude

Publié le jeudi 07 juin 2012 à 10H35 - Vu 207 fois


1 2


Marne. Il a commencé par infecter les ovins, avant de gagner les élevages bovins. Dans la région, la progression du virus inquiète, en particulier à cette période. A Reims, une équipe de virologues continue ses recherches pour identifier le vecteur de Schmallenberg.

VA-T-IL continuer sa progression et à quel rythme ? Il est encore impossible de se prononcer avec certitude sur l'avenir du virus de Schmallenberg, apparu à l'automne en Allemagne et aux Pays-Bas, dans un premier temps, avant de s'étendre à l'Hexagone. Seule certitude : avec 1 829 élevages touchés à travers 56 départements, la France est aujourd'hui le pays le plus impacté par ce virus qui n'affecte que les ruminants.

Dans la Marne, le virus a été officiellement identifié dans six élevages ovins et six élevages bovins à ce jour.
Un moindre mal comparé à ses voisins des Ardennes où l'on dénombre 51 foyers infectés au 30 mai. Dans l'Aisne, le nombre de cas confirmés grimpe à 91, dont 60 élevages bovins et 31 élevages ovins. « Pour le moment, on ne peut que compter les points, déplore Jean Notat, président de la Chambre régionale d'agriculture de Champagne-Ardenne.
Nous n'avions plus beaucoup d'éléments depuis que le virus est apparu. Mais il revient, sur les bovins en particulier. Il est certain que cela inquiète beaucoup les éleveurs. » D'autant qu'après une période hivernale forcément calme de ce point de vue, les températures printanières font ressurgir le risque d'une nouvelle propagation du virus.
Schmallenberg est en effet transmis par un petit moucheron - un culicoïde - dont on dénombre pas moins de 80 espèces en France.
Des équipes de chercheurs à l'étranger sont déjà parvenues à isoler l'ARN (molécule biologique proche de l'ADN) du virus. De son côté, le laboratoire de virologie de Reims, travaille sur l'identification du coupable. Car parmi ces 80 espèces, on ignore encore laquelle véhicule le virus.
« Nous allons infecter des culicoïdes dans les jours qui viennent, indique le Pr Jérôme Depaquit, en charge de l'une des seules équipes de chercheurs spécialisées dans les maladies transmises par des insectes en France. Il faudra ensuite voir s'ils acceptent de piquer des souris… C'est une procédure très compliquée. »
Certaines souris de laboratoire s'avèrent en effet réceptives au virus. Mais avant qu'elles se fassent piquer, il faut d'abord que le culicoïde infecté se soit accouplé.
Le « repas de sang » du colicoïde femelle n'est nécessaire que dans ce cadre, pour amener ses œufs à maturation. « Le problème est que certaines espèces ne se reproduisent pas en captivité. Par ailleurs, il n'est pas évident qu'elles veuillent piquer les souris », poursuit le virologue.
S'il ne provoque que quelques symptômes sans danger sur les animaux adultes, le virus de Schmallenberg peut en revanche être à la source de naissances prématurées, de graves malformations ou de la mort des animaux à naître.

Julienne GUIHARD-AUGENDRE

Imprimer Recommander Wikio digg

Il n'est plus possible de contribuer à cet article.

Les dernières contributions


philippe89

07/06/2012 à 21h40

Il est certain qu'il serait utile de savoir quelles espèces de culicoïdes sont vectrices, même si l'ardennais moyen ne peut les distinguer les unes des autres. A mon avis plusieurs, et peut-être aussi des moustiques, dix fois plus gros et peut-être plus efficaces, étant donné la vitesse de la propagation de la maladie en 2011 depuis l'Allemagne. Des scientifiques wallons ont lancé en mars une grande enquête auprès des éleveurs et des vétérinaires, qui devait se terminer le 31 mai. On attend les résultats. La France a levé le pied, en ne sollicitant plus de nouvelles infos de la part des départements qui ont déjà au moins 5 élevages répertoriés.

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr - ISSN 2110-5952